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Voir la version complète : Le moussem d’Imilchil ou « moussem des fiançailles »


izmnaari
02/09/2003, 20h17
Le moussem d’Imilchil ou « moussem des fiançailles » a lieu à 2000m d’altitude, dans la vallée de l’Assif Melloul chez les ait Hdidoud, tribu berbère du haut atlas central marocain. Les membres avaient pour coutume de se réunir à l’agdoud des Ait Ameur, vers la mi – septembre à la fin de la transhumance d’été avant la chute de la neige. C’est une manifestation où se rencontraient, pendant trois jours, les tribus de la confédération des Ait Yafelmane à savoir les Ait Hdidoud, les Ait Morghad, Ait Izdeg et Ait Yahia. On y faisant toute sorte de transaction commerciale.
La légende des offices de tourisme marocain raconte que tout musulman peut aller au moussem des fiançailles pour prendre épouse immédiatement parmi les femmes de la tribu. Mais c’est sous le protectorat qui a instauré l’état civil (lhala lmadania), qu’on retrouve l’origine de cette paratique. Les officiers des affaires indigènes avaient obligé les membres de cette tribu à se déplacer à Imilchil, centre administratif, pour enregistrer les actes de mariage, décès ou naissance. Mais comme les Ait Hdidoud n’avaient pas envie de se déplacer au centre à chaque événement, l’administration coloniale décida de se rapporocher d’eux davantage. Ainsi, à des fins de contrôle sur cette population de transhumants, elle installa une annexe de ses bureaux sous une tente dressée sur les lieux même de l’agdoud (lieu où tous les membres des tribus y compris les transhumants se réunissent annuellement). Les fiançais venaient alors avec leurs parents et leurs témoins pour enregistrer l’acte de mariage. A l’indépendance, cette pratique a été encouragée par le gouvernement marocain qui l’exploita à des fins touristiques en laissant supposer que les signatures étaient le résultat de mariages contractés « spontanément ».
On a aussi expliqué la facilité de ces mariages par une légende de la tribu. Au nord d’Imilchil se trouvent deux lacs : le plus grand est appelé Isli (le fiancé) et le plus petit Tislit (la fiancée). On raconte que les parents d’un jeune homme et ceux d’une jeune femme refusèrent de les unir parce qu’ils appartiennent à deux fractions différentes de la tribu. Désespérés, les jeunes amoureux décidèrent de mourir en se jetant dans chacun des lacs qui portent leur qualité d’amant.
C’est en 1965 et dans le cadre de la politique touristique marocaine que l’Agdoud des Ait Ameur (rasemblment annuel, souk et lieu de dévotion) devint le moussem d4imilchil ou le moussem des fiançailles. Cette manifestation se déroule la troisième semaine de Septembre.

Rose
02/09/2003, 20h32
Bonsoir
Merci encore pour tes histoires, si d'autre personnes connaissent des légendes ou histoires chleuhs. merci j'en suis friande

Titrit
02/09/2003, 21h18
Slam flaoun ...

J’ai vu il y a maintenant pas mal de temps un reportage sur TV5 sur ce Moussem des fiançailles d' Imilchil et une autre légende dis que ces lac sont née de leur larmes..
Ils aurait pleure jusqu’ a la mort. Un Roméo et Juliette al façon berbère. ...

filgh koun gh'l hna

izmnaari
02/09/2003, 21h53
il ya eu plusieurs comptes sur cette histoire... qui sont tous vrai à mon sens...
j'ai peut être la cassette en question de TV5.... ou on posait la question à un vieux berbère de ce qu'il pense d'Imilchil... et le vieux berbère qui repond "iwa ya sidi lka3ida hia hadi walakin li darha sidna hia li kayna" qui veut dire mot à mot "la tradition c'est ca mais ce qu'a décidé notre roi c'est ce qui a" je ne sais pas si c'est une bonne traduction!!! fin bref j'ai vu la cassette 36000000 fois et chaque fois je me suis arrêté sur ce passage...
staghmat

Lahcen
02/09/2003, 22h54
salam

voici un article publié sur le site en rapport avec le sujet:

clic ici (http://www.leschleuhs.com/site/modules/news/article.php?storyid=33)


bonne lecture

Rose
03/09/2003, 22h43
Bonsoir
Lahcen si je ne me trompe vous êtes un animateur du site, si vous me le permettez j'aimerai vous soumettre une idée Pourquoi ne pas faire une rubrique histoire hors du forum. Il y takfarinas qui met sur le forum des cours interessants de notre histoire. Bien amicalement Rose

Lahcen
03/09/2003, 23h10
c'est une trés bonne idées rose et je trouve aussi les posts de takfarinas trés interessants je le remeri d'ailleur

merci pour la proposition mais en faite dans les articles il y a déja une rubrique histoire si takfarinas veut bien me proposer ses trés beaux articles je me ferai un plaisir de les valider

izmnaari
04/09/2003, 22h32
franchement Lahcen ca serait bien de crees une rubrique dédiée uniquement à notre histoire

Lahcen
04/09/2003, 22h53
azul ayour

comme je disai à Rose il y a déja une rubrique histoire dans le menu article un peu moins évidente c vrai mais c mieux que rien

il reste seulement à des membres de poster des articles sur l'histoire et de choisir histoire dans le sous menu

merci et artiklit yadn inchaalah

Rose
30/09/2003, 22h14
Salam oulekoum
j'ai trouvé une autre version de cette fameuse légende


Par : Ali Khadaoui
Que dit la légende ?
Adrukh iwa ru iwa gakh tin ijdad .
A yasmum ekkar iâakkub ar tekkarkh .
(Je pleurerai
Pleure
Faisons comme les oiseaux
O mon bien aimé
Appelle Iâakub et que je l’appelle )
D’un bout à l’autre de la montagne d’Imi Lchil , tislit envoyait ces vers célèbres à son amoureux qui y répondait non moins pathétiques .
Un an auparavant , les deux jeunes se sont rencontrés , se sont aimés de toutes leurs forces .Mais pour leur malheur , ils appartenaient à deux groupes devenus rivaux pour une affaire que l’histoire n’a pas retenu . Le mariage leur étaient donc impossible Ainsi commença leur calvaire .
Pour venir à bout de la bêtise humaine , ils commencèrent une grève de la faim arrosée par leurs larmes . Après quelques temps , la faim la soif , la tristesse et l’incompréhension eurent raison de leur corps périssables . Le deuil enveloppa la région .
C’est alors q’un miracle vint rappeler aux hommes leur cruauté : aux deux endroits où les deux jeunes sont morts , deux lacs se formèrent de leurs larmes . Depuis , l’un porte le nom d’Isli , l’autre celui de Tislit ( le mari et la mariée en Tamazight ) .
Secoués par la douleur et le miracle , les sages des deux tribus prirent une décision historique : « dorénavant , aucun obstacle d’aucune sorte ne viendra entraver l’amour .
Même en temps de guerre , les amoureux seront libres de circuler dans les territoires adverses , de s’y marier s’ils le désirent .
Pour ne pas oublier cette tragédie en afin de raviver le pacte et le traduire dans la pratique , on décida de tenir un festival annuel à mi chemin entre les deux endroits du drame : entre les deux lacs : Isli et tislit ..

La réalité
Entre les deux lacs : « Isli et tislit » , à Imi Lchil , se tient depuis les temps les plus reculés , un festival appelé par les habitants « Agdud » ou la fête des fiançailles . Chaque années en Septembre , les couples qui se sont formés pendant l’année viennent officialiser leur union par le passage devant « Agraw »
( la jmaâ ) par la formule rituelle : « je t’aime » . C’est là également que seront prononcés les divorces qui auront été décidé d’un commun accord .
Ainsi , ici , on laisse toute une année à la décision cruciale : celle de s’unir ou de se séparer .
Légende réelle ou réalité légendaire ?

Voici donc une belle légende bien de chez nous , mais aux supports physiques réels : deux lacs Isli et tislit , un festival annuel vivants , le tout constituant une leçon magistrale d’humanisme , où l’amour et la liberté constituent le centre . Une preuve supplémentaire de ce que la civilisation amazighe renferme des valeurs humaines universelles . Des valeurs dont nous avons tant besoin aujourd’hui .
Ces valeurs ont été respectées , jusqu’au jour où l’économie de marché , le tourisme et l’acculturation s’y sont mêlés . Aujourd’hui le festival a été progressivement dénaturé et détourné de son objectif .
Au lieu d’être un symbole , celui d’une civilisation où l’amour commande à tout , il est devenu une occasion rêvée par les marchands de toutes sortes et les touristes avides d’exotisme .
La crise économique , sociale et culturelle qui frappe la région aidant , les femmes qui , autrefois y venaient pour se marier par amour , y viennent aujourd’hui pour se vendre .

TAMUNT N° 9 Octobre 1995

raissoumarg
02/10/2003, 14h39
salam a tous est ce qu il y a qlq1 qui peux nous parler sur le moussem de sidi ahmed o moussa merci beaucoup