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Voir la version complète : Seville : ville des Almohades.


Tanamart
10/04/2004, 17h01
En suivant la trace des Almohades: Séville

Séville est le centre de cette route. La patrie d'Al Mutamid, qu'il pleura dans ses vers, devint la principale ville sous les Almohades.
On leur doit une grande partie des constructions dont quelques vestiges ont survécu. De la Grande 'Mosquée almohade (XIIe s.) qui a été démolie, il ne reste que l'imposant minaret nommé La Giralda, la tour la plus svelte de l'architecture musulmane, ainsi que la Cour des Orangers avec deux portes donnant accès au monument. Quand la mosquée fut construite, elle se présentait comme ses soeurs marocaines (la Koutoubia à Marrakech et la Tour Hassan à Rabat) et était dotée de 4 boules dorées. A la place de l'ancienne mosquée, se dresse la Cathédrale de Séville dont La Giralda ("Girouette"), haute de 98m, est devenu le clocher .

Près de l'Église d' El Salvador ,on peut voir des restes de la mosquée primitive sévillane, celle de Ibn Adabbas (IXe s.). Les Almoravides reconstruirent pendant la première moitié du XIIe siècle la muraille romaine, agrandie plus tard par les Almohades et les Chrétiens

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La Giralda et la Cour des Orangers

Entre la Porte de Cordoue et l'Arc de la Macarena se trouve le secteur le mieux conservé notamment avec plusieurs tours: la Tour d' Abdelazis, la Tour d'Argent et surtout la Tour de l' Or (XIIIe s. ) dont le nom vient de ce qu'elle était lambrissée de carreaux de faïence dorée.

Bien que l'Alcazar (Palais Royal) date en grande partie de la période chrétienne, on peut encore y apprécier l'influence islamique. De la période Califale, il y a plusieurs tours, des pans de muraille et une porte dans le secteur du Patio de Banderas. D'origine Taifa et de configuration Almohade, on peut apprécier un jardin de transepts dans l'ancienne Casa de Contratación. De l' Alcazar Almohade; il ne subsiste que le Patio del Yeso ( fin du XIIe et début du XIIIe siècles).
Plusieurs restes de bains sont aussi conservés à Séville. Les plus importants sont les Baños de la Reina Mora (Rue Banos) de la période Taifa.

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Intérieur de L' Alcazar

En montant vers l' AIjarafe, nous arrivons à Castilleja de la Cuesta dont l'Ermite de Nuestra Señora de Guia est perchée sur une "ràbita" almohade. De cette même époque (fin du XIIIème s.), il reste une mosquée, transformée en ermite, Ermita de Cuatrovitas, dans la région de Bollullos de la Mitation.
Dans la chapelle du Cimetière de Aznalcollar, on peut voir des restes de la seule zawiya islamique conservée en Andalousie. Dans l'Eglise de San Bartolomé de Villalba du ALcor est installée l'ancienne usine d'un ribat almohade. Cet itinéraire se termine devant les murailles de Niebla dont les tours, créneaux et portes d'une intense couleur rouge évoquent leur passé médiéval. Dans le château d'Almonaster la Real, le voyageur récalcitrant devra visiter une mosquée du XIème siècle (devenue également une ermite) car son mihrab est probablement le plus ancien ayant été conservé dans l'Islam occidental.


L’occupation arabe de l'Espagne durant huit siècles laisse un grand héritage scientifique et culturel. Certains historiens considèrent d'ailleurs l'Espagne musulmane comme le centre culturel le plus important du monde à cette époque.
L'activité intellectuelle est le trait dominant de l'élite al-andalouse vue par elle-même. L'honnête homme andalou a un penchant pour la musique, la poésie, les jeux de l'esprit; il cultive l'amour des sciences, des livres et la pratique religieuse.

La langue arabe est, à cette époque, la langue scientifique internationale. De plus, elle est synonyme de raffinement et d' érudition. L'arabe était non seulement étudié et parlé par les musulmans mais aussi par les mozarabes (chrétiens sous domination musulmane) et les juifs, communautés très actives dans la vie publique.

Des émirs et califes, tels qu' Abderrahman II, Abderrahman III y al-Hakam II furent eux-mêmes de grands érudits qui s'entourèrent de savants. Ils firent traduire les principales oeuvres grecques et édifièrent des mosquées où l'on enseignait la religion et la jurisprudence. Certains furent même de grands poètes comme le roi Al-Mutamid de Séville. On créa aussi des bibliothèques publiques et privées, ce qui traduit bien la portée culturelle de cet empire.

Le célèbre Ibn Hazm (994-1064) consacra de nombreuses pages au classement des sciences dans des livres comme le Maratib al-ulum ou Kitab al-ajlak. Cet auteur a été un des plus prolifiques de l'Islam qui s'est distingué en tant que poète, théologien, juriste, historien et philosophe. Un autre des grands sages fut Said (m.1070) qui rédigea, entre autres, le Tabaqat.


La prose, la poésie et la musique
La prose et la poésie furent deux disciplines hautement valorisées par les andalous, amateurs de la beauté, de l'esthétique et de la nature. L'époque des Taifasfut un chaos politique mais aussi une période de décentralisation du pouvoir qui jusqu'alors se concentrait à Cordoue.
A côté du roi poète Al-Mutamid, il faut citer Ibn Zaydun (1003-1071) et son aimée, la princesse Wallada, ainsi que All-Ramadi (m. 1015) et, quelques siècles plus tard, Ibn Zamrak, le poète du XIVe siècle qui inscrivit ses vers dans les murs de l'Alhambra. La forme la plus cultivée et élégante de la poésie fut la qasida, à côté de formes plus populaires appelées muwashaha et zéjel, dont l'auteur le plus réputé fut Ibn Quzman (XIIe siècle), dont la renommée s'étendit jusqu'à Bagdad.
La musique ne fut jamais un genre très considéré par l'Islam; cependant, cette période arabo-andalouse vit l'avènement de grands musiciens dont le célèbre Ziryab, provenant de Bagdad au IXe siècle, qui, à côté de révolutionner les modes vestimentaires, la cosmétique et la cuisine fut un magnifique joueur de luth auquel il ajouta une cinquième corde.
La prose -surtout philosophique- fut notamment représentée par le penseur Ibn Tufayl, qui se fit remarquer par son ouvrage Hayy Ibn Yaqzan, connu aussi sous le nom du Livre du Philosophe autodidacte.

La Philosophie
Dans un premier temps de l'Islam en Orient, la science de la philosophie et de la logique furent étudiées dans un climat de grande tolérance religieuse et intellectuelle. C'est dans la période de la conquête arabe de l'Espagne que furent traduites pour la première fois en arabe les oeuvres philosophes grecs, en particulier Aristote et que se développa un vif intérêt pour cette matière malgré le regard sévère des autorités religieuses.
Le promoteur de l'étude de la philosophie fut Ibn Masarra (panthéiste), suivit au Xe siècle de Ibn Hazm et du juif Ibn Gabirol qui professa une philosophie néoplatonicienne. Le XIIe siècle fut marqué par Ibn Bayyah (Avempace) et son disciple Ibn Tufayl, dont l'oeuvre eut un fort impact parmi les chrétiens.

Mais sans doute, celui qui eut la plus grande influence aussi bien dans le monde islamique qu'en Europe fut Averroes (Ibn Rushd, 1126-1198), de qui de nombreuses oeuvres ont été conservées et qui fut le contemporain de l'éminent philosophe juif Maïmonides (1135-1204

Les sciences naturelles
On ne peut pas ne pas mentionner les grands savants qui ont révolutionné de nombreux aspects de la vie. Ils étudièrent les mathématiques, l'astronomie ( Ibn Taimiya), la médecine ( Abu Bakr Al-Ansari; Maslama Al-Mayriti ), la botanique (Ibn-Baytar) et l'agronomie ( Ibn Al-Awam) ainsi que l'astrologie et l'alchimie. Mais la médecine fut à son apogée avec Averroes et les frères Harrani, qui exercèrent sous la protection de Al-Hakam II.
Ils ont tous influencé l'Europe contemporaine et postérieure et leurs textes furent étudiés jusqu'au milieu du XVIIe siècle par des savants tels que Michel Servet, Copernic, Nicolas Massa ou Galilée.

La Vie quotidienne et économique
Les arabes créent un nouveau type de société urbaine très structuré qui améliore et facilite la vie. Ce sont eux qui créent le système d’égoûts des villes. Ils développent l’hygiène de vie puisqu’ils instaurent le bain public et le hammam dont il en existera plus de 600 dans le califat de Cordoue. La mosquée était un lieu très fréquenté pas seulement pour prier mais pour organiser différentes réunions de type social et éducatif.
Ils développent les voies de communications grâce à de grandes routes commerciales qui établissent une liaison entre la péninsule et la Mer Rouge, la Méditerranée et même l’Océan Indien. Ils exportent au-delà du détroit: brocard de Malaga, Murcie ou Valence, Céramique de Valence et Malaga), les chantiers navals de Ceuta, Almeria et Bougie et importent des ports marocains des céréales, du bétail et des cuirs, signes d'une véritable prospérité économique. Les échanges commerciaux s'effectuaient en monnaie qui se frappait à Cordoue.


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Bains publics

Le travail des champs est facilité grâce à l’invention de la roue à godets "noria" qui permet de monter l’eau dans les canaux d’irrigation.L'amélioration du système d'irrigation accroit le rendement des cultures traditionnelles (vigne, olivier) et l'introduction de nombreuses nouvelles plantes : l’abricot, la grenade, le melon, l’artichaut, l'aubergine, l'asperge, l'endive le riz ainsi que la canne à sucre.
La cuisine est raffinée et variée, boulettes de viande au cumin, couscous, empanadas de poisson et légumes, poissons au four aux épices, aubergines farcies, etc.


[ Edité par Tanamart le 10/4/2004 17:05 ]

boutfounaste
16/04/2004, 12h06
excellente ville au meme titre que grenade tolede malaga cordoue ahhhh si les arabes les avaient encore !!! quel perte !! bref merci pour cet article

Tanamart
16/04/2004, 13h04
D'ailleurs en parlant de Séville, j'ai vu une emission il n'y a pas tres longtemps......
C'etait sur les habitants du vieux seville, le quartier historique qui etaient presque tous originaire du magreb et en particulier du Maroc.....
Bref ils y ont installés des boutiques , tellement que cette vieille rue fait penser a un souk, de plus il y a de plus en plus d'Espagnol d'origine qui se convertisse a l'Islam et qui on crée une assos et une mosquée, dans ce quartier...... bref le journaliste disait qu'on se sentait plus au bled qu'en Espagne........
Voilà tout n'est pas perdu :-P

boutfounaste
16/04/2004, 14h03
comme disait coluche charles martel arretta les arabes a moitier... maintenant il y en a jusque lille!!!

Izdawa_tfjijt
16/04/2004, 16h17
boutfounaste a écrit*:
comme disait coluche charles martel arretta les arabes a moitier... maintenant il y en a jusque lille!!!

Tu ne suis pas trop les événements toi apparement :-o :-o :-o :-o

Ils ont bien dépassé Lille :-? :-? Ils sont partout, avec leur chawarma et leurs Merguez :-D :-D :-D

izorane
23/04/2004, 23h15
azul
Seville est une ville amazigh hitoriquement
staymate

soussi
24/04/2004, 07h37
boutfounaste a écrit*:
excellente ville au meme titre que grenade tolede malaga cordoue ahhhh si les arabes les avaient encore !!! quel perte !! bref merci pour cet article
renseigne toi, ce ne sont pas des arabes, tarik aït ziad qui a conquis l'espagne n'est pas arabe :-P

Tanamart
24/04/2004, 16h19
Exact Soussi, les Almohades qui ont conquis l'Espagne et y sont resté etaient des berberes musulmans.........