soussia
11/04/2004, 17h37
Salam !
A l'heure où l'on constate que notre culture berbère sort de l'ombre petit à petit certes mais mieux vau tard que jamais eh bien les berbères du Maroc pourraient eux aussi réaliser nos propres dessins animés... mais bon petit a petit et je parle bien de réalisation pas de traduction avec nos propres petits héros... :-D :-D je pense que nous devons avoir notre place dans tous les domaines et donc pourquoi pas dans la production de dessins animés chleuh ;-) éghténa rbé
Voici l'exemple d'un kabyle qui continue d'avancer
Un nouveau support pour la culture berbère
Mohand Cherif Oucherif d'Amazigh Multimédia à Liberté
Des dessins animés puisés de nos contes, il fallait y penser, et c'est l'idée mise au point par une petite entreprise qui a confié la conception des dessins à la jeune dessinatrice allemande, Simone Blank, qui a participé à la réalisation du film "Astérix et Obélix".
Liberté : Qui est Mohand Cherif Oucherif ? • Je suis Algérien, marié, père de quatre enfants et âgé de 47 ans. Je vis en Allemagne depuis 25 ans avec une interruption d'un court séjour de 5 années en Algérie. Après un diplôme d'ingénieur, spécialité construction mécanique, j'ai fait une formation en informatique.
Comment est née l'idée de mettre en images les contes kabyles ? • L'idée de réaliser des dessins animés en berbère en puisant dans nos contes est née en 1999 alors que je me rendais en compagnie de M'hamed Saâdoune à Francfort pour participer à une réunion avec le patron actuel de la BRTV. Comme une TV berbère allait naître, j'ai pris la décision de lancer le projet parce que je pensais que nous pouvions créer une dynamique de production culturelle qui est un moyen extraordinaire de faire avancer notre culture. Oui, nous avons réalisés cinq dessins animés de 13 minutes chacun : Le loup et l'agneau, Le chacal et le chien, Le cerf et le léopard, La perdrix et le chacal, ainsi que d'autres dessins non animés à caractère éducatif sur l'environnement. Nous avons aussi en projet, La cigale et la fourmi.
Les cassettes produites sont-elles sur le marché ? Quel public visez-vous ? • Pour le moment, il n'y a que la première, Le loup et l'agneau, qui est commercialisée, officiellement et exclusivement, aux éditions berbères (Paris). Nous avons produit jusque-là 500 K7 vidéo dont 450 sont déjà vendues. Les enfants berbères en général, et ceux d'Europe en particulier, pour les inciter à émerger culturellement et à apprendre notre langue.
Quels sont les moyens techniques utilisés et les étapes de ce travail ? • Des ordinateurs très performants (dual processor, SCSII U2W...) et des programmes professionnels nécessaires au traitement d'images et du son et à la production. Toutes les étapes du début jusqu'à la fin sont réalisées à notre niveau. Pour faire une petite séquence (mouvement), il faut 25 dessins. Pour un film de 13 minutes, nous avons fait plus de huit mille dessins qu'il a fallu scanner, travailler, colorer, monter et sonoriser (bruitage, paroles,...). Enfin, vient le montage final. Cela n'est pas une sinécure quand on sait qu'un dessinateur de Walt Disney aurait mis 8 mois pour perfectionner une seule séquence d'un des films qui aurait coûté dans les années 60 plus de 4 millions de dollars.
Pensez-vous que votre travail séduirait les jeunes complètement subjugués par les productions Disney ? • J'espère. En tout cas, c'est notre but. La conscience des parents vis- à-vis de notre identité nous aidera. C'est notre culture qui en bénéficiera. De plus, nous offrons quelque chose que Disney n'offre pas : le lien ombilical avec notre culture.
Comptez-vous les mettre sur le marché algérien ? • J'aimerais bien. Pour le moment, je n'ai pas de partenaire pour un quelconque projet .
Premier dessin animé en berbère
Devant les productions en avalanche de Disney, nos enfants marchent droit vers l'oubli de leur culture, sinon sa dévalorisation. Vouloir contrecarrer ce phénomène, relève des travaux d'Hercule.
C'est justement à cette tâche que s'affaire Mohamed Oucherif, un Algérien de 47 ans, passionné de culture berbère, en se livrant à un exercice difficile : mettre les contes kabyles sous forme de dessins animés. Le résultat de cette initiative aussi bien séduisante qu'originale a donné naissance au premier dessin animé berbère élaboré sur des supports technologiques modernes. Cinq autres courts métrages sont déjà finalisés. Mais, à l'avenir, M. Oucherif a l'intention d'en faire des copies en d'autres variantes du berbère. Au-delà du caractère engagé et pionnier de cette oeuvre artistique, son auteur n'a pas emprunté la voie de la facilité. La qualité est de mise.
On note la réussite des transitions scéniques, la fluidité du mouvement, la cohérence de la narration et l'harmonie de la synchronie de l'image et du son. Cela fait qu'on reste aussi bien émerveillé par Le chacal et l'agneau que devant Spirite ou Monstres & Cie.
Ce résultat a encouragé M. Oucherif à fonder, Amazighmultimedia, une petite entreprise qui s'est spécialisée dans la production d'œuvres culturelles sur des supports modernes. Son but est d'arriver à sauvegarder nos contes extraordinaires et permettre à nos enfants et la future génération de se baigner dans notre culture.
Et permettre aux Berbères résidant à l'étranger d'inculquer à leurs enfants un rudiment de leur univers culturel : légion sont ces enfants qui, livrés à eux-mêmes, se retrouvent, en majorité, étrangers dans leur propre pays. C'est aussi une chance pour les petits Berbères, à qui on répète inlassablement que leur culture est tombée en désuétude, de regarder positivement leur identité.
[ Edité par soussia le 11/4/2004 17:41 ]
A l'heure où l'on constate que notre culture berbère sort de l'ombre petit à petit certes mais mieux vau tard que jamais eh bien les berbères du Maroc pourraient eux aussi réaliser nos propres dessins animés... mais bon petit a petit et je parle bien de réalisation pas de traduction avec nos propres petits héros... :-D :-D je pense que nous devons avoir notre place dans tous les domaines et donc pourquoi pas dans la production de dessins animés chleuh ;-) éghténa rbé
Voici l'exemple d'un kabyle qui continue d'avancer
Un nouveau support pour la culture berbère
Mohand Cherif Oucherif d'Amazigh Multimédia à Liberté
Des dessins animés puisés de nos contes, il fallait y penser, et c'est l'idée mise au point par une petite entreprise qui a confié la conception des dessins à la jeune dessinatrice allemande, Simone Blank, qui a participé à la réalisation du film "Astérix et Obélix".
Liberté : Qui est Mohand Cherif Oucherif ? • Je suis Algérien, marié, père de quatre enfants et âgé de 47 ans. Je vis en Allemagne depuis 25 ans avec une interruption d'un court séjour de 5 années en Algérie. Après un diplôme d'ingénieur, spécialité construction mécanique, j'ai fait une formation en informatique.
Comment est née l'idée de mettre en images les contes kabyles ? • L'idée de réaliser des dessins animés en berbère en puisant dans nos contes est née en 1999 alors que je me rendais en compagnie de M'hamed Saâdoune à Francfort pour participer à une réunion avec le patron actuel de la BRTV. Comme une TV berbère allait naître, j'ai pris la décision de lancer le projet parce que je pensais que nous pouvions créer une dynamique de production culturelle qui est un moyen extraordinaire de faire avancer notre culture. Oui, nous avons réalisés cinq dessins animés de 13 minutes chacun : Le loup et l'agneau, Le chacal et le chien, Le cerf et le léopard, La perdrix et le chacal, ainsi que d'autres dessins non animés à caractère éducatif sur l'environnement. Nous avons aussi en projet, La cigale et la fourmi.
Les cassettes produites sont-elles sur le marché ? Quel public visez-vous ? • Pour le moment, il n'y a que la première, Le loup et l'agneau, qui est commercialisée, officiellement et exclusivement, aux éditions berbères (Paris). Nous avons produit jusque-là 500 K7 vidéo dont 450 sont déjà vendues. Les enfants berbères en général, et ceux d'Europe en particulier, pour les inciter à émerger culturellement et à apprendre notre langue.
Quels sont les moyens techniques utilisés et les étapes de ce travail ? • Des ordinateurs très performants (dual processor, SCSII U2W...) et des programmes professionnels nécessaires au traitement d'images et du son et à la production. Toutes les étapes du début jusqu'à la fin sont réalisées à notre niveau. Pour faire une petite séquence (mouvement), il faut 25 dessins. Pour un film de 13 minutes, nous avons fait plus de huit mille dessins qu'il a fallu scanner, travailler, colorer, monter et sonoriser (bruitage, paroles,...). Enfin, vient le montage final. Cela n'est pas une sinécure quand on sait qu'un dessinateur de Walt Disney aurait mis 8 mois pour perfectionner une seule séquence d'un des films qui aurait coûté dans les années 60 plus de 4 millions de dollars.
Pensez-vous que votre travail séduirait les jeunes complètement subjugués par les productions Disney ? • J'espère. En tout cas, c'est notre but. La conscience des parents vis- à-vis de notre identité nous aidera. C'est notre culture qui en bénéficiera. De plus, nous offrons quelque chose que Disney n'offre pas : le lien ombilical avec notre culture.
Comptez-vous les mettre sur le marché algérien ? • J'aimerais bien. Pour le moment, je n'ai pas de partenaire pour un quelconque projet .
Premier dessin animé en berbère
Devant les productions en avalanche de Disney, nos enfants marchent droit vers l'oubli de leur culture, sinon sa dévalorisation. Vouloir contrecarrer ce phénomène, relève des travaux d'Hercule.
C'est justement à cette tâche que s'affaire Mohamed Oucherif, un Algérien de 47 ans, passionné de culture berbère, en se livrant à un exercice difficile : mettre les contes kabyles sous forme de dessins animés. Le résultat de cette initiative aussi bien séduisante qu'originale a donné naissance au premier dessin animé berbère élaboré sur des supports technologiques modernes. Cinq autres courts métrages sont déjà finalisés. Mais, à l'avenir, M. Oucherif a l'intention d'en faire des copies en d'autres variantes du berbère. Au-delà du caractère engagé et pionnier de cette oeuvre artistique, son auteur n'a pas emprunté la voie de la facilité. La qualité est de mise.
On note la réussite des transitions scéniques, la fluidité du mouvement, la cohérence de la narration et l'harmonie de la synchronie de l'image et du son. Cela fait qu'on reste aussi bien émerveillé par Le chacal et l'agneau que devant Spirite ou Monstres & Cie.
Ce résultat a encouragé M. Oucherif à fonder, Amazighmultimedia, une petite entreprise qui s'est spécialisée dans la production d'œuvres culturelles sur des supports modernes. Son but est d'arriver à sauvegarder nos contes extraordinaires et permettre à nos enfants et la future génération de se baigner dans notre culture.
Et permettre aux Berbères résidant à l'étranger d'inculquer à leurs enfants un rudiment de leur univers culturel : légion sont ces enfants qui, livrés à eux-mêmes, se retrouvent, en majorité, étrangers dans leur propre pays. C'est aussi une chance pour les petits Berbères, à qui on répète inlassablement que leur culture est tombée en désuétude, de regarder positivement leur identité.
[ Edité par soussia le 11/4/2004 17:41 ]