PDA

Voir la version complète : Poeme des chleuhs de l'Atlas sous la guerre !!!


Izdawa_tfjijt
16/04/2004, 18h27
Voici quelques poêmes des chleuhs de l'Atlas, pendant la guerre contre l'occupant :

En dehors des combats où certains résistants perdaient une jambe, un bras ou la vie, la tactique des occupants était aussi d’amputer les guerriers de leurs femmes et de leurs enfants :

Ma conscience me ronge, le roumi a passé à la mouture les tribus
Les fumées âcres ont étouffé la flambeau du courage
Mon fils est pris par la mort et son legs en ouvrages me torture
Enlevés, tous mes enfants ! Je suis sans mes ailes un corbeau réduit à sauter
Amazigh en tue un autre afin de baliser pour les roumis le passage
La terre a secoué tant d’hommes et le ciel -de sang- a pleuré

Ô la vie ! Tu n’es bien pour nous que frayeur !


-------------------------------------------------
L’amputation ubuy a été un phénomène très courant lors de la guerre de résistance. Elle a été aussi bien celle d’organes biologiques que celle des membres de la famille et du clan. Une tribu amputée de ses guerriers vit à grande échelle le même drame qu’une famille définitivement coupée de son chef ou de ses fils. Un poète de Tizi ou Zzou (haut Atlas pré-oriental), rapporte cette image horrible qui témoigne des atrocités d’une guerre :

Amputé de la langue et dépourvu d’oreille
Amputé des pieds et des mains sous l’effet des fusils,
Ils ont épargné ma vue pour que je me brise le cœur !


L’image expose l’homme handicapé des membres et de certains sens tout en focalisant le regard du spectateur sur la dimension de l’auto-torture psychologique à laquelle on accule le moribond. En lui épargnant les yeux, on laisse au résistant l’occasion et le temps de contempler le panorama de son corps mutilé afin de se briser le cœur dans le processus d’une mort à vivre, une mort lente …

Pour l’occupant, ce genre d’actes était destiné à décourager les indigènes, à les dissuader en les renseignant sur le pouvoir et la sauvagerie de leurs adversaires. Pour vaincre, il fallait semer la terreur. Paradoxalement, de telles images enrageaient les guerriers berbères et les poussaient à résister davantage et à riposter d’une façon encore plus horrible dès qu’ils le pouvaient. Ne laissant aucune place à l’Amour, la guerre cultive la haine et dépouille les hommes de leurs valeurs les plus chères.


----------------------------------------
Engagée de force – parmi des centaines d’autres- à servir de porteuse et de cuisinière auprès des colonies militaires françaises, qui pénétraient jadis progressivement dans le territoire montagnard, une femme des Ayt Ayyach Ounzegmir lançait cette complainte :

J’ai porté force pain et de l’eau

Je suis réduite à une mule, je me nourris du bâton

J’ai porté du miel et encore des épices
J’ai porté le baluchon lourd du Roumi
Dans le froid, je suis le mouflon des montagnes
Et j’ai nourri le Roumi qui donne la mort à mes proches.

--------------------------------------------

la femme qui venait de perdre son époux se tatouait d’une oreille à l’autre le menton, et celle qui assista à l’emprisonnement de son homme gravait en forme d’anneaux sur ses poignets la douleur des mains ligotées. La première restituait ainsi sur son propre visage l’image de la barbe du mari disparu et la seconde celle des menottes qui plongeaient dans l’incapacité et l’humiliation son conjoint désolé. Les femmes se tatouaient aussi des anneaux au niveau des chevilles pour faire penser aux lourdes chaînes traînées, à petits pas, par leurs maris capturés :

A froid, avec le recul amer de celui qui ne trouve de refuge que dans la désolation et l’amertume, les femmes tatouaient dans la tristesse profonde les événements d’une guerre de résistance imposée. Mais, à chaud, elles se livraient systématiquement à l’opération d’agždur . Dans une vision étroite et très réductrice des faits, Agždur est défini dans le dictionnaire1 des parlers du Maroc central de Taïfi Miloud en ces termes :
« fait de se lacérer, s’égratigner les joues en se lamentant (signe du deuil chez les femmes) »
Voici, enfin, un fragment de poème dans lequel Touda n’Ayt smaﻉil illustre les faits :

J’ai pleuré, Ô mes frères ! Et j’ai lacéré de peine mon visage
Ai-je à me creuser les tempes avec les ongles
ou me servirai-je de mes cardes ?
Je me tatouerai une barbe et sculpterai
sur les poignets et les pieds des attaches
Mon homme est tué, son blé est grillé et son troupeau égorgé
Ne suis-je pas à la vie - dans tout cela- arrachée ?

hamidouche
20/04/2004, 10h13
Barakallahou fik cousin pour ces informations interessantes que je viens de découvrir...

Je m'interesse à l'histoire de mon peuple, mais je ne connaissais pas cette partie littéraire de notre histoire.

AZUL

20/04/2004, 18h05
“L'histoire” dans les chansons de Moha MELLAL


Sqesa ghif i amzruy! Que suis-je dans l'histoire!

...kra idda s igran
Ur igin wines yad
Kra izra ighrman
Netta ibnan ur izdigh
Netta ibnan ur izdigh

Ku yan inker d inna iwaydv:
Afus g afus tankra
Zzigh nekwuni am idvudvan;
nga yan s idamen d i zvuran


Amutel: Le Fardeau.

Illa gragh umtel
N idamen d idvudvan
A amazir nna
G luligh n xiter degs

Bdvan agh ass nnagh
Ku yan d mag llan
Nekwuni nffer g adrar
Nitni asin awal
Bdvun ifasen
Maca isul umutel

Butayri
20/04/2004, 22h32
Voilà Imazighia un sujet qui peut t'intéresser. Je trouve que c'est article très intéressant à lire.

LITTÉRATURE BERBÈRE, POÉSIE BERBÈRE, TAMEDYAZT

Introduction à la poésie amazighe : Analyse thématique de Tamedyazt
samedi 17 avril 2004

Par Moha Moukhlis

PREMINAIRES :

Pour le Petit Robert, la littérature est "l’ensemble des œuvres écrites dans la mesure où elles portent la marque de préoccupations esthétiques, la connaissance, les activités qui s’y rapportent. Usage esthétique du langage même non écrit (littérature orale)". Cette définition est idéologique dans le mesure ou elle marginalise la littérature orale et donc les sociétés dont la culture et la tradition sont orales (contes, poésie...).Relativement à la poésie, ce dictionnaire affirme que c’est un "art de la fiction littéraire", du grec "poiêsis" qui veut dire création ; c’est également, comme tout genre littéraire, un "art du langage", visant à exprimer, à suggérer quelque chose.

De notre part, nous affirmons que la littérature est un art du langage écrit ou oral se subdivisant en genres. Nous soulignons que la poésie est un art, un genre littéraire qui exprime une vision du monde, une conception de la vie et de l’existence (temps, espace, histoire, identité...) Elle évolue, se transforme et s’adapte.


LITTERATURE ET COMMUNICATION :


R. JAKOBSON a élaboré le schéma déjà connu dont lequel il souligne que toute communication suppose : un émetteur, un récepteur, un code, un canal, un message et un référent ; chaque message dans chaque communication admet un ou plusieurs fonctions : ces dernières sont au nombre de six et proportionnelles aux six éléments du schéma. Nous nous intéresserons à la fonction conative (Le message est centré sur le récepteur auditeur).


L’intérêt du schéma de Jokobson est d’avoir mis l’accent sur l’aspect communicatif de tout message, et la littérature n’échappe pas à cette vérité . Elle suppose un lecteur auditeur immédiat, éventuel ou potentiel, sinon elle n’aura pas de sens car le but de l’artiste est de communiquer sous diverses formes pour des buts variés. L’acte d’écrire implique un destinataire réel ; imaginaire ou fictif. L’artiste par ailleurs appartient à une société qui existait avant lui et continuera à exister après lui, il n’émerge pas de néant ; il est dans une large part le fruit de son époque, de sa culture sur lesquelles il prend une position, juge, critique, critique, évalue, adhère...


LA POESIE AMAZIGHE

Comme toute poésie, celle des Imazighen exprime une vision de l’existence et de la vie, c’est un souffle de vie omniprésent dans toutes les activités de l’homme amazigh : naissance, mariage, cueillette, tissage, moisson, fêtes, rites..., elle se subdivise en sous-genres : timnadin, izlan, tiâjibin, timawayin, imâibarn, timdyazin.... Nous nous intéresserons uniquement à ce dernier "genre" pour en faire une analyse thématique.


TAMDYAZT

En tant que genre (ou sous-genre) littéraire tamedyazt existe et continue à exister, elle ne véhicule pas un message "dépassé" comme on tend à le croire, sa thématique est loin d’être unidimensionnelle ou redondante, sa valeur sociologique/sociale est incontestable. Conformément à l’analyse de Jakobson elle a un auditeur (lecteur) puisque elle continue à exister à durer d’autant plus que ses thèmes sont adaptés à son public, autrement elle disparaîtrait ; elle s’adapte à son temps ; épouse les événements et d’ailleurs des imedyazen existent toujours. Tamdyazt est un sous-genre "sérieux" qui a ses caractéristiques propres, elle est "chantée" pour exprimer une sagesse et non pour amuser, défouler comme c’est le cas des Izlan. Il suffit d’analyser le cérémonial qu’elle suppose pour s’en rendre compte ; cette poésie véhicule un message qui veut dire la "vérité", l’idéal, ce qu’il faut faire, ce qui existe, ce qui se vit ; elle nécessite (de l’auditeur) une attention particulière dans une atmosphère presque "sacrée" : se taire et écouter pour approuver, tirer des conclusions, les leçons de morales adéquates. De plus tamedyazt impliques une dimension philosophique : expliquer l’origine du monde et de la vie, le passé, le présent, l’avenir et le devenir, elle situe not re existence par rapport à la création du monde, prône la sagesse, on dit qu’elle véhicule : iwaliwn, ineghmisen, lemâni, tiwid ghef louqt... Elle peut être chantée à l’aide d’un instrument de musique, en groupe et dans ce cas, ce dernier reprend le refrain. Elle est orale et porte les marques de son oralité.



LES THEMES DE TAMEDYZT

Tamedyazt a une structure cyclique, mais les thèmes qu’elle traite ne sont statistiquement ni sémantiquement stables. Ils sont tributaires de l’auditeur, des événements, des intentions du poète....Ce dernier peut "chanter" pour critiquer, conseiller, se plaindre, se résigner...On peut trouver une tamdyazt consacrée à un seul thème événement (crime, vole déjoué, sécheresse...). Dans ce cas elle fonctionne comme un "journal", tient lieu de presse, épouse les événements dans les limites bien sur que permet la censure. L’amedyaz joue le rôle du troubadour : il colporte et diffuse l’information dans des zones isolées, enclavées.


Les techniques ou procédés rhétoriques que tamdyazt utilise sont en général les images poétiques , la description ou le récit. Quant le poème fait recours à la personnification, c’est pour en faire la toile de fond pour l’allégorie, cette figure de style lui permet d’exprimer et traduire le manichéisme du monde et de l’existence. Ce procédé lui offre le moyen de bien retenir l’attention de l’auditeur, en lui racontant une histoire et faire passer un message très symbolique accentué et confirmé par la fin de l’histoire qui implique une morale condensée en un ou deux vers.


L’emploi des figures de style (allégorie, métaphore, périphrase ; antithèse, métonymie...) fait que tamedyazt est une poésie élaborée, travaillée, un art de langage. D’ailleurs l’amedyaz dit et affirme que sont langage, ses vers, sont "sculptés" comme le bois du menuisier poli, agencé de façon à ce que le message soit très imagé très "profond", suggestif. Le poète est conscient de son rôle et son devoir lui impose que ce qu’il dit sert ou renvoie à un "modèle", car il est le veilleur et le gardien, une mémoire, une référence reconnue. Il conçoit le monde comme un vaste champ qu’il doit cultiver, un monde ou les hommes sont la terre, la poésie, la semence et le poète, le cultivateur.


Un mot sur la caractéristique orale et la fonction conative de tamedyazt avant de passer à l’analyse des thèmes. Puisque elle est orale, tamedyazt implique un auditeur et par son contenu didactique elle a une fonction conative, ces deux propriétés nous semblent très liées dans la mesure ou elles se complètent ; en effet la présence de l’auteur participe et fait partie du "rituel" que suppose tamedyazt et cette dernière porte les indices de cette présence : le poète sollicite l’attention de ceux qui l’écoutent les invite à s’impliquer, partager , approuver, bref à réagir.

Par ailleurs, tamdyazt sur le plan formel a une structure cyclique, comme un serpent qui se mord la queue. Peut-être y verra-t-on une analogie, une similitude avec la structure cyclique des autres manifestations socioculturelles (les contes qui s’ouvrent par des formules et se ferment par d’autres) les fêtes, les rituels...Tamedyazt épouserait le mouvement du temps qui est cyclique au niveau des jours, des saisons, des années ; tout a un début et une fin comme notre existence sur terre. De plus les formules par les quelles le poète commence son poème sont à nos yeux une sorte d’avertissement pour l’auditeur : "que le silence se fasse, prêtez-moi votre attention, le voyage commence, nous entrons dans un autre monde, un autre univers, différent du monde quotidien banal et anecdotique, nous embarquons vers une autre réalité qui transcende le vécu, particulière et vert igineuse, sérieuse et vraie dans son idéalisme, tragique et beauté : le monde de la littérature."


AMEDYAZ

Appelé "amedyaz", "chikh" ou "aneccad", il jouit d’un statut social particulier et privilégié, c’est lui qui "inaugure" les manifestations culturelles les plus symbolique (mariage) ; il est respecté par le groupe pour son savoir, sa verve, sa maîtrise du verbe et du langage, sa vision philosophique de la vie ; il est le "guide", le sage, le moralisateur reconnu par tous ; c’est une référence incontestable au niveau des valeurs ; ses paroles transcendent les discours de tous les jours, c’est l’éclairé, le "prophète" (au même titre que Hugo, Vigny, Jabran...), il est conscient de son rôle social qu’il assume en sonnant l’alarme quant la menace des valeurs est proche, le danger imminent. Sa vie se confond toujours avec sa poésie et ses vers, il en vit et défend l’honneur du groupe.


L’ANALYSE THEMATIQUE


Nous donnons un bref aperçu de ce courant d’analyse que nous avons appliqué sur tamdyazt. La critique thématique s’appuies sur la notion de "thème", difficile à délimiter de façon précise ; c’est une donnée, une image qui parcoure l’œuvre il s’agit de dégager la structure de l’imagination du poète, son fonctionnement dans l’œuvre (comment l’imagination de l’artiste s’organise et organise l’œuvre).


Le fondateur de cette critique est Gaston Bechelard (1884-1962 ; pour lui et pour ses disciples, l’écriture est un acte existentiel ou l’auteur s’investie : vivre/ dire (écrire). La méthode de travail consiste à faire des inventaires permettant de sélectionner ensuite l’image "décisive", essentielle et ses répercussions dans l’œuvre. Elle aura donc le défaut de tomber dans l’arbitraire du choix de l’image fondamentale (sur quels critères s’appuyer ?) ou la subjectivité du critique intervient, elle réduit l’imagination à une seule image et néglige l’histoire. Parmi les thématiciens nous citons J.P Richard avec ses travaux sur M. Proust et CH. Baudelaire, G.Poulet sur Proust, Starobinsky sur Racine et Rousseau, J.P. Weber et Rousset qui tente de dépassé les critiques adressées à ce courant d’analyse.

Nous avons adopté cette analyse pour dégager les thèmes de tamdyazt, mais nous avons centré notre travail sur les thèmes sociologiques, car les poèmes que nous avons réussi à rassembler sont de différents poètes et ne permettent pas une étude exhaustive de chacun d’eux.


Il s’agit de :

Amer ou Mahfoud de Goulmima

Zaïd Oubbejna d’Igoudman (Aghbalou n Kerdous, Goulmima)

Hmad ou Hachem de Mellab (Goulmima)

Chyukh Hmad et Lahcen d’Azilala

Chikh Lisyour d’Imilchil-Aït Hani (Goulmima)

Moha ou Lhaj d’Aghbala


Pour des raisons pratiques, nous avons préféré ne pas intégrer les vers illustrant nos propos et commentaires ; ces vers sont groupés par thèmes et figureront à la fin de l’exposé. Comme nous l’avons déjà souligné, les thèmes de tamdyazt sont très variés et vont du simple "fait divers" à l’événement politique international. La classification que nous avons adoptée n’épuise pas l’éventail, trois axes fondamentaux nous paraissent opérationnels :


- La dégradation des valeurs

La corruption du système administratif et juridique

la politique


1- La dégradation des valeurs :


La conception philosophique de l’existence chez l’amedyaz est dichtomique, manichéenne ou le Bien et le Mal constituent les pôles de l’équation. Ce schéma dualiste parcoure le poème du début jusqu’à la fin et est exprimé par une série d’images antithétiques : corps/âme, idée/matière, concret/abstrait, vie/mort... l’existence pour l’amedyaz, au même titre que la nature, a un début et une fin (le métier à tisser), un voyage qui doit cesser inéluctablement un jour. Cette stabilité dans la vision implique des valeurs d’un rythme de vie serein et s’oppose à tout changement de dehors du cadre "tragique" voulu par la divinité. Il en découle que la réaction de l’amedyaz, une fois les valeurs ébranlées, sera violente, démesurée, inconfortable... en l’occurrence si le changement brusque, rapide, inattendu.


En effet, l’agonie des valeurs pousse le poète à réagir constat des bouleversement qui secouent qui secouent la société et la désarticulent, Il nous parle d’un monde qui s’effrite, d’un système en voie de "pulvérisation", en proie à un mal qui le ronge de l’intérieur (voir les romans des auteurs maghrébins de la première génération et la littérature négro-africainne de la même époque). Les mutations sont exprimées de façon imagée et empruntées souvent au monde animal dans son organisation hiérarchique, ce monde est montré en train de basculer vers un nouvel ordre ou le "valet" devient maître, le faible domine le fort...Les valeurs ancestrales sont invoquées car elles réfèrent un passé de gloire et de grandeur opposable à un présent dégradée et en mutation continue.


2 - La corruption du système administratif et juridique


La corruption du système administratif et judiciaire fait également l’objet de la satire chez l’amedyaz. Ce système est peint de manière corrosive. Il est perçu comme une machine bureaucratique, inhumaine qui a pour seule raison d’être de "sucer" le sang la population qui lui sont soumise. Le citoyen y est asservi, humilié. Il se trouve embourbé dans un labyrinthe dont il sort épuisé, éreinté, dégoûté, révolté. C’est dire que ce système cumule tous les vices possibles et imaginables : la corruption y est devenue presque une "obligation" et un devoir, le népotisme, la falsification, le régionalisme voir le racisme. Ces institution brime le citoyen , le broie...


L’amedyaz traduit cette réalité par des images ou les choses et les êtres se métamorphosent, changent de nature, les valeurs de justice y sont foulées au pied. Sa froideur et sa nature bureaucratique y transforment la quête d’une information ou d’un papier en une "odyssée cauchemardesque" qui nous rappelle l’univers surréaliste du Château ou du Procès de Franz Kafka. Les citoyens le perçoivent comme un monstre qui incarne la peur et la terreur.


En effet, les procédures administratives empruntent des chemins inextricables ou les responsabilités se confondent et se contredisent.


Concernant les élections, l’amedyaz estime qu’il s’agit d’une énorme mascarade politique qui bafoue la volonté populaire et produit des institutions falsifiées et illégitimes destinées à entériner la politique d’exclusion et de marginalisation des couches démunies.


3 - la politique


La politique est un des thèmes essentiels traités par l’amdyaz dans ses poèmes. Sa réflexion porte aussi bien sue les événements d’ordre national ou international. Il s’agit de se positionner sur les décisions prises par les responsables quat à leur manière de gérer la chose publique, leur relations avec les autres pays et nations, la position du Maroc vis-à-vis d’événements politiques internationaux : le Moyen Orient, les pays arabes, l’Afrique du nord, l’Occident...


L’amdyaz marque la spécificité nationale en s’appuyant sur des référents identitaires qui distinguent le Maroc d’autres nations et souligne la place particulière des valeurs religieuses qui constituent un ciment pour l’unité de tous les musulmans du monde. Le regard du poète porte à la fois sur des faits événementiels, transitoires et mis en relief par les médias et les divers moyens d’informations et sur des faits ayant trait à des "convictions" constantes, partagées et permanents.


Corpus
Nous donnons ci-dessous les séries de vers illustrant notre analyse.

Classement
I - génère du monde et de vie :
- ibnat uhnin isnemt Ijid iedilas

igad iybwula nw-aman an agem aman

ibna lajbal iedel luda i-ddunit

awi kwu lxir ineyyat ljid i lbacar

ibnat uhnin Isnem ljid awad akal

daykka rzed I leebd bla tudmawin

ibdu ayed ilan kwuk d ma as d-ika


II - vers ouvrant et fermant tamdyazt :
- nezzurek a udem n rbbi ayd ieezzan

akizzurey a âilm a unna yur tigeldit

akizzurey a sidi a rbbi jud yifi

akizzurey a isem n rbbi ayd ieezzan

a bur’helmt ljid a rbbi giy zarrek laqqin

key ay mi nqqar a rbbi leerc leadim

wa nuji l’herma nek a rbbi winek ay nga


III - role du poète et sa vision de la poésie :
- wa mimek ittg a anccad at-siresd awal

han unna itturn lektub adjin t-tarix

da turhamen ead as n-nag immut lealim

wachal n-seggwas ay dyad akkay lmital

n mayd ittejrun rmiy ad amzen lusiyyat

iwaberm a ilsinu diy am uxeddam

dinna mi tgerd ibsan t-ssittimed anezzuy

lwahid n imasen ay nga ieedda


riy ad as diy tiyemrin am unejjar

iwawal ma kulci nennat urta ihri

ad as eawedy i tayed yugern tittex kullu

tenna as d-ihddan am ugadir kemmly awal


IV - vers illustrant la fonction conative
- war rar ad yuri lbal a winna fhemnin

ad awn rsemy awal ur igi uya iw-ufur

lfal irwan at-seggry I wawal inw a mayd ay iudr

bedratay mulay muhemd a ayt uyejdim

iwa eawd a ilsinu mani m’kas tgid

i wawal han udmawen ruraner imezyan

max is isgers mulana haca seg lxir ?


V - renverssment des valeurs
- cuf aberrem as iga mulana I ddunit

raea izem i gwud yayul iga ahnatur

raea iysan gran asen tibardiwin

teddid a nsemt g-umum eniy ijra ka

tga tixsi iswan arekkiz igzas ul

da tumumen iqwarray ur tgi i-ydiwan

hat isdae ufullus lbaz illa g-tyuni

wa yadj ukessab leenzi da ttadern ulli

da ikerrez ka badad gint as azalim

da ikerrez farina gint as qqillu

awa ibeddel w akal amud ur sar ti ttuy

ideayd llimun n lmghrib ig tiferzizin


VI - éclatement des relations humaines :
- lehsad hat taymat dyi ag di beddun

da tiniy han asmun nka as tighwurdin

mer ufin tuzzalt iyers ak ueejliy

ixxa leebd urek itenfae ujmil g-adu

unna tgerd ijyal igak in key gw-aqqa

han ajmil azmul dyi ayd itteg I ka

annayey lkerh imun d-tuxxut kwu yan ibubbat

bdan w-aytmaten kwu yan ifreh mayt igan


VII - relanchement des valeurs religieuses :
- remdan ijhel mayd uret yazuman ieedda

aywu len imezzilan ggudin mi ixxa rray

wa da ikkejjem ka timezyida imun d lillas

iccur tamessi d uyenna d inna mulana

mkid c’rab idda yer data m inegyan

iswat unna yur ka iswat umezlud

idda ddin n seyyedna muhemd iffeyd idmaren I madden irul


VII - rejet de la société en proie à des métamorphoses
- isid ayd iddan g lgehl ira uya lebla

isexr isid yiwi bu lehram ddunit

iddad uzwu n leyyar ikejm i medden imi

a mulay muhamed a exmmuj nem a dduni

yayul ufran smarn asent I tungimin

wa kwu yuk da ittini eenda wighanu

ur igi mind n tassaeetta nna ged usiy

xs unna itteqqen imi waxxat ibri w-ul

ig tadut g imezyan ad ur ittakez awal

meqqar illa innat iwetn ihder iddu

meg ur iefi rbbi qenn ad utey agejdur

han unna ur I isrin yini ka ur i-ijri

maka ha leeqqel da ittumum s unezmum

d tixat d uyenna ujr dmiy ayd ittejrun

ur tujit ur nejjiy lmut urta nemmut

nettuheqqer imezlad a arraw tuf lmut


IX - un présent lamentable et nostalgie pour un passé glorieux :
- raca laswaq gen am lhenna mas itca w afa ddunit

tenna nezri n tmara ha tayed tuger abazin dati

dilliy aryaz ixxan uretn iri lbacar

walliy ittu offan idedda yuji awal

tirruyza n zman ur tsul ijra ka g tmizar

ddan lahrar lily issersun amdikar

rzan madden lhaq am useklu yayed akal


X - corruption du système juridique et adminstrtif :
- tetca chat zzur a iguhilen ayenna nnun

mkid ayt lhukem am lbie ayd zzenzan

unna asen ikan ka urun as mayd ran substition

meqqar as di yiwy awd tar ivef ieedlas

unna yur walu lmal nna yak eekkezn as

eenda n unna mi I ayed ka ayt ixedlan

ur yad dateekkazen id lbiru chat zzur

irumin da akken lheq I k g-minut

uma iselmen win usegg was ayd illan

qqiman iwriqquen kwu as dun ased i ka

tehduden tiwadiwin adu ured yuliy

maka ur datteckaren imee af n-lbiru

awa ur izedding lmeghrib ? la mulana


XI - falsification des élections :
- Iwa eawed at ayed a iminu diy i lhemla nna ijran

tekka lintixab zuned am mital n-issaffern ayd tga

kwu taqqat hat tusi ameemae druy ayd bbinet iberdan

alling ihder w-as g-ittuga lehsab ayd rgagen iywunba

was bdun imkuraren n-ssuker ar tturruhen alin g-iberdan


XII - La politique : la palestine
- Ig filistine g-ulinw rray n-uferran

inwa diges uzizaw inwa diges uqqurar

wa iga azru d ljir inwa yusen ayt ma

iyersawn a ccebban iyersawn iwessaren

han filistin iduras mucis-lequwwa

iga awn usehyunity lefdihet a ssukkan

iyli w-uccen amazir itcas iyef i-turut

iwwet ljamee usehyuniy s-lmurti imhat

ibna diges id lbar isker dikes ihelfan

igra awen ihezzan a lmqam n-ccerfa

raid américain sur la Lybie


VIII- Raid américain sur la Lybie
- mek tannid marikan dw-udayn uxenzu

winadey a imateny yiwet taddaet ayd gan

idda s libya ad iwet caddaret n lqeddaf

inya diges ccebban inya diges ssebyan

ira ad iby izuran n lislam war ddin


Le monde arabe
- marikan d-rrus gan learab d-imaedar

ka da yak leflus ka tella yures leedda

am unna igren izran g tattaset i-ssebyan

dak jemmueen ared nin ur illi xs anafa

ifyed yiwen iyedr imiq yawin wis krad

ar terruyen ared walu xs awal n-ihellalen

gen w-a eraben tabut nna dif san issikkan

han ustu idda s-allen ead imcaden daras

yas at- tkemmel ead artti ggaren ayt w-lawn

teddud s-asetta n-feggag ad diges tudu

ufaten legnus issen ad ttln adu


L’Irak
- Tga lkwit dyi am lmital n teslit

Ywmanased idudan ittef kwu yiwn allun

mymazen ihidas a rbbi selkatay

da ssuturey i sidiya rbbi nna iheyyun

ak ieawn a seddam axatar n-leiraq

tgid asen I w-udayn titi nna iheqqan


La miséricorde divine :
- wa kwu yiwn issuter I rbbi ad ihaser isaffen n tegniw

ar awni nessutur a wadda ur ixessa ka

sikkay ger tegniw a nili g-ayt lherma nnun

awa sbayend asid nek ad ackinet tillas

key a ljid ay tella ifassen


Source:www.tamazgha.fr

21/04/2004, 13h15
merci butayri je découvre Tamedyazt qui a toujours été "un outil" merveilleux utilisé par imazighen pour véhiculer leurs sentiments de joie de colère d'injustice , et leurs espoirs ....il les a toujours aidé à supporter l' épreuve et à faire face aux situations difficiles aux quelles ils ont été confrontés.... je suis étonnée de voir une si grande diversité de thèmes abordés.....:-)

hamidouche
23/04/2004, 12h22
tro fort butayri...

Bien vu pour l'article...

Azul

mellal-amzan
09/06/2005, 00h14
merci imazighia
je suis mellal amzan le ptit frere de mellal moha tanmirt khef ta presiation
tou ce qui a besoin de text de mellal moha na qu a me contacter et merci

Ainasserdoun
29/07/2005, 10h42
C'est très intéressant cet articLE!