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Voir la version complète : Les femmes et la langue


ultdarnagh
17/10/2004, 18h28
Qui voudrait parler de la role des femmes dans la perpetuite de la langue parmi des Ichelhin? C'est un sujet riche a explorer ensemble avec les propres experiences de toutes.

Dans le Sous, la majorite des femme sont illitrees et vivent en plein temps en tamazirt pendant que les hommes travaillent dans les villes, tout le monde le sait. Donc les femmes sont responsables pour enseigner la langue aux enfants, et elles le font bien tant que les enfants restent en tamazirt. Mais maintenant il y a le Tamazight a l'ecole et les grands organisme a Rbat et ailleurs qui encourage l'utilisation de la langue, mais ils sont pour la majorite des hommes (en governement et dans les universites), et l'ecriture de la langue et promouvoir le Tifinagh sont important dans le mouvement. Donc quelle importance pour la femme rurale?

Bien sur que scholariser les filles et les femmes est un but sur lequel bcp de monde est d'accord. Ma question c'est donc pourqui est-ce que le futur de Tachelhit est souvent lie a l'instruire et l'ecrire? Et quand les femmes seront scholarise en tamazirt, est-ce qu'elles resteront les responsables de l'education linguistique des enfants?

Il se peut que le valeur des femmes dans ce domaine tres important est en jeu.

Ce sujet est tres important chez des Ichelhin quand on compare le Maroc avec des autres pays qui ont des minorites linguistiques opprimes. Je propose ces questions en tant qu'ethnolinguiste/anthropologue americaine ayant vecu dans le Sous 3 ans. Mais c''est sur que les chleunautes en savent bcp plus que moi!

Merci.

ultdarnagh
19/10/2004, 20h30
a istma! izd hta yet ur tri a tsawal f-awal n timgharin?

i rbbi!
:idea: :idea: :idea:

Aghrabi
19/10/2004, 20h48
Le Maroc est un pays où quatre langues principales se partagent le champs linguistique: l'arabe marocain, l'amazighe, l'arabe écrit, et le français. Le statut socio-culturel de ces langues est loin d'être le même. Ce statut a des racines historiques en ce sens que les faits historiques (qui alimentent les faits socio-culturels) ont abouti à une situation où l'arabe écrit est plus associé aux hommes et où l'amazighe est plus associé aux femmes. Par exemple, l'arabe écrit a un pouvoir réel et symbolique sur les plans religieux, légal, politique, administratif, et médiatique vu son statut de langue officielle, de langue de religion, des institutions, et du savoir écrit, des domaines dits «publiques» où les hommes sont plus présents et ont plus de voix et de choix que les femmes. En contrepartie, l'amazighe a été jusqu'à très récemment une langue typiquement orale, une langue maternelle, et, par conséquent, une langue forcément associée aux femmes, surtout rurales, compte tenu du taux élevé de l'analphabétisme féminin et de l'émigration massive des hommes vers les villes. Bref, à travers l'histoire moderne du Maroc, le sort de l'amazighe a été étroitement lié au sort des femmes et ce n'est pas une coïncidence que l'amazighe et les femmes ont été relégués au second plan dans les années qui ont suivi l'indépendance et que la présente ouverture sur les droits culturels et linguistiques est accompagnée d'une ouverture sur les droits des femmes. Partant de ce constat, une insertion de l'amazighe dans le tissu éducatif marocain et une amélioration de la condition des femmes dans ce pays ne peuvent être que bénéfiques pour la démocratisation du Maroc et son développement global. Cette option est motivée par le double fait que l'histoire donne une légitimité incontournable à l'amazighe au Maroc et que l'Islam en tant qu'identité culturelle n'est pas basé sur l'identité ethnique que se soit en des termes raciales, linguistiques ou les deux. La communauté musulmane ne fait pas de différence entre les ethnies (ce qui explique l'usage de l'arabe par des ethnies très différentes de part le monde). Cet état des choses est encore plus renforcé par le fait que le multilinguisme est une composante fondamentale de la culture marocaine qui est née d'abord de l'histoire complexe et de la position géographique à cheval entre deux continents. D'autre part, L'acquisition et l'usage de l'amazighe est fortement lié aux femmes. La littérature orale (largement circulée en arabe marocain et en amazighe) est profondément féminine. L'histoire du Maroc a été construite et continue à l'être par des hommes et des femmes, et cette construction a été véhiculée par des langues écrites et des langues orales. La littérature orale, largement féminine, constitue un patrimoine national dont la nature constitue la singularité du marocain. Il est temps de préserver et de promouvoir cette littérature qui a souvent été caractérisée par l'anonymat mais qui constitue une mémoire collective qui dépasse les circuits du savoir codifié. L'oralité puise dans le merveilleux où les femmes échappent aux rôles traditionnels. Elle prouve que les femmes possèdent un savoir qui n'est pas toujours l'apanage des hommes. Dans les contes populaires, par exemple, les lois patriarcales sont souvent bousculées.L'amazighe doit sa survie aux femmes d'abord. Cette survie est en effet un cas atypique dans l'évolution des langues. Nous sommes devant une langue vieille de plusieurs milliers d'années, une langue qui n'a jamais été la langue officielle d'un état central qui aurait fixé ses normes linguistiques et l'aurait doté d'un statut juridique valorisant, une langue qui a su coexister avec des langues beaucoup plus puissantes comme le punique et le latin dans le passé et avec l'arabe, le français, l'espagnol et l'anglais dans le présent. Aujourd'hui, la standardisation de l'amazighe et son enseignement s'accompagnent de la promotion des femmes : la langue et les femmes encore une fois. Il est certes que la promotion de l'amazighe est un devoir de tous les marocains envers une langue qui a largement contribué à l'unification politique et religieuse du pays à travers l'histoire. Il se trouve qu'en même temps, l'éducation et l'enseignement constituent des facteurs primordiaux dans l'émancipation des femmes et leur promotion dans tous les domaines. En plus de leur rôle dans la prise de conscience individuelle et collective, l'éducation et l'enseignement sont des moyens efficaces d'épanouissement, surtout avec l'avènement de la mondialisation. Une participation active des femmes dans les domaines publiques peut permettre un usage équitable des langues. Cette participation peut même changer l'usage et l'attitude envers les langues; elle peut démystifier et réduire l'écart entre les hommes et les femmes ainsi qu'entre langues en usage. On ne pourra jamais assez dire que promouvoir la réflexion sur l'impact de l'éducation et de l'enseignement des langues sur la condition de la femme est un devoir historique, surtout dans un pays en voie de développement. Il a pour finalité de débattre des moyens qui permettraient de prendre en considération la dimension ‘genre' dans les domaines de l'éducation et de l'enseignement pour atteindre les niveaux juridique et administratif. Avec l'ouverture démocratique, seule une politique de langues qui prend en considération les besoins socio-économiques des femmes pourrait être viable. Partant du fait que nous sommes constamment le produit d'une période historique bien déterminée, aujourd'hui, plus que jamais, la question linguistique se conjugue avec la question féminine et les droits humains. Il est vrai que l'histoire des langues marocaines peut être dite de différentes manières avec des arguments différents à l'appui, mais malgré le caractère hétérogène des domaines et perspectives de recherches visant à promouvoir les femmes, la question des droits linguistiques des hommes et des femmes marocains est sous-jacente à tous les droits humains. Les droits linguistiques des femmes marocaines passent par l'éducation comme moyen d'émancipation intellectuelle et réelle. Sans cela les femmes resteront à la marge des politiques linguistiques changeantes et resteront à la marge des langues dites «dominantes» sur la marché linguistique marocain.(*) Professeur de l'Enseignement Supérieur Université Sidi Mohamed Ben Abdellah.

Source Bladi.net

amanar
20/10/2004, 14h36
Le rôle de la femme dans la préservation de la langue amazigh (berbère), n’a cessé d’être repris, à juste titre d’ailleurs, puisque certaines références n’hésitent pas à parler de « langue des femmes », exemple : Encyclopédie Universalis (mot-clé : les berbères).
Dans une société patriarcale, où souvent le mari est en déplacement, la femme se retrouve au foyer et donc avec la lourde tâche d’élever ses enfants (tout en assurant le reste des taches du ménage).
Le premier rôle, selon moi, que va représenter la femme, ou plutôt la mère dans l’inconscient de son enfant, c’est l’incarnation amazigh vivante. Puisque toute sa douceur, son amour.., ses contes, fables, et proverbes.., que la mère lui apprendra indirectement, reliront l’affectif et le cognitif, et donc imprègneront cette langue de la douceur maternelle, et évoqueront à chaque fois qu’elle est citée (la langue Amazigh) une nostalgie Oedipienne. Et ce n’est pas par hasard qu’on la nomme « langue maternelle »
Le second, est justement cette transition, cette transmission d’une richesse ancestrale que seule la femme a su garder et assurer. Véritable autochtone, plus que l’homme amené à se déplacer parfois très loin et donc confronté à l’arabe (par ex), la femme a toujours été le refuge de la culture berbère. Et par voix de conséquence, assure une plus grande fiabilité au niveau de la préservation et de la transmission.
Ajoutons aussi que la femme est le détenteur, plus que l’homme, de la mémoire collective. La plupart des contes, des chants, des poèmes, des proverbes..sont appris et transmis par des femmes, donc par des mères qui se font cordon ombilical qui nourrit et maintien la vie de la culture berbère.

asentas
16/01/2005, 22h54
oh la la....j'ai appris qu'en ce moment des cours intensifs d'arabe etaient enseignés ds des petit villages eloignes des villes a des femmes bérberes de 7 à 77 ans.
c'est un progrés mais la pureté de la langue maternelle en sera amoidri !!

LOUZIMIMENE
17/01/2005, 11h05
Salam,

Moi je ne partage pas cette correlation entre les femmes et la langue amazigh. C'est vrai que les femmes résidant à tamazirte parlent exclusivement en majeure partie tamazight, mais celà ne signifie pas que ce sont elles qui détermine sa véhiculation et sa transmission aux enfants. Ceci est vrai uniquement pour les enfants en bas âge, apprès l'enfant subit son entourage, notamment l'école et ses rapport avec son père lorsqu'il exerce les travaux agricoles ou les activités commrciales.
En outre, actuellement la promotion de la culture et de la langue amazigh vient des gens qui habitent dans les villes et à l'étranger et non pas des gens qui habitent à tamazirte.

amanar
17/01/2005, 12h24
Tu te trompes Louzimimen, pour ce qui est de la préservation, ce sont bien les femmes qui l'ont assurée, et il ne faut pas envisager cela sous une moyenne durée mais très longue durée, autrement dit depuis des siècles! Et elle reste valable jusqu'a nos jours!! Dans les petits villages de l'atlas, les enfants ne parlent pas arabes!! Ils ont beau aller à l'école, il n'en demeure pas moins qu'ils ont acquis leur langue maternelle!!

Pour ce qui est de la promotion de l'amazigh, elle n'est pas assurée, exclusivement par les associations engagées en Europe, mais surtout par celles sur place, au Maroc!! Elles sont sur le terrain, dans un combat constant et prennent des risques concrets qui ne cessent de se faire sentir, combien de fois avons nous lu et entendu que telle personne a été agressée pour son engagement, pourtant celui-ci n'en ressort que plus fidèle et fortifié!!



[ Edité par takfarinas le 17/1/2005 13:11 ]

ultdarnagh
17/01/2005, 14h28
On parle de deux choses en meme temps: qui apprend la langue aux enfants (surtout les premieres annees), voir surtout la mere, et qui est responsable pour la preservation de la langue tamazighte en generale. C'est vrai que d'autres personnes que la mere (d'autres enfants, des hommes, etc) sont responsables pour former la bain linguistique. Mais quand on regarde l'histoire, c'est les femmes en tamazirte qui ont retenu la langue, elles ont assure un lieu ou la langue ancestrale est la lingua franca. Certes les hommes ont ecrit des livres sur des contes orales et chansons amazighes, mais les femmes sont au centre de cet heritage et sa preservation.

Mais, est-ce que les femmes ont souffert a cause de cette responsabilite? Est-ce qu'on les considere des experts en ce qui concerne la politique linguistique, par exemple?

LOUZIMIMENE
17/01/2005, 16h06
Salam,

Pour Takfarinas, certes les associations culturelles ont énormément oeuvré en vue de la promotion amazigh; mais il existe certaines associations qui instrumentalisent la cause amazigh à des fins non avouées, comme la politique politicienne, la laicité, la cause de la femme selon l'approche occidentale...etc.

Pour Uldarnagh, je ne crois pas que la souffrance de la femme amazigh prouvienne de sa fonction de transmission de la culture et de la langue amazigh, mais surtout des conditions économiques et sociales difficiles dans lesquelles les habitants du monde rural (hommes et femmes) vivent; en plus de la mauvaise compérhension de la religion concernant le rôle de la femme dans la société.

soussia
11/03/2005, 21h39
Porteuses du patrimoine culturel amazigh vieux de 5.000 ans : Les femmes ont toujours été de parfaites médiatrices

La culture Amazighe, substrat incontournable de la culture marocaine (voire nord-africaine et universelle), englobe toute une vision de voir et d'exprimer le monde depuis l'ère néolithique jusqu'à nos jours. C'est une culture qui dépasse la langue, qui s'inscrit dans l'art, et qui englobe l'être marocain tout entier. Au centre de cette culture réside la femme marocaine.


Les femmes marocaines, parlant ou non l'Amazighe, sont les porteuses par excellence du patrimoine culturel Amazighe, vieux de plus de 5 000 ans. Elles sont les principales détentrices d'un patrimoine qu'elles ont su préserver et qu'elles continuent de transmettre de génération en génération.

Ce savoir millénaire issu de l'observation de la nature, de ses cycles et de ses manifestations que les femmes expriment dans toutes leurs pratiques quotidiennes, qu'elles soient linguistique, d'ordre spirituel, artisanal, esthétique ou domestique, a créé la cohésion et la permanence de la famille, de la tribu et de la nation, malgré les aléas de la vie et les bouleversements historiques.

Citadines ou rurales, les femmes ont su maintenir intact et continu ce fil conducteur qui relie les générations nouvelles avec les anciennes, établit le dialogue entre les monde visible et invisible, car les femmes, bien que curieuses de changement, ne mettent jamais en péril l'héritage culturel et la masse d'expériences accumulées depuis les origines.

Le rôle des femmes marocaines dans la préservation de la culture Amazighe se manifeste dans beaucoup de volets ; je me limiterai à quatre aspects majeurs : (i) la préservation de la langue, (ii) celle de la littérature orale et du collectif, (iii) celle de l'art et des bijoux, et (iv) enfin la préservation du savoir féminin allant des pratiques divinatoires et thérapeutiques jusqu'à la production de l'écriture.

La langue
La femme marocaine est historiquement et politiquement liée à la langue Amazighe. Le sort de l'une dépend directement du sort de l'autre. Dans l'histoire moderne du Maroc, les femmes et la langue Amazighe ont été marginalisée pour des raisons politiques pendant le Protectorat et durant les années qui ont suivi l'indépendance.

Toutes les deux ont été écartées de la sphère publique. Et ce n'est pas un hasard qu'à présent avec l'ouverture et la démocratisation du Maroc, les deux se trouvent propulsées au devant de la scène politique. La reconnaissance officielle de l'Amazighe et le nouveau Code de la famille ne sont pas des hasards politiques. C'est donc largement grâce aux femmes que la langue Amazighe a survécu. Dans les zones rurales reculées, les échanges sont quasiment exclusivement féminins, contrairement aux grandes villes, où les femmes vivent presque cachées et où les rencontres se font avec les seuls hommes, installés dans les lieux publics (marchés, rues).

La relation entre la femme et la langue situe aussi à un niveau, la langue maternelle étant bien sûr la langue de la mère d'abord.

Littérature orale
La femme marocaine est aussi celle qui a su préservé tout un patrimoine de littérature orale. Une littérature souvent anonyme parce qu'appartenant au groupe et pas à l'individu comme a dit Chafik dans son ouvrage sur la poésie Amazighe.

La littérature orale couvre la musique, les chants, les danses, mais aussi les contes, les proverbes et les devinettes. C'est dans cette littérature que l'on peut réellement découvrir le mode de vie ancestral des hommes et des femmes. Quoiqu'on puisse dire sur le rôle marginalisant de la culture orale, l'oralité reste une spécificité de la culture marocaine.

Il faut, bien sûr vivre son temps et œuvrer pour l'épanouissement et le développement des femmes marocaines, mais il faut aussi savoir reconnaître à juste titre le rôle incontournable des femmes dans l'extraordinaire survie de la littérature orale Amazighe au Maroc. Les chants Amazighes, par exemple, empruntent les deux principales voies classiques du chant monodique et de la polyphonie et nous permettent d'apprécier une musique qui, même si elle a beaucoup évoluée depuis les origines, conserve une authentique vigueur.

Après avoir survécu à une longue période de désintérêt, elle a été redécouverte depuis les années 90. Aujourd'hui, les jeunes réinvestissent ce patrimoine. L'expression de l'âme Amazighe passe incontestablement par les chants et la musique, qui sont les deux composantes d'une littérature orale qui se transmet de génération en génération depuis des siècles dans les montagnes marocaines.
A travers la littérature orale, les femmes ont toujours inspiré le plus grand respect de la part de leurs collectivités.

L'histoire nous apprend que les femmes Amazighes participaient aux décisions touchant la famille, les droits du patrimoine, et l'éducation. C'est à elles qu'est toujours revenu le droit de préserver les traditions culturelles de leurs peuples. Le travail des hommes et des femmes était nettement distinct, mais toujours reconnu d'égale valeur. Dans l'histoire ancienne , les femmes Amazighes ont occupé une place importante et ont été quelquefois été à la tête de royaumes.


La suite ici (http://www.lematin.ma/journal/article.asp?id=natio&ida=45180)

[ Edité par soussia le 11/3/2005 21:39 ]

Dihya
26/06/2006, 14h14
je suis d'accord avec accro amazigh :-) :-)

omar
26/06/2006, 14h33
LES FEMMES ET LA LANGUE c'est bien dis quand on parle des femmes d'autrefois, quant aux femmes modernes il serait mieux de dire LA FEMME ET LES LANGUES: une femme d'autrefois détentrice de sa langue et de sa culture par exellence, d'ou ça vient le mérite de l'expression LANGUE MATERNELLE. les femmes d'ajourd'hui dans leur majorité sont les meilleures dans toutes les cultures du monde sauf la leur. Hélas! un proverbe affricain dis une vieille qui meurt c'est une bibliothèque qui brûle! de nos jours une vieille qui meurt c'est un soucis qui disparait

soudanite
13/08/2006, 18h51
Omar j'suis pas d'accord avec toi!on ne peux pas mettre toutes les femmes dans un même sac,c'est trop facil et trop réducteur.Tu généralise un peu trop.Une vielle qui meurt n'est pas forcément "un souci qui disparaît" comme tu le dis car combien de femmes meurent en laissant derrière elles un grand vide,ce vide qui ne pourra être comblé par personnes car elle emporte avec elle tout le savoir,la gentillesse et la bonté qu'elle avait envers les autres.Ora tfal abla amarg.Je ne dis pas que toutes les femmes laissent ce genre d'héritage beaucoup plus important que la fortune mais en tout cas il en existe comme chez les hommes d'ailleurs,même si dans les 2 cas ils se font de plus en plus rare! :-(

omar
13/08/2006, 19h10
soudanite a écrit :
Omar j'suis pas d'accord avec toi!on ne peux pas mettre toutes les femmes dans un même sac,c'est trop facil et trop réducteur.Tu généralise un peu trop.Une vielle qui meurt n'est pas forcément "un souci qui disparaît" comme tu le dis car combien de femmes meurent en laissant derrière elles un grand vide,ce vide qui ne pourra être comblé par personnes car elle emporte avec elle tout le savoir,la gentillesse et la bonté qu'elle avait envers les autres.Ora tfal abla amarg.Je ne dis pas que toutes les femmes laissent ce genre d'héritage beaucoup plus important que la fortune mais en tout cas il en existe comme chez les hommes d'ailleurs,même si dans les 2 cas ils se font de plus en plus rare! :-(
je croyais que ce sujet était enterré, merci de l'avoir ressuscité, et bien comme ça tu m reproche d'avoir généraliser, relies bien bien tu vas trouver une exression " dans leur majorité" qui n'est pas arbitraire du tout et qui va de pair avec ta conclusion "...de plus en plus rare

Amzwaru
15/08/2006, 13h52
soussia a écrit :
Porteuses du patrimoine culturel amazigh vieux de 5.000 ans : Les femmes ont toujours été de parfaites médiatrices

La culture Amazighe, substrat incontournable de la culture marocaine (voire nord-africaine et universelle), englobe toute une vision de voir et d'exprimer le monde depuis l'ère néolithique jusqu'à nos jours. C'est une culture qui dépasse la langue, qui s'inscrit dans l'art, et qui englobe l'être marocain tout entier. Au centre de cette culture réside la femme marocaine.


Les femmes marocaines, parlant ou non l'Amazighe, sont les porteuses par excellence du patrimoine culturel Amazighe, vieux de plus de 5 000 ans. Elles sont les principales détentrices d'un patrimoine qu'elles ont su préserver et qu'elles continuent de transmettre de génération en génération.

Ce savoir millénaire issu de l'observation de la nature, de ses cycles et de ses manifestations que les femmes expriment dans toutes leurs pratiques quotidiennes, qu'elles soient linguistique, d'ordre spirituel, artisanal, esthétique ou domestique, a créé la cohésion et la permanence de la famille, de la tribu et de la nation, malgré les aléas de la vie et les bouleversements historiques.

Citadines ou rurales, les femmes ont su maintenir intact et continu ce fil conducteur qui relie les générations nouvelles avec les anciennes, établit le dialogue entre les monde visible et invisible, car les femmes, bien que curieuses de changement, ne mettent jamais en péril l'héritage culturel et la masse d'expériences accumulées depuis les origines.

Le rôle des femmes marocaines dans la préservation de la culture Amazighe se manifeste dans beaucoup de volets ; je me limiterai à quatre aspects majeurs : (i) la préservation de la langue, (ii) celle de la littérature orale et du collectif, (iii) celle de l'art et des bijoux, et (iv) enfin la préservation du savoir féminin allant des pratiques divinatoires et thérapeutiques jusqu'à la production de l'écriture.

La langue
La femme marocaine est historiquement et politiquement liée à la langue Amazighe. Le sort de l'une dépend directement du sort de l'autre. Dans l'histoire moderne du Maroc, les femmes et la langue Amazighe ont été marginalisée pour des raisons politiques pendant le Protectorat et durant les années qui ont suivi l'indépendance.

Toutes les deux ont été écartées de la sphère publique. Et ce n'est pas un hasard qu'à présent avec l'ouverture et la démocratisation du Maroc, les deux se trouvent propulsées au devant de la scène politique. La reconnaissance officielle de l'Amazighe et le nouveau Code de la famille ne sont pas des hasards politiques. C'est donc largement grâce aux femmes que la langue Amazighe a survécu. Dans les zones rurales reculées, les échanges sont quasiment exclusivement féminins, contrairement aux grandes villes, où les femmes vivent presque cachées et où les rencontres se font avec les seuls hommes, installés dans les lieux publics (marchés, rues).

La relation entre la femme et la langue situe aussi à un niveau, la langue maternelle étant bien sûr la langue de la mère d'abord.

Littérature orale
La femme marocaine est aussi celle qui a su préservé tout un patrimoine de littérature orale. Une littérature souvent anonyme parce qu'appartenant au groupe et pas à l'individu comme a dit Chafik dans son ouvrage sur la poésie Amazighe.

La littérature orale couvre la musique, les chants, les danses, mais aussi les contes, les proverbes et les devinettes. C'est dans cette littérature que l'on peut réellement découvrir le mode de vie ancestral des hommes et des femmes. Quoiqu'on puisse dire sur le rôle marginalisant de la culture orale, l'oralité reste une spécificité de la culture marocaine.

Il faut, bien sûr vivre son temps et œuvrer pour l'épanouissement et le développement des femmes marocaines, mais il faut aussi savoir reconnaître à juste titre le rôle incontournable des femmes dans l'extraordinaire survie de la littérature orale Amazighe au Maroc. Les chants Amazighes, par exemple, empruntent les deux principales voies classiques du chant monodique et de la polyphonie et nous permettent d'apprécier une musique qui, même si elle a beaucoup évoluée depuis les origines, conserve une authentique vigueur.

Après avoir survécu à une longue période de désintérêt, elle a été redécouverte depuis les années 90. Aujourd'hui, les jeunes réinvestissent ce patrimoine. L'expression de l'âme Amazighe passe incontestablement par les chants et la musique, qui sont les deux composantes d'une littérature orale qui se transmet de génération en génération depuis des siècles dans les montagnes marocaines.
A travers la littérature orale, les femmes ont toujours inspiré le plus grand respect de la part de leurs collectivités.

L'histoire nous apprend que les femmes Amazighes participaient aux décisions touchant la famille, les droits du patrimoine, et l'éducation. C'est à elles qu'est toujours revenu le droit de préserver les traditions culturelles de leurs peuples. Le travail des hommes et des femmes était nettement distinct, mais toujours reconnu d'égale valeur. Dans l'histoire ancienne , les femmes Amazighes ont occupé une place importante et ont été quelquefois été à la tête de royaumes.


La suite ici (http://www.lematin.ma/journal/article.asp?id=natio&ida=45180)

[ Edité par soussia le 11/3/2005 21:39 ]

Intéréssant.

J'acquiesce totalement la thèse générale de ce texte dans la mesure où les traces - sinon de modèles matrilinéaires - du moins de fortes implications des femmes sont ineffaçables et incontestables.

Bien sûr la destruction du système d'organisation traditionnel (tribal) et l'adoption d'un mode de vie exogène et centralisé sur les terres de Tamazight a eu pour conséquence de bouleverser le rôle structurel de la femme d'une part, et de diminuer son importance dans la conservation du patrimoine culturel (langue, arts ... ). Ce bouleversement s'est opéré jusqu' à obtenir des sociétés qui marginalisent le rôle de la femme, dans le but d'adopter un modèle social EN APPARENCE exclusivement phallique. Néanmoins, tous les efforts subversifs n'y feront rien: car le rôle de la femme dans les collectivités sociales berbères est profondément INTRINSEQUE.

Il appartient aussi à la femme de faire valoir cette position héritée pour trouver une place plus adéquat au regard de la conservation et de la (re-)construction du patrimoine collectif.

omar
17/08/2006, 22h29
une femme qui meurre c'est une bibliothèque qui brûle
une femme en vie c'est une flamme à vie