PDA

Voir la version complète : Standardisation des 3 variantes Amazigh au Maroc: débat


Tiwizi_Lille
11/04/2005, 23h48
Débat du mercredi 13 Avril à 22h (en France et 20h au maroc) : Qu pensez vous du processus de standardisation des 3 variantes de la langue Amazigh au Maroc prévue à l’horizon de 2010? Tarifit au nord, tamazight au moyen atlas et tachlhit au sud
Possible ou non ?
Y a t’il vraiment des différences ?
Comment se fera ce processus ?


Autant de questions à se poser !!! Soyez au RDV ou déposez vos participations dans ce Forum.

Hasan Ubrahim
Tanmmirt a Imazighn. Akwn ur ilih

Gafay
12/04/2005, 00h19
Aménagement de la langue : un Amazighe standard .




Avec la création de l’IRCAM dont la mission fondamentale est de « permettre l’introduction de l’amazighe dans le système éducatif et assurer à l’amazighe son rayonnement dans l’espace social, culturel et médiatique, national, régional et local ». (article 2 du Dahir portant création), et avec l’introduction de l’amazighe dans le système éducatif à partir de septembre 2003, la question de la standardisation de la langue amazighe s’impose et acquiert toute sa légitimité.

Enseigner une langue implique nécessairement une graphie codifiée, un lexique et une grammaire standardisés et des outils didactiques, entre autres. Le besoin d’une langue standard ou unifiée est on ne peut plus urgent ; ce qui aura l’avantage de faciliter son acceptabilité sociale et partant son extension.

Toutefois, la question qui mérite d’être posée est comment unifier la langue amazighe qui, dans l’état actuel, est attestée sous forme de trois grandes variétés dialectales au Maroc : tachelhit, tamazight et tarifit ? Faut-il unifier à tout prix et dans l’immédiat, au risque de construire « un monstre linguistique », une langue étrangère aux locuteurs et dont l’acceptabilité sociale n’est aucunement garantie, ou adopter une approche plutôt progressive, plus longue certes, mais dont le résultat est sûr ? 2. Comment unifier ? L’histoire de l’évolution des langues naturelles nous enseigne que des langues appartenant à de mêmes familles linguistiques, qui étaient sous forme de dialectes, avaient été unifiées, puis différenciées, puis réunifiées de nouveau, selon des facteurs favorisant l’une ou l’autre étape, lesquels sont d’ordre politique, religieux, économique, civilisationnel,... L’histoire des langues européennes offre trois cas de figure fort intéressants, représentés par le français, l’anglais et l’allemand, qui correspondent à trois options d’unification : a) le français : le français standard actuel est l’évolution du parler choisi d’une région, en l’occurrence Paris, où siégeaient, au Moyen âge, les notables de la nation et l’élite intellectuelle, et qui était le lieu d’une université puissante qui a eu une grande influence à cette époque.

b) L’anglais : son histoire est sensiblement différente de celle du français dans la mesure où, tout en étant le parler de Londres, il est caractérisé par des traits de plusieurs dialectes, car Londres était au carrefour de différents dialectes, d’où un certain brassage.

c) L’allemand : à l’époque de son unification au Moyen âge, il n’y avait pas de centre comparable à Paris ou à Londres et par conséquent, aucun parler n’était candidat à s’imposer naturellement. C’est donc dans les pays colonisés par l’Allemagne qu’avait pris naissance un allemand littéraire (dans les milieux de la bourgeoisie) proclamé langue littéraire par la Réforme.

Parallèlement à cette langue littéraire se trouvait l’allemand commun, langue écrite, mais auquel correspond une variation de la prononciation selon les régions. Le plus intéressant est que, contrairement au français, les différences de prononciation sont perçues comme naturelles et témoignent de l’appartenance régionale.

Qu’en est-il de la langue amazighe ? Peut-on lui appliquer une des trois options ? La réponse ne peut être que négative car elles correspondent à des réalités géopolitiques et sociales différentes. L’amazighe présente une situation spécifique : il n’a y a pas de dialecte ou de parler qui pourrait être considéré comme celui d’une élite, donc candidat à être choisi comme la base de la langue unifiée. Le cas de l’allemand commun est intéressant car il donne l’exemple d’une langue unifiée au niveau de l’écrit mais avec maintien des spécificités qui relèvent de la prononciation.

Pour ce qui est des choix et de l’approche adoptés par le Centre de l’Aménagement Linguistique relevant de l’IRCAM, ils peuvent être résumés ainsi :
la standardisation de l’amazighe est parmi ses missions essentielles ; en témoigne l’appellation même du centre ;
la standardisation de l’amazighe est une opération réalisable ; car l’unité de l’amazighe est une évidence et elle a été soulignée dès les premiers travaux sur l’amazighe (cf. A. Basset, entre autres auteurs). Elle est saisissable à tous les niveaux de la grammaire : la phonologie, la morphologie, la syntaxe, le lexique et la sémantique ;
la standardisation immédiate et à la hâte de l’amazighe est hasardeuse et peut porter préjudice à la langue elle-même. En effet, étant donné le choix de l’IRCAM, qui s’inscrit dans une perspective démocratique, de standardiser à partir des trois variétés dialectales de l’amazighe en usage au Maroc, l’approche ne peut être que progressive. C’est une approche raisonnable, scientifique et objective qui prend en considération la difficulté que représente la variation à tous les niveaux de la langue. Celle-ci est en effet une réalité, un phénomène naturel qui caractérise toutes les langues, notamment celles qui sont dites à tradition orale, une richesse qui nécessité néanmoins d’être gérée.

il est prioritaire de standardiser l’écrit et de laisser la liberté de prononciation dans une première étape. D’ailleurs, même les langues qui ont été standardisées depuis des siècles connaissent de grands écarts entre l’écrit et les réalisations phonétiques correspondantes. Le cas du français et de l’arabe standard est édifiant à cet égard. Le même énoncé est réalisé différemment selon que le locuteur est par exemple un marocain, un irakien ou un égyptien.

la standardisation de l’amazighe est à construite dans le temps avec l’adoption d’une stratégie à court, à moyen et à long terme. Le court terme est déjà réalisé : il s’agit de la codification de la graphie tifinaghe, de la délimitation des phonèmes de l’amazighe standard et de la définition des règles d’orthographe.

Le moyen terme est la réalisation d’un dictionnaire de l’amazighe fondamental et d’une grammaire, actions en cours de réalisation.

A long terme, et c’est l’objectif à atteindre, une langue totalement standardisée avec un dictionnaire de langue en amazighe et une grammaire de référence en amazighe.

C’est donc une standardisation progressive ; car l’aménagement d’une langue se fait sur plusieurs années sinon sur plusieurs décennies. L’aménagement des langues européennes, donné comme exemple ci-dessus, a demandé des siècles, mêmes pour les langues dont l’unification est partie d’un parler, comme c’est le cas du français.

* Centre de l’Aménagement Linguistique. (IRCAM)

Fatima BOUKHRIS*

Gafay
12/04/2005, 00h40
Amazigh_Marocain est un salon radiophonique sur le Net,
pour y accéder :

- Télécharger le logiciel pal talk sur le site : www.paltalk.com/PalTalkSi...oadcr.html

- Une fois connectés sur Pal talk, vous devez y créer un compte et vous rendre sur :

1- Groups

2- Catégories

3- By Language europe ( arrivés là, il ne vous restera plus qu’à chercher le salon Amazigh_Marocain sur la liste.

- Si non, vous pouvez également aller dans " search " et chercher le salon Amazigh_Marocain.

Le salon est dirigé par des administrateurs dont le rôle est d'organiser les debats, mais aussi de veiller au respect des personnes.




[ Edité par Gafay le 12/4/2005 0:43 ]

louz
12/04/2005, 01h17
louz amjoud ça te dis quelque chose ?

Gafay
12/04/2005, 21h21
louz a écrit*:
louz amjoud ça te dis quelque chose ?

Oui je crois que c'est un homme de théâtre qui commence à être connu de plus en plus :-D

Gafay
12/04/2005, 21h21
Tamazight entre standardisation et dialectisation.




L’amateurisme et l’opportunisme politique constituent des dangers réels pour toute action relevant de la recherche scientifique. C’est le cas justement pour le processus de standardisation de la langue amazighe. Les débats agités et les positions étriquées motivés par l’amateurisme et la cécité intellectuelle risquent de créer une atmosphère gênante et voiler les vrais problèmes.

Voici que l’Institut Royal de la Culture Amazighe vient de publier le manuel scolaire de la première année du primaire dans les trois grandes variantes dialectales de la langue amazighe. Le Centre de la Recherche Didactique et des Programmes Pédagogique qui a supervisé l’opération est montré du doigt. On lui fait endosser la responsabilité d’entériner la vision officielle qui consiste à morceler la langue amazighe et d’empêcher sa standardisation et son unification. Les mêmes personnes qui ont critiqué les manuels édités par l’IRCAM ne se sont pas prononcées sur les manuels publiés par la Fondation BMCE et qui sont élaborés dans la même perspective.

En fait, les manuels publiés par l’IRCAM s’inscrivent dans un processus d’évolution et d’homogénéisation progressifs de la langue amazighe. Leurs choix ont pour dessein d’éviter d’enseigner une « langue de laboratoire », coupée de la pratique des locuteurs, une langue « fabriquée » et en déphasage par rapport à un amazigh vivant et parlé.

Car on oublie souvent de souligner que le processus de standardisation d’une langue nécessite du temps et s’inscrit dans une démarche à la fois pédagogique et sociale. On oublie également de souligner que l’école, actuellement, ne peut pas être le seul canal pour la standardisation de l’ amazigh.

Le choix d’une standardisation progressive relève du réalisme. La variation linguistique est un phénomène universel. La norme rigide et définitive relève de l’utopie. Ce serait une option qui va à l’encontre de l’évolution naturelle de la langue qui est d’abord la propriété des locuteurs. La langue n’est pas un objet figé. C’est un système qui s’inscrit dans une contingence historique, en perpétuel changement. Vouloir l’oublier relève de la démagogie et de l’amateurisme. Un feu d’artifice destiné à attirer l’attention sur soi pour voiler ses propres contradictions.

Il y a lieu de distinguer entre les principes de la revendication amazighe qui restent constants et communs et leur concrétisation dans la réalité. De toutes les façons, ceux qui ont critiqué l’Ircam ne se sont pas donnés la peine de proposer une alternative ou des solutions de rechanges. Les manuels de l’Ircam peuvent être critiqués « objectivement ». Ils ne sont ni sacrés ni parfaits. Leur évaluation est un processus continu.

En fait, le véritable problème réside ailleurs. Pour apporter des réponses sérieuses et responsables à l’enseignement de l’amazigh, il est impératif que soit créé des structures adaptées à cet objectif au sein des centres de formations du Ministère de l’Éducation Nationale. Elles seront chargées d’élaborer des modules de formation en amazigh étalés sur deux à trois années. Ces structures doivent former les promotions des enseignants de l’ amazigh en leur inculquant les différentes variantes pour les armer et les préparer à mieux gérer leurs classes, forcément hétérogènes.

A lui seul l’Ircam, en publiant ses manuels, a relevé un défi en raison du nombre réduit des chercheurs qui ont élaboré les manuels et du temps qui leur est imparti. Et à lui seul, dans l’état actuel des choses, il ne peut pas apporter toutes les solutions aux problèmes que pose l’ amazighité et aux attentes des citoyens.

Pour que l’ amazighité avance, il est impératif que chaque Ministère et institutions de l’Etat marocain créent en leur sein des structures autonomes (Directions, Services, Département...) relatives à l’ amazigh. Des structures dotés des besoins humains suffisants, de locaux, de la logistique et du budget adéquat.

Si la critique est souhaitable, elle doit bénéficier d’un minimum de réflexion pour être crédible. Autrement, elle relèverait d’un « mijotage » stérile où les ambitions personnelles passent avant la cause amazighe. Comme le dit si bien le proverbe amazighe : « Da kkaten tabarda zrin aghyul ».

Par Moha Moukhlis.

Source : tawiza.net

13/04/2005, 20h01
S ufella

Gafay
13/04/2005, 21h26
S ufella.



Tiwizi_Lille a écrit*:
Débat du mercredi 13 Avril à 22h (en France et 20h au maroc) : Qu pensez vous du processus de standardisation des 3 variantes de la langue Amazigh au Maroc prévue à l’horizon de 2010? Tarifit au nord, tamazight au moyen atlas et tachlhit au sud
Possible ou non ?
Y a t’il vraiment des différences ?
Comment se fera ce processus ?


Autant de questions à se poser !!! Soyez au RDV ou déposez vos participations dans ce Forum.

Hasan Ubrahim
Tanmmirt a Imazighn. Akwn ur ilih

Tiwizi_Lille
13/04/2005, 21h54
adur ttum ghassad !!!
gh Rome Amazigh_marocain