Voir la version complète : Discutons de nos contes amazighs.
Azul à tous,
J'ouvre ce post pour discuter de nos contes amazighs, d'en savoir un peu plus sur ce repertoire ancestrale, d'en decouvrir les valeurs litteraires mais surtout les particularites.
Certains pourraient nous raconter des contes qu'ils ont lus, et nous faire partager ces aventures.
Je vous invite à y partager activement.
Tanmmirt, à vous tous.
Je vous propose dans un premier temps de discuter du fameux conte: Hmou Unamir.
AHMED U NAMIR
Il était une fois un jeune garçon beau et intelligent, qui s’appelait Ahmed u Namir. Il avait perdu son père très jeune, sa mère s’occupait de lui et faisait tout pour le rendre heureux. Elle voyait en lui l’image de son défunt père. Il était d’une beauté incomparable, qui le rendait irrésistible aux yeux de toutes les jeunes filles du village.
Il fréquentait l’école coranique dès son plus jeune âge, et apprit le livre saint avec une aisance et une rapidité extraordinaires. Le fqqih lui prévoyait un avenir prospère.
Les années s’écoulèrent et le jeune garçon devint un homme beau et fort. Toutes les jeunes filles l’approchaient, ne serait ce que pour obtenir de lui quelques mots aimables. Elles rêvaient toutes d’être son épouse.
Ahmed u Namir s’était entouré d’un grand mystère, qu’il gardait secret. Il se réveillait chaque matin les mains ornées de henné. Il évitait son maître par crainte qu’il ne découvrît son secret.
Comme chaque soir, avant de quitter l’école, Ahmed u Namir revoyait ses récitations ; ce soir là ce qu’il craignait tant arriva : le fqqih aperçut ses mains ornées de henné. Il lui dit : " Montre tes mains ! Comment oses-tu faire cela ? Tu n’es pas une fille ou une femme, je suppose ".
Ahmed u Namir essaya d’expliquer en vain ce mystère à son maître, celui-ci était déçu de voir son meilleur élève lui faire une telle offense. Le fqqih fixa longuement les dessins et se livra à une profonde réflexion. Il réalisa alors que ces ornements ne pouvaient être l’œuvre d’un être humain, mais celle d’une houri. Il présenta ses excuses à son élève et lui dit : " La nuit reste éveillé, prend avec toi une aiguille et du fil. Quand les houris viendront, tu commenceras à coudre en faisant semblant de dormir ".
Le jeune homme s’enferma dans sa chambre et suivit les conseils de son maître. A une heure tardive de la nuit, les houris firent leur apparition et comme à leur habitude, elles commencèrent à orner les mains de Ahmed u Namir.
A l’aube, les houris décidèrent de regagner le septième ciel quand elles réalisèrent qu’elles étaient prises au piège. Chacune essaya de convaincre Ahmed u Namir de la libérer. Parmi elles, une très belle houri attira son attention. Il décida de libérer les quatre autres et de ne garder qu’elle.
Ahmed u Namir tomba fou amoureux de la houri et finit par l’épouser. Elle ne lui demanda qu’une faveur : lui construire un palais où elle puisse vivre en paix sans jamais être dérangée.
Les années s’écoulèrent et la houri tomba enceinte. Mais elle mourait d’ennui seule dans ce palais ; un jour elle dit à Ahmed u Namir : " Je suis lasse de t’attendre ici toute la journée pendant que tu es ailleurs. J’aimerai bien voir le ciel à travers la lucarne ".
Ne supportant plus de faire souffrir davantage son épouse, Ahmed u Namir exauça son vœu et ouvra la lucarne. Mais aussitôt qu’elle vit le ciel, elle s’envola et laissa à son cher époux que son alliance.
Les jours, les semaines, les mois s’écoulèrent. Ahmed u Namir finit par comprendre le chagrin de sa femme ; il comprit que sa mère en était l’origine. Il découvrit que sa mère avait réussi à pénétrer dans le palais, et qu’elle s’en était prise à sa chère épouse en la traitant de tous les noms. Ahmed u Namir souffrait terriblement, son état s’aggravait de jour en jour, il perdait l’appétit et était devenu très chétif. Il finit par plonger dans un profond mutisme.
Un jour il décida de partir en voyage, il salua chaleureusement sa mère et sella son cheval. Il parcourut les plaines et les montagnes. Fatigué, il s’arrêta dans un village où il rencontra un vieil homme d’une grande sagesse. Ahmed u Namir lui raconta son histoire. Le vieil homme lui parla d’une mystérieuse montagne, qu’il lui indiqua. Il lui dit : " Mon fils, au sommet de cette montagne tu trouveras un aigle. Il peut t’emmener au septième ciel, pourvu que tu te soumettes à ses exigences ". Ahmed u Namir remonta sur son cheval et se dirigea vers cette fameuse montagne.
Arrivé à cette montagne, son cœur battait très fort, des frissons le gagnaient, des larmes coulaient sur son visage : il se rappela sa chère épouse.
Las de parcourir les plaines et les montagnes, Ahmed u Namir décida de se reposer quelques instants pour reprendre des forces. Il se mit à chanter.
Des aiglons dans leur nid l’entendirent, au sommet de la montagne. Il avertirent leur père, le vieil aigle, qui ne leur prêta aucune attention. Les petits insistèrent, ce qui fâcha le vieil aigle. Pour leur donner une bonne leçon, d’un coup de bec il les jeta tous hors du nid. Ahmed u Namir recueillit les petits aiglons, les nourrit et les protégea contre le froid et les autres prédateurs.
Trois jours s’étaient écoulés et les aiglons commençaient à manquer à leur père. Il décida d’aller les chercher au pied de la falaise. Il découvrit un homme, qui était en train de s’occuper de ses petits. L’aigle descendit chez Ahmed u Namir, et lui dit :
- Tu as bien fait de nourrir mes petits, sans quoi je ne te laisserai pas en vie. Dis-moi ce qui t’amène ici ?
- Je te supplie, dit Ahmed, tu es le seul être qui puisse m’emmener voir ma houri au septième ciel.
- Je veux bien exaucer ton vœu, mais j’ai besoin de toutes mes forces pour arriver au septième ciel. Il me faut sept morceaux de viande et sept bouts de roseaux remplis de sang.
Ahmed u Namir plongea dans ses pensées, les yeux fixés sur son cheval, son fidèle compagnon. Ce dernier devina les pensées de son maître et accepta d’être sacrifié.
Le jour fixé arriva, Ahmed prit les commissions comme convenu. L’aigle parcourut le ciel de son regard et trouva que c’était un jour propice pour l’envol. Par imprudence, Ahmed perdit un morceau de viande, alors il en coupa un autre de sa hanche et le donna à l’aigle. Ce dernier sentit aussitôt que c’était de la chaire humaine, il voulut lâcher Ahmed u Namir dans les airs lorsqu’il se rappela ce qu’il avait fait pour ses petits.
En arrivant au septième ciel, Ahmed u Namir retrouva le sourire. Debout à côté de la source où les servantes venaient chercher de l’eau, il observait le paysage paradisiaque. Pour mieux l’admirer, il monta dans un arbre. Aussitôt installé sur une branche, une servante vint remplir sa cruche d’eau. Elle vit le reflet de Ahmed u Namir dans l’eau. Elle l’observait et se rappela la description de cet homme faite par sa maîtresse. Ahmed u Namir descendit de l’arbre et engagea la conversation avec la servante. Il laissa tomber sa bague dans la cruche d’eau et lui dit : " Vous versez de l’eau jusqu’il en reste un peu dans la cruche et vous le donnerez à boire à votre maîtresse ".
La servante exécuta l’ordre du jeune homme. La houri vit son alliance et la reconnut aussitôt. Elle a trouva une ruse pour faire entrer son époux dans le palais des houris. La servante mit Ahmed u Namir dans un fagot en bois et le transporta sur le dos d’une jument vers le palais.
Ahmed u Namir sortit de sa cachette et retrouva à nouveau sa chère épouse. Ils se regardèrent tendrement puis s’embrassèrent. Le petit enfant contempla longuement l’étreinte de ses parents et courut vers eux.
Ahmed u Namir était envahi par une joie immense, son épouse retrouva le bonheur.
Il était comblé, jusqu’au jour où il tomba malade, et une grande tristesse le gagna. Son état s’accentua lorsqu’il se rappela sa mère. Elle avait sacrifié sa jeunesse pour l’élever. Son désir de la voir devint si fort qu’il pensa transgresser l’interdit, il pensa alors à la pierre dont lui avait parlé son épouse. Cette pierre cache un trou au travers duquel on peut voir la terre, cet endroit était interdit aux humains.
Il souleva la pierre avec force et vit sa mère au milieu du patio de la maison. C’était le jour de la fête du sacrifice, sa mère tenait un bélier et attendait l’arrivée de son fils pour accomplir le rituel du sacrifice.
Ahmed se sentit coupable de laisser sa mère ainsi, il lança son glaive mais celui-ci ne parvint pas à elle. Il se mit à réfléchir un instant et il s’écria : " je te rejoins, ma mère, je n’ai que toi monde".
Ahmed u Namir sauta du trou et dévala les cieux. Par miracle une goutte de son sang atterrit sur le cou du bélier et l’égorgea.
Le symbole de l’amour est mort mais la morale de toute une histoire vient de naître.
Traduction française :
Abdellah GABOUNE
Khadija BOULMEDARAT
www.mondeberbere.com
taboudrart94
23/11/2005, 13h15
Takfarinas c'est une autre version que tu proposes là ?? (par rapport à celle que l'on a pu voir dimanche à Fresnes ??)
je me trompe??
Aurais-tu le récit de l'histoire avec Ali lors de son expédition à "la recherche de l'eau" lorsque fou de joie il lâche son ami qui tombe au fond du puit ???
c'était trop marrand à la fin :-D
Merciiiiii
Oui Ultma c'en est une autre. je suis en train de rediger justement à propose de ça, des que j'aurais eu un peu de temps, pour le finir, je le posterai.
tiderfit
23/11/2005, 15h16
azul,
j'était à la journée asays le 20 NOV à FRESNES et le metteur en scène de la pièce de théâtre Roger DAVAU parrle à chaque fois de " MOHA UNAMIR" alors qu'il s'appelle "HAMMU UNAMIR".
ya-t-il d'autres versions ou il s'appelle comme ça ou c'est lui qui s'est trompé?????
Le conte de Hmou Unamir, dans un premier temps présente plusieurs versions, comme la plupart des contes, vu que c'est une des trois caractéristiques du conte en général.
Ces trois caractéristiques se présentent comme suit:
1- L'Oralité: le conte appartient au patrimoine oral.
2- La fixité relative: C'est le fait qu'un conte se retrouve adapté d'une région à une autre, de sorte à garder un schéma actantiel majeur, bien les détails mineurs puissent être altérés, et donc présenter plusieurs variantes.
3- Récit d'une fiction: Le conte est un récit imaginaire, qui appartient à la mémoire collective.
Quant aux versions qu'on retrouve de Hmou Unamir, on peut en citer trois en nous appuyant sur un seul détail qui change, ou plutôt un seul personnage:
Dans la version supposée, "originale", l'action se présente comme suit:
Tanirt, pour épouser Hmou Unamir, a exigé une maison, caractérisée de sept portes, de sorte à ouvrir l'une pour se retrouver face à l'autre.
Tanirt y habite pendant un certain temps, mais la mère de Hmou Unamir, qui ignore l'existence de tanirt, va soit s'en rendre compte, soit être informée.
C'est là le détail pertinent de plusieurs versions:
1- Lqendil:
Cette version rapporte que Hmou Unamir et Tanirt, pour éviter de se faire remarquer, mange dans un même coté du plat de nourriture. De sorte à feindre qu'une seule personne a mangé du plat.
Un jour, lqendil à cours d'huile s'éteint, et Hmou Unamir et Tanirt, laisse la trace que deux personnes ont mangé du plat, ce qui confirme les soupçons de la mère, qui par suite s'attaquera à Tanirte.
2- Le diable:
Cette version est celle chantée par Wahrouch, on peut comprendre une influence de la part de la religion.
Dans cette version le diable se métamorphose en humain et informe la mère de l'existence de Tanirte.
3- Hasard:
La troisième version rapporte que Hamou Unamir avait l'habitude de garder le trousseau de clé avec lui, un jour en partant à la chasse, il l'oublia, et sa mère le trouva et ouvra toutes les portes une après une, pour tomber sur Tanirte.
Ce sont les trois versions que je connais, mais il y en a sûrement d'autres!
Ahmad annamir sont pas des histoires ou des mythe de amazigh peuple ils sont des histoires apporter par les arabe de l orient et ils les'on raconte' partout aus enfants amazigh orphelin qui sont
adopter par les arabe apres avoir tue leur parent qui ont resister a l' invasion beduine.
Egidr a écrit :
Ahmad annamir sont pas des histoires ou des mythe de amazigh peuple ils sont des histoires apporter par les arabe de l orient et ils les'on raconte' partout aus enfants amazigh orphelin qui sont
adopter par les arabe apres avoir tue leur parent qui ont resister a l' invasion beduine.
Qu'est ce que tu racontes Igider, c'est parfaitement faux, surtout pout Hmou Unamir.
Il y a effectivement des contes arabes rapportés par les invasions arabes, surtout des bani Helal, entre autres, mais pas celui-là à gwma.
Le conte de Hmou Unamir présente des caractéristiques très intéressantes, qui le situe parmi le répertoire mondial des contes, tout en lui donnant une place assez honorable.
Le Héros:
Si tout conte a forcément besoin d'un Héros, Hmou s'accapare cette tache qu'il remplit à merveille, n'hésitant pas à consacrer plus de trente-cinq ans de sa vie à la recherche de son amour. Il n'hésitera encore moins à défier les cieux, et les traverser à l'aide d'Igider, bien que sa fin soit tragique, ce héros représente la quête pour l'amour, au-delà de tout obstacle, puisse-t-il paraître impossible.
Le personnage merveilleux:
Si l'on est accoutumé à rencontrer au sein des contes français des personnages défiant toute nature, dont à la fois la force, les pouvoirs magique, sortent de l'imaginaire, à l'instar des Fées, des Nymphes, des Nains, des Gnomes, des Dragons, des Géants, des Lutins, des Sirènes (etc..); et bien le conte ne manque pas non plus d'originalité. Celui de Hmou Unamir, nous présente, Tanirt, un ange, tant par la beauté que par nature, elle descend du septième ciel pour subtiliser le cœur de Hmou Unamir, et s'envoler au-delà des cieux, aux frontières des mondes.
Tanirt, l'ange, est une influence de la religion islamique, qui fait d'ailleurs de la croyance aux anges entre autres, un élément primordiale et un de ses percepts. Donc nous pouvons très bien imaginer son influence sur la mémoire collective, au point d'y frayer un chemin pour se graver au sein de ses contes.
Tanirt, est le seul personnage merveilleux du conte, bien qu'elle ne fasse pas usage de ses pouvoirs, si l'on suppose
quelle en possède ? Elle démontre sa particularité, non seulement en pouvant parcourir les cieux, chose pas très gratifiant sachant qu'on parle d'un ange, mais surtout elle se métamorphose en pigeon, peut être est ce là un réel aperçu de sa particularité?
Métamorphose:
Si les contes français ne tarissent pas sur les métamorphoses, surtout si l'on se réfère à Mme d'Aulnoy, qui nous présente un éventail de personnages, qui sortent d'un temps autre que le sien, voire d'un monde autre que le nôtre. nous citerons, le Nain jaune, Babiole, Le mouton etc..
Pour Tanirt, son unique transformation consiste à se métamorphoser en pigeon pour pouvoir accéder au septième ciel, chose assez bizarre, dans la mesure où Tanirt est supposé être un Ange, donc de facto peut voler!
Les animaux qui parlent:
Avant de d'aborder ce thème, rappelons que les amazighs ont une croyance très primitive, qui remonte aux religions animistes et panthéistes, à savoir qu'ils croyaient qu'à un moment de l'histoire, il y a bien longtemps de cela, les créatures parlaient, toutes les créatures, les animaux, les pierres, les arbres, les insectes etc..
On retrouve donc tant dans le conte amazigh, que dans bien d'autres répertoires ces animaux qui parlent, nous pouvons en illustrer trois exemples de trois cultures différentes bien que rapprochées, sans nier une éventuelle influence l'une sur l'autre:
1-Les contes amazighs: Nous retrouvons surtout les contes de 3ami Boumhend, cet animal doué d'une intelligence et qui a travers ses péripéties parvient à berner ses opposants, à la fois entre l'hilarité et le sérieux de la morale, le conte amazigh dévoile tout un éventail de contes, donc les heros-animaux s'alternent au plaisir de l'auditeur.
2- Les contes arabes:
Le livre de Kalîla wa Dimna, nommé également Fables de Bidpaï, est une compilation de fables indiennes traduites en arabe par Ibn al-Muqaffa' vers 750. Destiné à l'éducation morale des princes, ce recueil a pour héros deux chacals nommés Kalîla et Dimna.
Le premier manuscrit (arabe 3465), probablement copié en Syrie vers 1220, est caractéristique de la période classique tandis que le second (arabe 3467) est exécuté vers 1350 sous les Mamelouks.
"Kalila wa Dimna" présente un éventail de contes orchestrés par des animaux, avoir un but avéré, qui non seulement s'étend à la morale, mais surtout à la politique.
3- Les Fables de La fontaine:
C'est en 1668, le 31 mars que Jean de la Fontaine fait paraître son premier ouvrage : « Les Fables Choisies ». Ce recueil contient 124 fables réparties en 6 livres. Dédié au Dauphin, il obtient un succès éclatant. Jean de la Fontaine est alors âgé de 47 ans !
Il publiera ensuite régulièrement de nouvelles fables jusqu'à l'age de 72 ans. Son dernier recueil paraît en 1693, le 1er septembre. Il reprend des publications antérieures et dix fables inédites.
Les fables de La fontaine, présente des fables, qui relatent des histoires d'animaux qui, tout comme Kalila wa Dimna, dont La fontaine se serait inspiré, passe de la morale au politique.
Quant à Hmou Unamir, le conte présente deux animaux qui doués de parole, il s'agit du fidèle destrier de Hmou Unamir, son cheval, et de Igider, qui tout comme son cheval le portera au septième ciel.
jawariya
24/11/2005, 01h06
Quand l'imam remarque le henné sur les mains de Hmou Unamir, il ne réagit pas différemment? Certes il est déçu mais il n'y a pas une version ou il le frappe?
Effectivement Ultma Jawariya, si nous lisons attentivement les deux versions proposées par Mondeberbere.com, nous remarquons que de la version tachelhite à la version version française, certains détails sont filtrés. Certains pourraient considerer cela comme inevitable car ces détails sont assez mal perçus dans la langue de Moliere, voir dans sa culture.
Nous nous contenterons de citer le passage qui represente le fait que Hmou Ounamir soit battu par le Fqih, dans les deux versions:
Version Tachelhite:
Yan was gh ussan, ar isêhssu ttâlb imêhdârn, yan s yan, aylligh telkem twala Hêmmu. Immattid s tama nnes, imel asen udem n tallûht s ufus afasi, ar îhssu... imik s en îzra ttâlb lhênna gh ufus nnes âzelmad. Yamêz dars ttâlb tallûht isdu ten d ughrab, yiri gis ad as imel ifassen nnes s ssin. Lligh as tnin ifser Hêmmu, yaf tnin kwlan s lhênna, isaqsa t ttâlb : "max ad teghwmit ifassen nnek s lhênna ? Is tgit taàyyalt neghd tameghart ? nettenti ka ad ighwemmun lhênna ?" Irard fellas Hêmmu s tghawla : "Ur ssengh a sidi, ad ed ukan nkergh zik, afegh d ifassen inu ighwma yyi ten kra ! Ur ifels ttâlb s wawal nnes, yakwi d fellas s ukuray d tâzît, azekka dagh ghikan. S tugget n ukuray d ughruc, ur sul îzdâr Hêmmu ad izzigiz, ayelligh akw ihâca ixef nnes ula timzgida.
Version française:
Comme chaque soir, avant de quitter l’école, Ahmed u Namir revoyait ses récitations ; ce soir là ce qu’il craignait tant arriva : le fqqih aperçut ses mains ornées de henné. Il lui dit : " Montre tes mains ! Comment oses-tu faire cela ? Tu n’es pas une fille ou une femme, je suppose ".
Ahmed u Namir essaya d’expliquer en vain ce mystère à son maître, celui-ci était déçu de voir son meilleur élève lui faire une telle offense. Le fqqih fixa longuement les dessins et se livra à une profonde réflexion. Il réalisa alors que ces ornements ne pouvaient être l’œuvre d’un être humain, mais celle d’une houri. Il présenta ses excuses à son élève et lui dit : " La nuit reste éveillé, prend avec toi une aiguille et du fil. Quand les houris viendront, tu commenceras à coudre en faisant semblant de dormir ".
Le détail de la punition, est censuré dans la version française, ce qui fausse l'image du Fqih et du contexte relationnel entre le Fqih et amhdar, surtout dans la mesure ou le fait de battre un eleve dans une ecole coranique, par le Fqih, est une chose assez normale, voir recommandée, de sorte à lui inculquer tout le savoir, et l'obliger si besoin est d'apprendre malgré lui.
Donc la version française s'adapte à la societe de la traduction, en perdant les motifs qui caracterise justement tant l'acte en soi, que la societe source elle-meme.
La Traduction est elle une trahison pour nos contes amazighs?
Qu'est ce que vous en pensez?
La Traduction est elle une trahison pour nos contes amazighs?
Qu'est ce que vous en pensez?
Non, je ne pense pas que la traduction est une trahison pour les contes amazigh. Ca les rend plus accessibles à ceux qui n'ont pas le privilège de bien comprendre cette langue.
Une bonne traduction doit être fidèle au texte d'origine et rétablir au plus près son sens.
quant à Hmou ounamir (chez moi on dit M'hmd Ounamir ..!), je pense qu'il y a bcp de versions en fonction des régions peut-être. Je connais celle qu'on m'a racontée des dizaines de fois, où il ya de temps en temps des morceau chantés, notamment quand M'hmd Ounamir parle à l'aigle ou quand sa mère se lamente à la fin.. c'est très émouvant !! (je me renseigne et j'essaie de poster les paroles des chants ...)
Vous connaissez cette version ??
;-)
jawariya
25/11/2005, 22h56
oui je la connais cette version Kika.
Quant aux traductions cela permet de rendre le conte ouvert à plus de monde et permet aussi de toucher d'autres cultures!
Le but du conte est quand même sa morale et pour ça je pense qu'il doit s'adapter en fonction des peersonnes qu'ils visent.
Pour les berberes, le fait que le talb est frappé Hmou n'est pas tres grave puisque la plupart d'entres nous sont forcement passé par là, par contre pour ce qui est d'autres personnes d'autres origines,se passage peut être très choquant! vous voyez bien que chez les contes français, on trouve rarement ce genre de violence! Même la grand mère qui est mangé par le méchant loup en sort vivante à la fin!!!!!
tatamargue
26/11/2005, 18h44
slam nr'bi flawn, azul ne Tata
En effet a gma Tak, je considère pour ma part qu'il s'agit d'un déguisement de la version originale. Dans la culture euopéenne il est inconcevable de "battre" ou "taper" un être humain surtout quand il s'agit d'un jeune (enfant ou adolescent), le statut de l'enfant tient un rôle implaccable dans la société (cf Déclaration des droits de l'enfant)donc le but de cette modification est effectivement de préserver ce statut face à un public dit "sensible".
Quand aux différentes versions selon les régions comme l'a souligné Kika, en effet il y à plusieurs variantes, à Tata par exemple Hammu Unamir serait tombé du ciel et aurait laissé la trace des ses mains dans un endroit bien précis appelé Tagoujgalte, un fossé creux situé ghe Assif du village Agoujgal à Tata, la trace de ses mains serait encore visible selon les habitants de Tata et cette version est encore raconté de nos jours aux plus jeunes, je suis allée sur le lieu, qui est acollé à mon village Agadir Lahna, en été 2003 mais comme il pleuvait et qu'à l'endroit précis il y avait une chute d'eau je n'ai pas pu voir ..mais ça reste la version du conte à Tata. ;-)
Tanmert
tawmazte ne tezwa toufe achwari nizane
jawariya
26/11/2005, 20h27
Tu iras voir pour nous la prochaine fois, tata ;-)
il y a autre chose à dire sur ce conte takfarinas?
Salam!!
Il s'agit là d'un sujet interressant Hmou Ounamir est le premier conte Amazigh qui est raconté chez nous ichelhines.
Moi je ne connais que la version chanté par Le défunt Omar Wahrouch.
J'ai egalement regardé le film qui est composé de deux parties, et là il n'est pas question de mariage entre Tanirt et Hmou, et il ya la présence du diable qui va tout faire pr séparer Hmou de Tanirt lorsquil va partir à sa recherche, le diable va meme prend forme humaine de Tanirt.
Pour moi la morale de l'histoire est que quoi qu'il arrive, ou qu'on ailles, on ne pourras jamais vivre sans l'amour de sa mére et sans séparer ou l'oublier.
wasalam
jawariya
26/11/2005, 21h53
jawariya
26/11/2005, 22h08
taoudadente a écrit :
Pour moi la morale de l'histoire est que quoi qu'il arrive, ou qu'on ailles, on ne pourras jamais vivre sans l'amour de sa mére et sans séparer ou l'oublier.
wasalam
Oui c'est vrai taoudadente.
Mais je trouve que de ce conte, on peut en ressortir plusieurs significations. Là, il ne faut pas se contenter de la morale! Tout au long du récit, qui touche quand même plusieurs domaines mine de rien, on a plusieurs choses à en tirer.
Il m'a toujours fasciné ce conte!
Oui exactement Ultma Jawariya.
Ce conte révéle aussi l'importance de La Religion pour Hmou, qui où qu'il soit accomplit ses priéres et garde foi de sa destinée notmament lorsqu'il est mis à l'épreuve par le diable.
Hemou unamir n est pas une Hitoire Tamazight , c est sont des Histoire apporter par les invasistes , Ma grand mere m a racontee l istoire et ma dit aussi que l' istoire et arabe et racontee devant les mosquees et au Halkas, avec la culture berbere n a rien a faire. l istoire origine s' appele Ahmed annamir = ahmed le Tigre.
Cher Igider, personne ne peut etre catégorique la dessus, meme pas les grands specialistes, avec tout mon respect pour ta grang-mere, la durée d'une vie par rapport à l'age d'un conte est tellement insignifiant.
Les contes font partie de ce que Henry Basset (Cf: Essai sur la litterature orale des berberes, these de doctorat, 1920, ALger, Carbonnel) appelle "une activité PRIMITIVE", autrement dit elle remonte si loin qu'on ne peut la situer dans le temps que vaguement.
Je suis d'accord sur les influences des invasions arabes, les Bani Hilal et les Souleymanis entre autres, mais je me permets d'avoir des reserves sur Hmou Unamir.
Dire qu'il provient de Ahmed Annamir (Ahmed Le tigre), nous rapproche du Shakespear dit Acheich Zoubair! Pour moi, une coincidence phonologique, vraiment pas plus!
Pour ce qui est des influences arabes j'y reviendrai surtout en te la demontrant sur un personnage du conte amazigh. Je ne t'en dis pas plus, ça ne serait tarder.
Tanmmirt pour tes participations.
takfarinas a écrit :
La Traduction est elle une trahison pour nos contes amazighs?
Qu'est ce que vous en pensez?
Toute traduction constitue nécessairement une trahison de l'histoire du départ dans la mesure où lorsqu'on traduit on ne peut que trouver des équivalences et qu'on ne peut pour cela rester fidèle au "texte"On est obligé de l'altérer pour qu'il soit compréhensible... Ce qui est dommage c'est qu'il perd "un peu" de sa force, de son intensité... il y a des émotions par exemple qui ne passent pas aussi bien en français qu'en tachelhite, pour cela une modification est nécessaire pour essayer d'exprimer la même chose et produire les mêmes effets.... l'essentiel reste tout de même inchangeable !
Je suis d'accord avec toi Akika. La traduction est a la fois le moyen de mettre a disposition notre culture pour bon nombres, mais force est de reconnaitre qu'on ne peut que l'alterer par le meme biais!
I- les Etres surnaturels :
1- Les Démons : (Les Jnoun / Les Djinns).
Dans les contes français de notre corpus, nous pouvons remarquer leur totale absence, puisque les fées sont là pour représenter cette force du surnaturel. Quant aux contes Berbères, le démon ou le djinn est un personnage qui « semble avoir subi l’influence des conceptions orientales, il est un être surnaturel de catégorie analogue, […] il semble répondre à de vieilles traditions berbères : c’est la fée » .
« En Afrique, on en est venu à nommer génies ou djinns toutes sortes d’esprits, autres que ceux des défunts, difficilement classables parmi les dieux ou les démons [..] Cette appellation s’applique en fait plutôt à des entités spirituelles ou divines ayant pour fonctions d’aider les individus à réaliser au mieux leurs projets » .
Dans l’univers religieux musulman, nombre de penseurs précisent que l’Islam est centré sur le monothéisme, cependant la création musulmane n’est pas faite de vide entre Allah et les hommes, les Anges, djinns et autres le comble. Les djinns ne sont pas des représentations légendaires ou une invention populaire, mais une création divine attestée par le Coran, qui les mentionne à plus de vingt reprises : « Il (Dieu) a crée les djinns d’une langue de feu. » ( Coran,55,15) « Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour l’adoration. ». Le Coran indique aussi que certains personnages comme le roi Sulaymân (Salomon) se font obéir par des armées de djinns (Coran,27,17) « qui travaillent sous ses ordres » (Coran,34,12) .
Les djinns sont favorisés par leur caractère invisible et par la possibilité qu’ils ont de se métamorphoser en n’importe quel animal, ce que nous retrouvons dans les contes. Les djinns portent chacun un nom et appartiennent à des ethnies diverses. Le Coran parle d’une de ces sortes de djinns appelée ‘ifrît (27,39) et ce nom, parfois devenu ‘afrit, est un synonyme de djinn.
Rappelons que la plupart des berbères sont des musulmans, donc cette attestation divine de l’existence de ces créatures fabuleuses ne fera qu’accentuer la croyance et donner matière aux contes qui se transmettrons pendant longtemps. Et c’est ainsi que nous retrouvons ces fameux protagonistes dans bien des contes.
Concernant leur représentation dans notre modeste corpus, les djinns figurent dans trois contes, figurations qui ne se ressemblent pas, car elles nous présentent trois attitudes, parmi d’autres, des djinns :
Dans le conte Kabyle, « H’ellak et Mellak », les djinns habitent une terre que nul ne peut atteindre, le héros devra faire appelle aux pouvoirs de sept Ogres, qui le transporterons à tour de rôle de très grandes distances, mais parcourues en un clin d’œil. Une fois sur place, le père de Mellak frappe Saïd avec sa gigantesque dalle de fer qui s’enfonce sept mètres dans le sol, ce qui démontre la force du djinn.
Ces djinns vivent en famille, les parents et leurs sept enfants. Saïd se mariera avec leur fille. Ce qui confirme la croyance que des humains peuvent prendre des djinns en mariage. Mais le pouvoir immense du cadet des djinns, nommé « celui-sur-lequel-on-peut-compter », apparaît quand on lui demande en combien de temps il transportera le couple et deux ânes chargés d’or, parcourant la distance que les Ogres n’ont pu parcourir qu’à sept ; sa réponse est étonnante : « il leur suffira de fermer les yeux et de les ouvrir », en un clin d’œil la distance est abolie. Cet exemple démontre l’immense pouvoir des djinns, même par rapport aux Ogres considérés comme puissants.
Le deuxième conte Kabyle, dans lequel figurent les djinns, dont le titre est « Le fils de roi des génies, le boucher et celui qui vendait de la laine » 31, représente le pouvoir qu’ont les djinns à se métamorphoser, comme dis précédemment, en n’importe quel animal. Cette fois, le djinn se transforme en chien errant et vole une épaule de veau au boucher, qui le frappe avec une hache. Un vendeur de laine, intervient et défend le pauvre chien, et paie l’épaule au boucher. Plus tard, le bienfaiteur sera récompensé avec abondance en or. Alors que le boucher sera tué, au marcher, par un invisible qui le frappait avec un gros bâton, jusqu’à la mort. C’était bien sur le fils du roi des djinns. A la fin du conte, au marché, on disait qu’il avait été tué par un djinn, donc ce fait n’est pas tellement étranger à la croyance de ces gens.
Le troisième conte provient du Maroc, dont la culture berbère est presque similaire à celle des berbères d’Algérie. « Asiwane Amazigh », nous présente une autre figure de ces êtres terribles, leur côté maléfique :
Une femme qui ne pouvait supporter la seconde femme de son mari, va dans une grotte connue pour être le refuge d’un génie maléfique. Il lui donne une incantation pour transformer la pauvre femme en vache. La méchante femme avancera à son mari que la victime a été emportée par le torrent d’un Oued , et qu’elle a du mourir. Ce conte représente la complicité des djinns aux humains dont le cœur est noir. Il est très courant dans la société marocaine, notamment berbère, de parler de magie dont les protagonistes sont les djinns. Ils sont invoqués à des fins maléfiques par des incantations et des rituels sanguinaires.
Ce que nous pouvons retenir de ces trois contes, c’est que les croyances des berbères, en occurrence l’Islam et certaines croyances qui restent des temps paganistes, sont reflétés clairement dans les contes.
Quant aux contes français, nous rappelons que les djinns, génies ou démons ne figurent pas dans les contes de notre corpus, et ce afin d’éviter d’étendre ce jugement à tous les contes français, ce que nous ne pouvons certifier.
Cependant, nous pouvons apporter quelques informations de plus pour ce qui est des djinns dans les contes berbères. Tout d’abord, toute description physique est totalement absente, et nous supposons que c’est le cas dans tous les contes berbères, pour la simple raison qu’il s’agit de forces invisibles. Donc, personne ne pourrait les décrire. Ajoutons aussi qu’au sein de la communauté berbère, les djinns sont très craints et personne n’oserait se risquer à la description de telles créatures.
Quant à ce que nous appellerons ci-dessus, dans le tableau récapitulative suivant, les traits moraux : à savoir leurs comportements vis-à-vis des personnages et notamment du héros du conte. Les djinns, ne s’affichent ni en qualité d’adjuvant, ni en qualité d’opposant. On peut les retrouver comme personnages auxiliaires qui permettent à un autre personnage, opposant pour le cas de Asiwane amazigh, de venir à bout d’une concurrence, sans pour autant atteindre le héros en lui-même. Donc, les djinns ne se retrouvent pratiquement pas face au héros.
Malgré leur cruauté, ils ne sont pas anthropophages, cette dernière apparemment spécifique à l’ogre. Cela dit, ils le surpassent en pouvoirs magiques. Dans le conte Hellak et Mellak, le djinn Celui-surlequel-on-peut-compter a parcouru en un clin d’œil la distance, que ne pouvait parcourir que sept ogres en relais. Ce démontre assez clairement la supériorité des djinns par rapport aux ogres.
Enfin, on ne pourrait pas dire que les djinns occupent dans le conte berbère, la position qu’occupe la fée dans les contes français. Les djinns sont des créatures qui dépassent le commun des mortels. Pourtant, les fées, bien qu’appartenant à ce monde occulte et ésotérique, agissent au sein de la communauté en connaissance de tout le monde, et surtout en tant qu’adjuvant dans la plupart des cas.
Biliographie:
52Ils sont désignés par démons, esprits, djinns (démons en Berbère : lej’n plur : ljnoun, d’origine arabe Al-Jin).
53Henri Basset, Essai sur la littérature orale des Berbères, ouvrage cité.
54Catherine Pont-Humbert, Dictionnaire des symboles, des rites et des croyances, ouvrage cité.
55Traduction du Coran. Sourate Ar-rahman : (le Miséricordieux).
56Traduction du Coran. Sourate An-naml : (les Fourmies).
jawariya
04/12/2005, 11h58
Tanmmirt Takfarinas pour ces précisions.
Les djinns ont toujours eu une connotation négative chez nous. Qui parle de djinns parle du mal!
Mais tout comme l'Homme, les djinns vont être jugés le jour du jugement. Ils ont les même droits et devoirs en Islam que nous humains.
C'est un jugement erroné que nous donne ces contes enfin pour celui de "Asiwane Amazigh". Non?
jawariya a écrit :
C'est un jugement erroné que nous donne ces contes enfin pour celui de "Asiwane Amazigh". Non?
Si j'ai bien compris ton raisonnement, tu nous dis que les djinns ne sont pas forcément méchants comme il est décrit dans Aziwane amazigh.
Hors ce conte est celui qui se rapproche le plus de la réalité de la société des humains, même celle d'aujourd'hui. Il nous présente, une personne qui haie une autre! Cette jalousie la mènera à invoquer les pouvoirs d'un terrible Djinn pour l'aider à transformer la seconde femme de son mari en vache, puis la tuer, et même la manger!
Ce conte est d'autant plus intéressant qu'il nous présente non seulement l'archétype de la sorcellerie en générale que nous pourrions résumer comme suit:
Méchant--Jalousie/ Haine--Sortilège--Etre Maléfique-- Moyen (Talisman)-- Victime.
Ce conte ne s'inscrit pas, du moins pour ce qui est de cette action, dans le merveilleux, puisque les pouvoirs des djinns sont attestés par diverses sources! Mais il reflète la pure et dure réalité de la société!
Je vais essayer sur ce post de vous raconter ces contes certes en resumer, mais il ne perdront pas de leur attractivité pour autant.
En plus de quelques reflexions personnelles sur le sujet, des reflexions qui pretent a discussion! Puisque je revendique le droit à l'erreur!
Donc Prochain Conte:
Aziwane Amazigh.
jawariya
07/12/2005, 17h24
takfarinas a écrit :
Hors ce conte est celui qui se rapproche le plus de la réalité de la société des humains, même celle d'aujourd'hui. Il nous présente, une personne qui haie une autre! Cette jalousie la mènera à invoquer les pouvoirs d'un terrible Djinn pour l'aider à transformer la seconde femme de son mari en vache, puis la tuer, et même la manger!
D'accord sur le fait que le conte se rapproche le plus de la réalité de la société humaine, mais en même temps elle donne une image erronée des djinns.
Les djinns ne sont pas tous méchants quand même!
takfarinas a écrit :
Je vais essayer sur ce post de vous raconter ces contes certes en resumé, mais il ne perdront pas de leur attractivité pour autant.
En plus de quelques reflexions personnelles sur le sujet, des reflexions qui pretent a discussion! Puisque je revendique le droit à l'erreur!
Donc Prochain Conte:
Aziwane Amazigh.
Je l'attend avec impatience gma takfarinas...
Pas besoin de résumé, ar faght en intégralité iRbi :-D
melja60 a écrit :
takfarinas a écrit :
Je vais essayer sur ce post de vous raconter ces contes certes en resumé, mais il ne perdront pas de leur attractivité pour autant.
En plus de quelques reflexions personnelles sur le sujet, des reflexions qui pretent a discussion! Puisque je revendique le droit à l'erreur!
Donc Prochain Conte:
Aziwane Amazigh.
Je l'attend avec impatience gma takfarinas...
Pas besoin de résumé, ar faght en intégralité iRbi :-D
Je ne peux pas a gwma, ce sont des contes sur lesquels j'ai travaillé, mais qui sont en bouquin, je peux te donner les references si tu veux, mais pas tout le conte.
D'accord pour les références... On peut se les procurer n'importe où??
UN DES DEUX RECUEILS DE CONTES. (http://www.amazighweb.com/modules/wordbook/entry.php?entryID=58)
melja60 a écrit :
takfarinas a écrit :
Je vais essayer sur ce post de vous raconter ces contes certes en resumé, mais il ne perdront pas de leur attractivité pour autant.
En plus de quelques reflexions personnelles sur le sujet, des reflexions qui pretent a discussion! Puisque je revendique le droit à l'erreur!
Donc Prochain Conte:
Aziwane Amazigh.
Je l'attend avec impatience gma takfarinas...
Pas besoin de résumé, ar faght en intégralité iRbi :-D
Si je tarde a repondre c'est que nous avons trouvé un moyen de les mettre à votre disposition, moi Tatamargue et Jawariya.
Donc nous attendons l'ouverture des universités pour commencer un grand projet! Dont les contes feront partie.
Donc patience!
Bonjour à tous et à toutes; je tiens à participer à cette rubrique qui est passionnante. Parler du conte amazigh est en effet un excellent moyen de connaître notre culture et imaginaire, dicerner les contours de notre identité. C'est aussi un excellent moyen pour fixer la langue tamazight, l'apprendre et la transmettre aux générations futures.
Le conte Hmmu Unamir, est typiquement amazigh par bien des traits, contrairement à ce que avance Igider: je citerai par exemple cet attachement viscéral du fils à sa mère, qui caractérise la mentalité berbère où la mère est sacralisée, contrairement à la tradition bédouine arabe où la femme est effacée, voilée. Dans la première partie du conte les femmes ( les jeunes filles) sont présentes, elles sont amoureuses de Hmmu unamir qui ne fait pas attention à elles. La présence de l'élément féminin place donc le conte dans un cadre méditerranéen, atlassique et non oriental.
Autre aspect: le conte débute dans un village, il a pour décor des maisons, des constructions, un lieu stable et fixe, ce qui est une caractéristique amazigh, peuple fondamentalement sédentaire, bien qu'il existe des nomades, la société amazigh est attachée à la terre, à la maison construite en dur: Hmmu unamir justement va construire cette maison ( tighermt ) pour protéger son amour.
Quand bien même ce conte aurait une origine étrangère, oriental ou autres, la tradition amazigh l'a adopté, l'a adapté à notre mentalité ( amour, courage, épreuves, pitié, sacrifice de soi...): le conte est transmis en langue tamazight ce qui en fait un élément culturel berbère.
Autre caractéristique de l'amazighité de ce conte, son oralité: le conte Hmmu unamir n'a pas été fixé par écrit, comme 'est le cas des contes arabes ou perses qui nous sont parvenus. Hmmu unamir ne s'est transmis jusqu'à nous que grâce à la tradition orale, ce qui est la cause des différentes versions que nous en possédons. Les troubadours ( chanteurs, rways ) imazighen l'ont très bien compris, puisqu'is véhiculent ce conte de manière orale, chantée, au gré de leur inspiration et imagination.
Les contes arabes sont fixes, écrits ( c.f Kalila wa Dimna ), les contes Amazighs ne possédent qu'un schéma de base, comme la trame d'une tapisserie toujours identique, sur laquelle des éléments différents viennent s'ajouter ou non, au gré de l'imagination du conteur.
Ar tayyad
Voici comme promis une adaptation personnelle du conte célèbre Hemmu Unamir; c'était ma contribution modeste, sous forme de feuilleton, à une publication amazighe qui j'espère verra le jour. Destinée à un public très restreint audébut je voudrai en faire profiter ici le plus grand nombre.
J'espère que les puristes, les tenants du conte original ne m'en voudront pas d'avoir rajouté des étapes nouvelles à la quête de notre héros, d'en avoir changé d'autres qui je considère- personnellement- ne reflètent plus notre sensibilité d'aujourd'hui. J'ai aussi désiré sortir ce conte de son contexte spécifiquement chleuh pour lui donner une portée plus universelle et plus actuelle. Je ne sais pas si cet objectif serait atteint.
L'histoire de Anamir prend ici de l'ampleur car dans la version initiale beaucoup d'étapes sont très succintes, à peine esquissées et ne laissent pas beaucoup de place à l'imaginaire. Le conte devient ici un roman fantastique avec davantage de péripéties et une analyse plus profonde des sentiments du personnage principal. Bien- sûr je n'ai pas pu m'empêcher de donner à l'histoire une coloration plus actuelle, militante, qui replace cette légende dans un contexte contemporain, relatif aux revendications identitaires et culturelles de notre peuple. Hemmu Anamir contient en effet, au delà de son aspect merveilleux, les questionnements essentiels d'une communauté et son destin tragique, avec une lueur d'espoir à la fin.
L'accent est mis sur la quête, comme dans le conte original, un voyage du trivial vers le sublime ( terre/ ciel ), de l'impuissance vers la liberté et la réalisation de l'idéal, de l'ignorance vers la connaissance. Car ce qui m'a séduit dans ce conte c'est sa force symbolique permanente, son aspect allégorique qui au-delà des siècles s'adresse toujours aux lecteurs contemporains.
Les illustrations apparaitront au fur et à mesure de la mise en ligne. Merci pour votre lecture, vos commentaires et votre indulgence. Atanane.
Ce récit paraîtsous forme de feuilleton dans le forum de Souss.com, dans la section culture. Une sous- rubriqueest destinée aux commentaires. tanmirt.
http://souss.com/forum/showthread.php?t=6276
tagadirte
28/03/2008, 22h47
Amanar...merci de continuer à alimenter notre imaginaire à travers ce post.
Aziwane Amazigh ?
Tanmmirt Ultma Tagadirt pour cette relance, d'un topic qui me tant tient à coeur. Il est vrai que nous sommes engagés sur bien des chantiers, et parfois on en oublie meme les plus passionnants.
Je te promets de te raconter "azawan amazigh"! LOL si tu promets de ne pas t'endormir sur ton clavier.
tagadirte
28/03/2008, 23h41
Aucun risque a gma, j'attends ton texte avec impatience.
Voila Ultma, une chose promise est une chose due!
Il était une fois Asiwane amazigh (http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/12/83/54/etudes/CONTES/asiwane-amazighe.pdf)
bonne lecture!
tagadirte
08/04/2008, 21h26
Voila Ultma, une chose promise est une chose due!
Il était une fois Asiwane amazigh (http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/12/83/54/etudes/CONTES/asiwane-amazighe.pdf)
bonne lecture!
Merci Amanar mais je n'arrive pas à accéder au fichier :o
Merci Amanar mais je n'arrive pas à accéder au fichier :o
C'est un fichier pdf..verifie que t'as adobe acrobat
tagadirte
08/04/2008, 21h39
C'est un fichier pdf..verifie que t'as adobe acrobat
Bonsoir Agoram,
Non, en effet, je vais installer cet "acrobate" sur mon pc.
Merci
Bonsoir Agoram,
Non, en effet, je vais installer cet "acrobate" sur mon pc.
Merci
Je ne suis là que pour vous aider....
tagadirte
11/04/2008, 22h35
Voila Ultma, une chose promise est une chose due!
Il était une fois Asiwane amazigh (http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/12/83/54/etudes/CONTES/asiwane-amazighe.pdf)
bonne lecture!
Amanar, "Asiwane amazigh" est la version berbère de "Cendrillon" ou est-ce ce conte qui s'est inspirée de "Asiwane Amazigh" ?
Amanar, "Asiwane amazigh" est la version berbère de "Cendrillon" ou est-ce ce conte qui s'est inspirée de "Asiwane Amazigh" ?
Chez nous à Taznaght cette histoire est connue sous le nom de "mmighd"
je rappelle que ighd= cendre
Chez nous à Taznaght cette histoire est connue sous le nom de "mmighd"
je rappelle que ighd= cendre
Oui mais je crois qu'on l'appelle plutot: MARS IGHD, M: celle, (qui) ARS:ramasse, IGHD:les cendres.
Tagadirt: Est ce qu'il est inspirée de Cendrillon? Est ce que Perrault s'est inspiré d'un autre ?
Oui certainement, sans que je pretende que ce soit dans cet ordre!
Car existe ce qu'on appelle la littérature mondiale des contes, elle a en commun un certain nombre de thèmes, qu'on retrouve dans les quatre coins de la planète, sans qu'on sache vraiment le comprendre ou l'expliquer.
De ces thèmes par exemple: le petit qui bat le grand, l'animal qui aide son maitre, la servante qui devient princesse..etc
Donc on ne peut pas vraiment dire que Hamadi s'est inspiré de Parrault. Puisque ce serait:
1: Renier l'étiquette même "conte berbère", ce ne serait soit qu'une traduction de Cendrillon, soit Hamadi revendiquerait une auctorialité, ce qui est contre le principe même de la collecte.
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