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Voir la version complète : Symboles Touaregs et poême Touareg.


Arnold
08/01/2006, 23h14
Bonjour !

J'essaie de me familiariser avec la culture Touareg qui me fascine, plus particulièrement en relation avec tout ce qui concerne les arbre et les plantes.

Y-a-t-il un symbole par lequel les Touaregs représentent un "arbre" et si oui, quel est il ?

Une autre question, où plutôt deux questions :

1 - J'ai trouvé un manifique poême de DASSINE OULT YEMMA musicienne et poétesse de l'Ahaggar ( que je cite à la fin de mon message ) dans lequel elle parle de l'écriture Tifinagh; savez-vous dans lequel de ses livres elle livre ce poême et où je pourrais trouver ce livre ?

2 - Savez-vous s'il existe une version en Tifinagh de ce poême ?

Tanimert !

Voici le poême :

"Notre écriture à nous, en Ahaggar est une écriture de nomades parce qu'elle est tout en bâtons qui sont les jambes de tous les troupeaux. Jambes d'hommes, jambes de méhara, de zébus, de gazelles, tout ce qui parcourt le désert, et puis les croix disent si tu vas à droite ou à gauche, et les points, tu vois, il y a beaucoup de points. Ce sont les étoiles pour nous conduire la nuit, parce que nous, les Sahariens, nous ne connaissons que la route, la route qui a pour guide, tour à tour, le soleil puis les étoiles. Et nous partons de notre coeur, et nous tournons autour de lui en cercles de plus en plus grands, pour enlacer les autres coeurs dans un cercle de vie, comme l'horizon autour de ton troupeau et de toi-même."

amanar
08/01/2006, 23h53
Azul (Bonjour) Arnold,
Je pense qu'il est de cette reference: La Femme Bleue, Editions alternatives, 1998.

amanar
08/01/2006, 23h55
La femme bleue, ou l’amour impossible : diptyque touareg
La femme bleue de Maguy Vautier.
samedi 24 juin 2000, par Khaled Elraz .
Maguy Vautier a écrit un livre insolite, un livre à fleur d’âme, ouvrant comme un diptyque deux histoires d’amour désespérées, à cinquante ans de distance. Singularité : les personnages sont touaregs, déchirés par les bouleversements historiques et économiques qui ont secoué le peuple du désert.
Des deux histoires qu’elle recueille et place face à face, Maguy Vautier a enregistré les bribes dans un camp de réfugiés de Niamey, où la famine a jeté nombre de touaregs. Les fragments de poèmes et de récit qu’ils lui ont transmis forment une série de gemmes qu’elle a sertis dans son propre texte, volontairement lumineux, limpide, écrit dans un style coulé, économe de mots.
Premier récit, celui de l’amour de Dassine Oult Yemma, célèbre poétesse du Hoggar, et de Moussa Ag Amastane, qui fit alliance avec les Français en 1904, et mourut en 1920, probablement assassiné. Second récit, celui de l’amour d’un jeune touareg, à la fin des années 1980, pour une amie d’enfance qu’il n’a jamais cessé d’aimer, Tazarnat.
Entre les deux, un demi siècle de bouleversements, la stabilisation de la situation politique des états africains, qui condamne à terme le mode de vie d’un peuple qui vivait des razzia et des méharées commerciales, et les conséquences des grandes sécheresses de 1973 et 1984, qui ont décimé ses troupeaux, fait mourir un à un ses chameaux, jeté ses fils vers les villes où ils habitent désormais des maisons, et louent leurs bras, en rêvant du désert et des longues marches...
Solitudes des coeurs et du désert
Ces marches où l’âme parle silencieusement aux autres âmes : " Nous ne connaissons que la route, la route qui a pour guide, tour à tour, le soleil et les étoiles. Et nous partons de notre coeur, et nous tournons autour de lui en cercles de plus en plus grands, pour enlacer les autres coeurs dans un cercle de vie, comme l’horizon autour de ton troupeau et de toi-même. " (Dassine Oult Yemma)
La souffrance de l’amour malheureux, Moussa Ag Amastane l’exprime aussi dans la solitude du désert : "Homme, il faut savoir te taire pour écouter le chant de l’espace. qui affirme que la lumière et l’ombre ne parlent pas ? " Mais il est encore, justement, cet homme libre qui peut partir solitaire et fort.
Tel n’est plus le cas de son descendant contemporain, dont les bêtes, ses seules richesses, sont mortes les unes après les autres, dont les proches sont dispersés entre les camps de réfugiés, qui ne parvient pas à retrouver, dans cet effarement d’un peuple entier dévoré par la faim, celle qu’il aime toujours, et qui est devenue, peut-être, l’épouse d’un militaire malien ? " Ne sais-tu pas, dit-il à l’absente, que la maison est le tombeau des vivants ? " Même si l’espoir le tenaille toujours de travailler pour acheter des animaux et de repartir, lorsqu’arrivera ce moment qu’il ne renoncera jamais à attendre : " La patience est la clé du temps ".
Parce que rien n’égale la sauvage noblesse qui était l’art de vivre de ses ancêtres, et qui devient chaque jour un peu plus mythique, et moins compatible avec la vie contemporaine... " Dieu a créé des pays pleins d’eau pour y vivre, et des déserts pour que les hommes y trouvent leur âme. " Et soudain voici qu’une des paroles qui traversent sa bouche nous saisit par son actualité et sa justesse : " Annoncez que l’eau doit être partagée. Annoncez-le à tous les peuples de la terre. "
La force du livre de Maguy Vautier est de dire en si peu de mots tant de choses, à la fois sur hier et sur aujourd’hui, sur le temps qui passe et sur les hommes, sur la passion et la soif, et ce qui les étanche, et d’avoir su intérioriser, pour nous les restituer, les mots et les pensées du peuple touareg, martyr de la grande sécheresse bleue de la modernité.
" Instinctivement, écrit superbement Théodore Monod dans sa courte préface, je suis toujours pour le loup, parce qu’il est libre " .
La Femme Bleue, Editions alternatives, 1998.

amanar
09/01/2006, 00h10
La femme bleue, ou l’amour impossible: diptyque touareg

Un livre à fleur d’âme pour voyager dans le passé des peuples du désert.


Maguy Vautier a écrit un livre insolite, un livre à fleur d’âme, ouvrant comme un diptyque deux histoires d’amour désespérées, à cinquante ans de distance. Singularité : les personnages sont touaregs, déchirés par les bouleversements historiques et économiques qui ont secoué le peuple du désert.

Des deux histoires qu’elle recueille et place face à face, Maguy Vautier a enregistré les bribes dans un camp de réfugiés de Niamey, où la famine a jeté nombre de touaregs. Les fragments de poèmes et de récit qu’ils lui ont transmis forment une série de gemmes qu’elle a sertis dans son propre texte, volontairement lumineux, limpide, écrit dans un style coulé, économe de mots.

Premier récit, celui de l’amour de Dassine Oult Yemma, célèbre poétesse du Hoggar, et de Moussa Ag Amastane, qui fit alliance avec les Français en 1904, et mourut en 1920, probablement assassiné. Second récit, celui de l’amour d’un jeune touareg, à la fin des années 1980, pour une amie d’enfance qu’il n’a jamais cessé d’aimer, Tazarnat.

Entre les deux, un demi siècle de bouleversements, la stabilisation de la situation politique des états africains, qui condamne à terme le mode de vie d’un peuple qui vivait des razzia et des méharées commerciales, et les conséquences des grandes sécheresses de 1973 et 1984, qui ont décimé ses troupeaux, fait mourir un à un ses chameaux, jeté ses fils vers les villes où ils habitent désormais des maisons, et louent leurs bras, en rêvant du désert et des longues marches...


Solitudes des coeurs et du désert

Ces marches où l’âme parle silencieusement aux autres âmes : " Nous ne connaissons que la route, la route qui a pour guide, tour à tour, le soleil et les étoiles. Et nous partons de notre coeur, et nous tournons autour de lui en cercles de plus en plus grands, pour enlacer les autres coeurs dans un cercle de vie, comme l’horizon autour de ton troupeau et de toi-même. " (Dassine Oult Yemma)

La souffrance de l’amour malheureux, Moussa Ag Amastane l’exprime aussi dans la solitude du désert : "Homme, il faut savoir te taire pour écouter le chant de l’espace. qui affirme que la lumière et l’ombre ne parlent pas ? " Mais il est encore, justement, cet homme libre qui peut partir solitaire et fort.

Tel n’est plus le cas de son descendant contemporain, dont les bêtes, ses seules richesses, sont mortes les unes après les autres, dont les proches sont dispersés entre les camps de réfugiés, qui ne parvient pas à retrouver, dans cet effarement d’un peuple entier dévoré par la faim, celle qu’il aime toujours, et qui est devenue, peut-être, l’épouse d’un militaire malien ? " Ne sais-tu pas, dit-il à l’absente, que la maison est le tombeau des vivants ? " Même si l’espoir le tenaille toujours de travailler pour acheter des animaux et de repartir, lorsqu’arrivera ce moment qu’il ne renoncera jamais à attendre : " La patience est la clé du temps ".

Parce que rien n’égale la sauvage noblesse qui était l’art de vivre de ses ancêtres, et qui devient chaque jour un peu plus mythique, et moins compatible avec la vie contemporaine... " Dieu a créé des pays pleins d’eau pour y vivre, et des déserts pour que les hommes y trouvent leur âme. " Et soudain voici qu’une des paroles qui traversent sa bouche nous saisit par son actualité et sa justesse : " Annoncez que l’eau doit être partagée. Annoncez-le à tous les peuples de la terre. "

La force du livre de Maguy Vautier est de dire en si peu de mots tant de choses, à la fois sur hier et sur aujourd’hui, sur le temps qui passe et sur les hommes, sur la passion et la soif, et ce qui les étanche, et d’avoir su intérioriser, pour nous les restituer, les mots et les pensées du peuple touareg, martyr de la grande sécheresse bleue de la modernité.

" Instinctivement, écrit superbement Théodore Monod dans sa courte préface, je suis toujours pour le loup, parce qu’il est libre "


Afrik.com[/quote]

amanar
09/01/2006, 00h15
http://www.bibliomonde.net/images/img_pres_long_4152.jpg (http://www.bibliomonde.net/pages/fiche-livre.php3?id_ouvrage=4152&texte_aff=infocomp)

Voici une bibliographie qui me parrait interessante sur les Touaregs

http://www.bibliomonde.net/images/img_pres_long_4143.jpg (http://www.bibliomonde.net/pages/fiche-livre.php3?id_ouvrage=4143)

PS: clique sur les images! Bonnes decouvertes!

Arnold
09/01/2006, 00h15
Azul takfarinas,

Merci de me répondre, surtout si rapidement !

Juste pour m'assurer d'avoir bien compris !

Maguy Vautier rapporte ce poême de DASSINE OULT YEMMA qui fait partie de la tradition orale et il n'existe pas de livre écrit par Dassine ?

Cela expliquerait pourquoi j'ai tant de mal à mettre la main sur ce livre ...

Relativement aux symboles avez-vous quelque chose ( première partie de mon intervention ) ?

amanar
09/01/2006, 00h20
Arnold a écrit :
Azul takfarinas,

Merci de me répondre, surtout si rapidement !

Juste pour m'assurer d'avoir bien compris !

Maguy Vautier rapporte ce poême de DASSINE OULT YEMMA qui fait partie de la tradition orale et il n'existe pas de livre écrit par Dassine ?

Cela expliquerait pourquoi j'ai tant de mal à mettre la main sur ce livre ...

Relativement aux symboles avez-vous quelque chose ( première partie de mon intervention ) ?


Je pense que c'est bien cela, Dassine n'a pas ecrit, meme si je ne peux etre affirmatif la dessus! Mais je continue mes recherches!

pour la deuxieme question, je te promets de faire de mon mieux, si j'en trouve je te reponds sur ce post!

Tu peux me tutoyer! c'est un peu la regle ici, on se tutoie mais on garde le respect! tanmmirt (merci).

Arnold
09/01/2006, 00h23
Tanimert takfarinas !

Tu es d'une efficacité remarquable !

Arnold

Yonah
09/01/2006, 09h41
əmăy wa n təkərrest
Conte-celui-de-ruse/ Le conte de la ruse

Aləs iyăn irgâz har d-osa tanṭut iyăt ɣur illâ bărar.
homme-un-marcher-jusqu'a-par ici-aller à-femme-une-chez-exister-enfant/
Un homme allait chez une femme qui avait un enfant

Izdăy-tu bărar, imôs aɲɲatma-s. Mera iksud a tt-izdəy.
reconnaitre-le-enfant-il est-oncle maternel-puis-il a peur-que- le-reconnaisse/
Il reconnut l'enfant, il est son oncle maternel. Puis il eu peur qu'il le reconnaisse.

Təzzar inkăr igmăḍ, igmăy təkərsăy fel ad ikkəs aɣmar
puis-il se leva-il sort-il a cherché-ruse-pour-il enlevera-vieux/
Puis il se leva et sorti, il chercha une ruse pour ne pas sembler vieux

Iwăn-du aLəm, irgăz-du har dat ăhan issəgăn-tu.
il monta-par ici-chameau-il marcha-par ici-jusqu'a-devant-havitation-faire agenouiller le chameau-le/
Il monta son chameau; alla jusqu'a devant la tente et fit agenouiller le chameau.

Aləs wa yəhân ehan irmăɣ fəlas iɣîl məšš-is ăɣiwan
homme-celui-etant dans-tente-il a peur-parceque-il croyait-maitre-lui-de-campement/
L'homme se trouvant dans la tente eu peur car il croyait que c'etait là le maitre du campement.

iqqăl-du ɣur həktăn-net, igmăḍ, ozăl.
il retourna-lui-chez-tentes-lui-sortit-courut/
Il retourna dans sa tente en courant

Ilkăm-as bărăr ozăl har den, iqqăl-du iggăz fəl tănṭut.
suivre-lui-enfant-courir-jusqu'a-la bas-retourna-il-entrer-dans-femme/
Il suivit l'enfant en courant jusqu'a la bas; et entra chez la femme.

petite-cerise
09/01/2006, 12h03
Arnold a écrit :
Bonjour !

J'essaie de me familiariser avec la culture Touareg qui me fascine, plus particulièrement en relation avec tout ce qui concerne les arbre et les plantes.



si ce n'est pas déjà fais, tu peux te documenter dans les bibliothèques de ta ville, ya pas mal de livres sur les touaregs, moi même j'ai eu l'occasion des les regarder! bonne découverte