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Voir la version complète : Origine des Imazighens (Berbères)


Lahcen
23/01/2004, 21h50
Quelles sont les origines des Berbères ? Ce sujet à fait l'objet de nombreuses controverses, voir des hypothèses les plus fantaisistes. Nous reprendrons ici quelques thèses célèbres, mais fausses, avant de nous en référer aux réponses beaucoup plus sérieuses des recherches historiques et anthropologiques modernes, qui réservent d'ailleurs quelques surprises.


Les origines mythiques



Les Berbères sont connus depuis la plus haute antiquité : les monuments de l'Ancien Empire en Égypte citent leur existence. Au treizième siècle avant Jésus Christ, les Berbères Libyens ont livré bataille contre les puissants Pharaons d'Égypte Minerpath et Ramsès III, comme l'attestent les textes de Karnak et de Medinet Habou. Mais ces textes ne disent rien de leur origine. Parfois, les Libyens furent aussi des alliés des Égyptiens, notamment sous Ramsès II.

Le premier qui émet une hypothèse est l'historien Grec Hérodote. Il affirme que les Libyens descendent des Troyens. Ils auraient cherché refuge en Afrique après la destruction de cette ville par les Hellènes.

Pour Salluste - historien romain du 1er Siècle avant JC (83-35 avant JC) - les premiers habitants de l'Afrique du Nord étaient les Libyens et les Gétules, peuples très primitifs qui vivaient de chasse et de cueillette. Cette thèse se repose sur les livres du Prince Numide Hiempsal, que Salluste avait lu attentivement. Il prétend qu'ensuite, les Berbères se seraient mélangés aux Mèdes et aux Perses, populations qui auraient atteint l'Afrique du Nord en étant dirigés par le Demi Dieu Hercule en personne. Une partie de son argumentation se fonde sur des considérations étymologiques hasardeuses. Dans l'histoire qu'il prête au Berbères, on trouve de nombreuses affabulations. Cependant, quoi que l'on puisse en penser, l'illustre historien montre qu'il a rassemblé toutes les connaissances de son temps sur le sujet. D'ailleurs ses récits des histoires de Jugurtha et de Catilina, d'une rigueur remarquable, restent des références.

Plutarque reprend la thèse de Salluste, en plus embrouillée, puisqu'il y ajoute les Olbiens et les Mycéniens à la conquête de l'Afrique du Nord, toujours avec comme guide Hercule.

En fait chez les historiens antiques, on ne trouve aucune méthodologie sérieuse. On ne peut donc pas leur reprocher de s'être trompés. Hérodote, Salluste comme Plutarque sont considérés comme de très grands intellectuels et érudits de l'Antiquité. Il ne faut donc pas s'étonner que les Berbères eux mêmes se revendiqueront souvent de leurs oeuvres, et accréditer ont leurs idées.


Les origines Moyens orientales



Les Berbères seraient-ils venus de l'est de l'Afrique ? C'est ce que soutient Procope, un autre historien Romain, du sixième siècle de l'ère Chrétienne. Il affirme qu'ils sont d'origine Cananéenne, la conquête de cette région par Josué ayant entraînée une migration vers l'Ouest de nombreuses populations. Celles-ci, arrivées en Égypte, auraient été refoulées en Libye, et auraient ensuite peuplé le Maghreb. Il s'appuie sur des faits historiques qui ne sont en réalité que des légendes sans fondement. A la faveur de la conquête musulmane, les historiens arabes développent cette idée, et établissent des généalogies des Rois Berbères remontant très loin dans le passé. Ainsi, pour l'historien Al Bekri, Goliath ayant été vaincu par le Roi David, ses fils furent chassés de Palestine et refoulés vers la Libye par les Égyptiens. Ils auraient donné naissance aux Berbères. Ibn Khaldoun, auteur d'une volumineuse histoire des Berbères, montre l'incohérence de l'argumentation d'Al Bekri, et leur donne comme ancêtre Canaan, fils de Cham, lui même fils du patriarche Noé. Ainsi, avant l'Islamisation, les Berbères auraient été les prédécesseurs des Musulmans, et auraient une origine commune. On le voit, il s'agit clairement d'une vision plus que tendancieuse de l'histoire. Ces origines fabuleuses ont été pourtant parfois repris par certains historiens modernes. La linguistique a montré qu'il ne pouvait en rien en être ainsi, les langues berbères ne dérivant pas du fond sémitique commun aux langues juives et arabes, comme certains l'ont cru à tort.


Les origines Européennes


Après la prise d'Alger en 1830, les français commencèrent à conquérir le sud de l'Algérie et découvrirent des dolmens dans la région de Béni-Messous. On cru d'abord à des ruines carthaginoises élevées par des mercenaires gaulois. Ensuite, on s'aperçut qu'ils avaient étaient édifiés par les autochtones. En 1863, s'appuyant sur cette découverte, l'historien A. Bertrand soutient que les Berbères sont en fait des Celtiques. Il croit pouvoir étayer son argumentation puisque, toujours selon lui, une proportion importante de la population Berbère présente un teint clair. On remarquera ici le côté idéologique de cette vision de l'histoire : une origine commune des Français et des Berbères légitime la colonisation. Quand à la peau claire de certains berbères, c'est simplement oublier que les Romains, les Byzantins, les vandales venu des territoires germains ont occupés longtemps le pays, et ce sont mêles à la population. De plus, même si nous sommes très réticent au concept de race - la génétique ayant démontrée qu'il s'agit d'un concept suranné - les populations du Maghreb et de tout le pourtour méditerranéen sont des blancs. Il n'y a donc là aucune preuve de leur origine européenne. A partir de là, les Berbères se voient attribués toutes sortes d'origines, plus fantaisistes les unes que les autres. On y voit des descendant des Grecs, des Gaulois, des Gaéliques, voir du vieux peuple Indo-européens. Berbères et Européens auraient ainsi eu en commun comme ancêtres les peuples d'Inde... Une foule d'auteurs se sont appuyés sur une myriade de pseudo-analyses linguistiques dont aucune ne résiste à une critique un tant soit peu sérieuse.


Les origines Fantaisistes



Il serait ici trop long d'évoquer toutes les autres hypothèse concernant l'origine des Berbères. Mèdes, Perses, Syriens, Égyptiens, Indiens, Yéménites, Basques, Peuple venu de l'Europe Centrale, pratiquement tout y passe. Certains auteurs ont même vu en eux des descendant des survivants de l'Atlantide, continent disparu qui, selon Platon, se serait englouti en des temps lointains dans l'Océan Atlantique ! Il ne manque que les extra-terrestres dans ce tableau pour le moins pittoresque. Un historien ironisera même sur ce point, faisant valoir qu'il est plus simple de savoir quels sont les peuples à l'origine des Berbères que ceux qui ne le sont pas. Toutes ces hypothèses farfelues montrent qu'avant les recherches modernes, nous ne savions que très peu de chose sur l'origine des Berbères.


Les résultats de la Préhistoire et de l'Anthropologie


Les travaux des préhistoriens modernes et les progrès considérables de l'ethnologie ont récemment donné une réponse définitive. En fait, il est maintenant établie que que les Berbères sont tout simplement originaire... de Berbèrie. Certes, il est admis à peu près unanimement que la naissance de l'humanité a eu lieu en Afrique centrale. Comme tous les humains, les Berbères en proviennent, évidemment. Cependant, les recherches paléontologiques montrent que le peuplement du Maghreb est très ancien. Dès le paléolithique supérieur, cette région est habitée par les hommes de Mechta à partir de -10 000 avant J-c. Encore proche des Cro-Magnon, leurs restes les plus anciens ont été retrouvés à Mechta El Arbi, localité proche de Constantine. Ils peuplent ensuite tout le Maghreb. Il sont supplantés progressivement par les Capsiens (à partir de -8 000 avant J-c), dont les traces les plus anciennes ont été retrouvés en Tunisie, et qui datent de huit mille ans avant Jésus Christ. Les Capsiens sont des Homo Sapiens. Ils sont les véritables ancêtres de toutes les civilisations méditerranéennes, même si, minoritairement, les hommes de Mechta continuent d'exister, mêlés à la population, pendant plusieurs milliers d'années, jusqu'à l'antiquité romaine. Ainsi, dans des nécropoles des premiers siècles après Jésus Christ, près de dix pour cent des squelettes retrouvés sont encore de morphologie Mechtoïde. Il est donc maintenant certains que l'Homo Sapiens s'installe au Maghreb soit à la même époque qu'en Europe, soit, et c'est l'hypothèse la plus probable, au moins plusieurs centaines d'années auparavant. Il est même possible qu'ils soient à l'origine des peuples européens, en Espagne, en France et en Italie, puisque la Mer Méditerranée n'était pas un obstacle insurmontable pour les hommes de cette époque. Cette hypothèse reste toutefois controversée : il est en effet tout à fait possible que le peuplement de l'Europe se soit fait à la fois par le Sud (les Capsiens) mais aussi par l'Est (les Indo-européens), dont on sait que le peuplement est également très ancien. Les Capsiens se montrent, dès le paléolithique, très habiles à la confection d'objets - haches, burins, pressoirs - qui témoigne d'une civilisation déjà très avancée. Mais surtout, ils laissent un art remarquable, sous forme de gravures rupestres, dont les motifs annoncent l'art berbère. Ils descendent ensuite vers le sud, et atteignent le Sahara. Là, ils rencontrent les hommes de race noire, comme en attestent les peintures murales qu'ils nous ont laissé .Leur civilisation dura sans doute six mille ans, puisque l'on pense qu'elle fut supplanté vers - 2000 avant J-c par la première civilisation Berbères, qui en est selon toute vraisemblance issue. Au Néolithique, les principaux éléments fondateurs de la culture Berbère sont déjà en en place. Langue, Art, Religion, Rites Funéraires, cette civilisation se montre d'une richesse culturelle remarquable. Le Néolithique est d'ailleurs une véritable révolution. Outre la naissance de l'agriculture et de l'élevage, on sait que dès cette époque des échanges se développent entre les populations d'Europe et d'Afrique. Il est donc clairement établi que les Berbères peuplent le Maghreb depuis environ dix mille ans. Cette ancienneté fait que leur civilisation est l'un des plus anciennes connues. A ce titre, ils méritent le titre d'autochtone du Maghreb.




[ Edité par Lahcen le 23/1/2004 21:52 ]

boutfounaste
23/01/2004, 22h06
merci pr cette article meme si au fond on en c pas plus... mais bon je suis sure qu'il sont d'origine egyptienne

ochn
23/01/2004, 22h17
tu rigoles ou quoi ! mes origines ne sont pas arabe :-D a l'epoque de mon arriere arriere grand pere on pouvait etre fiere de nos origines maintenant avec toutes les claques que nous nous mangions je preferes dire que je suis berbere descendant de berberes :-D

tajdikt
18/02/2004, 16h46
"La thèse de l’origine proche-orientale des Berbères ne peut plus être admise"
Les origines des Imazighen sont nord-africaines. Africaines...
mardi 17 février 2004.

Introduction.

Protoméditerranéens de la préhistoire, Libyens et Garamantes de l’Antiquité, Berbères du Moyen Âge, enfin, Imazighen actuels : telle est l’extraordinaire permanence de l’histoire du peuple berbère, comme l’exprime avec justesse Gabriel Camps qui, assisté d’une équipe de collaborateurs, lui consacre une magistrale encyclopédie berbère.

Le véritable nom des Berbères est Amazigh, au pluriel Imazighen. Sa racine est construite sur un radical constitué des lettres Z GH ou Z Q et remonte au moins à l’Antiquité. Elle se retrouve chez les Maxyes d’Hérodote, les Meshweswh des inscriptions égyptiennes, les Imouhagh des Touaregs, les Imagighen de l’Air, lesImazighen du Rif et du Haut Atlas.

« Au niveau sémantique, de nombreux chercheurs ont pensé et écrit qu’Amazigh signifiait "homme libre, noble" (ce qui est du reste le cas de beaucoup de noms d’ethnies dans le monde) [...]. Elle n’est pourtant certainement pas fondée... » (Chaker S. 1987, p. 566-567) et le sens précis de ce terme... reste donc à découvrir.

Dans un précédent ouvrage, nous avons esquissé l’apparition des Berbères du Sahara central, plus précisément dans l’art préhistorique du Tassili des Ajjer, avec les Protoberbères Bovidiens (Hachid M. 1998). Reconstituer le peuplement préhistorique du Sahara fut l’un des objectifs de ce travail, mettre en valeur sa contribution au progrès de l’humanité, le fil conducteur. Longtemps, de la Méditerranée orientale au golfe Persique, l’incontournable Croissant fertile fut considéré comme le seul centre fondateur de la civilisation de l’Ancien Monde. À partir du Proche-Orient, les changements fondamentaux engendrés par le Prénéolithique et le Néolithique - notamment l’agriculture - ont été transmis à l’Europe, par les voies du bassin du Danube et celle de la Méditerranée occidentale. Bien sûr, c’est en tout dernier lieu que l’on considérait que le continent africain allait à son tour en bénéficier.

Tel est certes le cas pour l’Europe, mais pas pour l’Afrique.

Le Croissant fertile ne fût pas le seul pôle de civilisation.

Le Sahara central en fut un autre. Si penser l’Afrique, c’est rejoindre la quête des origines de l’homme, penser le Sahara, c’est rejoindre celle des origines civilisationnelles. Les innovations économiques et culturelles qui y naquirent, parfois avant même celles du Proche-Orient, comme l’invention de la poterie, par exemple, et de tout un fonds symbolique et mythologique, jouèrent le rôle d’une matrice civilisationnelle qui apporta progrès et spiritualité aux hommes tant en Afrique que sur les rives de la Méditerranée. Aujourd’hui, de plus en plus, il apparaît qu’un fonds culturel africain, au centre de ce vaste Sahara, n’a pas été sans influence sur ses régions périphériques, et notamment certaines cultures de la vallée du Nil.

Le présent ouvrage se situe dans la continuité chronologique et historiographique du précédent ; il défend les mêmes principes valorisants de réécriture de l’histoire. Il raconte essentiellement l’histoire des premiers Berbères du Sahara, depuis leur apparition dans les derniers millénaires de la préhistoire jusqu’à la veille de l’islam en passant par l’Antiquité. Ce sont d’abord les Protoberbères de la préhistoire, ces élégants pasteurs et chasseurs, puis, les Paléoberbères, Libyens et Garamantes de l’Antiquité, cavaliers et conducteurs de chars émérites. Leurs successeurs des temps médiévaux et modernes, les grands chameliers Sanhadja, les futurs Touaregs, complètent le long cheminement historique de ce groupe qui résistera à toutes les adversités. La plus éprouvante fut celle de survivre à l’âpreté du désert où le choix de rester libre, souvent, le guida.

Au Sahara, la reconstitution de ce long cheminement historique doit presque tout à l’archéologie, et notamment à l’art rupestre, ainsi qu’aux monuments funéraires de ces anciens Berbères. Elle le doit aussi aux précieux témoignages de l’art et des chroniques de l’Egypte prédynastique et pharaonique, des auteurs gréco-latins, à des éléments historiques émanant du Proche-Orient, du monde égéen, des empires carthaginois et romains. Les premiers Berbères du Sahara ne vivaient pas isolés dans leurs rochers : ils n’ignoraient pas le tumulte du monde méditerranéen et souvent y participèrent, allant parfois jusqu’à mettre en danger la puissante Egypte des pharaons et à présider à la destinée de cet empire.

Nous ne pouvions décrire les Protoberbères du Sahara sans nous trouver confrontée à la question fondamentale de l’apparition des Berbères, sachant que les traces les plus anciennes de ce peuple se trouvent au Maghreb. Aujourd’hui, les grandes lignes d’une théorie synthétique des origines des Berbères se dessinent par la convergence de trois disciplines auxquelles nous aurons successivement recours : la paléontologie humaine, la linguistique historique et l’archéologie (l’avenir exigera qu’une troisième voie soit exploitée, celle de la génétique).

Les données de ces disciplines concourent de plus en plus à démontrer que la berbérité émerge au Maghreb, il y a environ... 11 000 à 10 000 ans ! Si, comme nous allons le voir, l’origine proche-orientale qu’on a longuement prêtée aux Berbères est aujourd’hui caduque, celle de leur identité et de leur culture est assurément autochtone. Pour notre part, nous défendrons une position plus nuancée : les ancêtres les plus lointains des Berbères sont de pure souche africaine, mais ils sont déjà mixtes. Les uns, les Mechtoïdes, sont strictement autochtones du Maghreb ; les autres, les Protoméditerranéens Capsiens, sont arrivés sur les rives de la Méditerranée à une époque si reculée de la préhistoire que se poser la question de savoir s’ils sont étrangers ou non perd tout son sens. Ces deux groupes vont s’interpénétrer anthropologiquement et culturellement à tel point que l’on peut affirmer que la berbérité en tant qu’identité et culture s’est forgée sur la terre d’Afrique du Nord et nulle part ailleurs.

Le recouvrement de l’identité dans ses racines les plus profondes est un travail de mémoire avant d’être un devoir, un travail que l’historien se doit de mener objectivement et avec responsabilité. Faire une synthèse de cette mémoire, découvrir comment celle-ci, par certains aspects, peut continuer de fonctionner dans le présent en quelques endroits de cette vaste Berbérie, fut un exercice qui nous révéla beaucoup de surprises tant sur le terrain que plume à la main.

Dans un monde où les marchés règnent en maîtres, on oublie que la vraie richesse d’une nation se mesure à celle de son niveau de savoir, et ce savoir passe par sa mémoire. Toutefois, cette mémoire ne saurait être un "barricadement" identitaire car l’Afrique du Nord, dès sa passionnante préhistoire, était déjà une terre multi-culturelle, riche de sa diversité ethnique, comme le montre le Néolithique saharien, par exemple, où Noirs, Blancs et Métis, langue et religions diverses, se côtoyaient sans qu’il y ait guerre mondiale. Aujourd’hui, cela s’appellerait une nation.

Dans le cadre de notre travail, la réécriture de l’histoire ancienne des Berbères était inévitable : nous aborderons les raisons pour lesquelles certaines idées, certaines conceptions ainsi qu’une terminologie, anciennes et surtout orientées, ne peuvent plus avoir cours, car elles sous-tendent une approche subjective de l’histoire des peuples des rives sud de 1a Méditerranée, trop souvent sous-évaluée par rapport à celle des rives nord. La diffusion civilisationnelle systématiquement orientée du nord vers le sud, cette écriture victime d’un dialogue nord-sud historique et européo-centrique ne peuvent plus être admises. Le changement ne peut que s’inscrire dans une terminologie nouvelle, plus précise et plus juste, dans une réécriture exprimant les connaissances à travers des critères et des conceptions objectifs.

IL Y A l 000 à 10 000 ANS, LES PREMIERS BERBÈRES DE L’AFRIQUE

LES FOSSILES HUMAINS


La thèse de l’origine proche-orientale des Berbères ne peut plus être admise

Comme l’a très justement souligné Olivier Dutour, médecin et anthropologue : « C’est en effet sur un nombre très réduit de fossiles humains que reposent les connaissances de l’aspect physique des populations d’Afrique septentrionale au Pléistocène* supérieur (voir glossaire), nombre qui se réduit à zéro pour le Sahara, exception faite de la vallée du Nil » (Dutour 0. 1997, p. 411). Le constat est hélas fort vrai, mais il ne doit pas nous empêcher d’exposer le peu de connaissances que nous possédons à ce sujet.

En Afrique du Nord, à la fin du Paléolithique* - plus précisément appelé Épipaléolithique* au Maghreb - puis au Néolithique* (tableau I), il existe, selon la théorie classique, deux variétés d’Homo sapiens sapiens modernes. La plus ancienne est celle des Mechtoïdes, du nom de Mechta el-Arbi, au sud-ouest de Constantine, un des deux sites nord-algériens, avec Afalou Bou Rhummel, à l’est de Béjaïa, où ce type humain a été identifié. Il est l’équivalent de l’Homme de Cro-Magnon en Europe dont il ne diffère que par quelques caractères physiques (et peut-être ne sont-ils, tous les deux, que des variétés d’une forme africaine plus ancienne). Les Mechtoïdes sont les auteurs de la culture dite « ibéromaurusienne » que l’on sait remonter aujourd’hui jusqu’à 22 000 ans BP (21 900 plus ou moins 400 ans BP à Taforalt au Maroc) (voir BP et BC à glossaire). Les populations mechtoïdes du Maghreb ont principalement vécu dans les régions du littoral et du Tell, mais leur présence est attestée plus au sud, dans les Hautes Plaines et l’Atlas saharien en Algérie, ainsi que dans le Haut et Moyen Atlas au Maroc. Le terme « ibéromaurusien », évoque des contacts entre l’Espagne et le Maghreb, comme le pensait P. Pallary qui a identifié ce faciès en 1899, mais on sait qu’il n’en est rien.

Références de l’ouvrage :
Malika HACHID,Les Premiers Berbères. Entre Méditerrannée, Tassili et Nil, Ina-Yas / Edisud, Aix-en-Provence, 2000, 317 pages.