amdiaze
09/04/2008, 13h37
Izlan, un style de chant typiquement berbère
Un style de chant qui se distingue des autres genres musicaux du Moyen Atlas à savoir ahidus, tamedyazt et tayeffart. C'est une musique moderne, produite plutôt dans les centres urbains et exécutée par des musiciens qui vivent de leur métier.
Ce qui n'est pas le cas pour les chants traditionnels qui sont l'oeuvre d'amateurs produits lors de célébrations collectives, plutôt en milieu rural. La musique des Ciux (pluriel de Cix) est très appréciée des couches populaires d'origine paysanne d'où un certain mépris de la part de ceux qui se croient détenteurs de la " civilisation et du raffinement" au Maroc. Résultat d'une vision uniformisante, sans couleur et sans cachet, de la production artistique dans ce pays. Ceci est valable aussi bien pour les berbèrophones que pour les arabophones. De surcroît, la femme qui ose exercer ce métier est assimilée à une prostituée. Par conséquent, les chanteuses appartenant à cette catégorie artistique traînent une mauvaise réputation. Elles sont considérées comme des femmes vulgaires aux mœurs légères. Ce qui est complètement faux. Les acteurs officiels de la vie culturelle au Maroc s'arrêtent malheureusement à l'aspect extérieur de cet art : des femmes fardées et habillées de manière traditionnelle se tortillant sur un rythme effréné. Une vision réductrice puisqu'elle n'accorde aucune attention à la virtuosité de l'instrumentiste ni aux voix exceptionnelles et encore moins aux paroles formidables qu'elles chantent. Dans le meilleur des cas, ce genre est considéré comme un élément du folklore, dans l'acception péjorative du terme, bien sûr. Les paroles sont des poésies qui véhiculent les préoccupations et les aspirations profondes de toute une frange de la population amazigh, pour ce qui nous concerne. Elles s'expriment aussi bien sur le quotidien matériel (la cherté de la vie, la passion, le manque de moyens, la solitude, la jalousie, l'injustice, la trahison… ) que sur le spirituel (la création de l'univers, la religion , réflexion sur le sens de la vie, la mort…) et même l'écologie ! Quant à la musique, nous trouvons deux sortes d'instruments à cordes : le violon alto et lutar. Chaque artiste choisit l'un ou l'autre et il est rare qu'un chanteur utilise les deux instruments séparément ou en même temps. C'était le cas du maître absolu de ce style musical qu'était Hemmu U Lyazid. La percussion repose sur les rythmes d'allun, un tambour circulaire en peau de chèvre tendu sur un cadre en bois, malheureusement remplacée ces dernières années par une " peau synthétique ". La dimension d'allun est très importante dans la production des sonorités typiquement amazighes. Le diamètre doit être d'environ 40 cm et la hauteur de 10 cm avec bien sûr une ou deux cordes qui traversent le cercle de part en part pour produire les vibrations nécessaires. La troupe se compose habituellement du chanteur principal qui est aussi le patron de la formation. En général c'est lui qui joue de l'instrument à corde, mais ce n'est pas toujours le cas (Bennaser Uxuya joue du allun seulement). Des joueurs d'allun, deux au minimum, font aussi le chœur masculin. Trois ou quatre chanteuses forment la chorale féminine. Elles exécutent aussi la danse de la tahidust (airs très rythmés qui annoncent la fin d'un morceau). Quant la troupe compte dans ses rangs une voix de femme exceptionnelle, elle se désolidarise du chœur féminin pour constituer un pendant à celle du maître. C'est le cas pour Yamna 3eqqa avec Rwica, ou de Itto Tamhawect avec Ali Azelmad ou Ahuzzar. C'était aussi le cas de Hadda U3ekki avec Bennaser Uxuya et de Cerifa Kersit avec Rwica ou Meghni, avant qu'elles ne décident toutes les deux de prendre leur indépendance et de constituer leur propre troupe. Nous vous présenterons dans ce site, quelques un des artistes qui ont contribué et qui continuent à perpétuer et à enrichir le répertoire de la chanson tamazight à la grande satisfaction de l'auditoire. Un public de plus en plus nombreux à travers tout le Maroc et dans l'immigration amazighe où qu'elle se trouve sur la planète.
La chanson subit aussi les évolutions et les influences qui ont affecté la société amazighe et son mode de vie. Elle cherche aussi à trouver sa place dans cette course effrénée à la modernité, en imitant les autres styles en présence ou en innovant, mais sans grand succès pour l'instant. Ces manipulations dénaturent le fond même de ce genre musical authentique pour en faire une pâle et médiocre imitation de la chanson populaire arabophone qui elle a déjà digéré cette modernisation. Nous n'y retrouvons ni les rythmes ni les mélodies, même si les paroles sont en tamazight. Ce qui est de nature à rappler à nos chanteurs, qui obéissent au diktat de la modernité et à la loi du marché, que c'est le schéma rythmique qui commande tout dans la chanson amazighe. En introduisant des instruments tels que boîte à rythmes ou synthétiseurs et des alluns, quand il y en a un, en peau synthétique, ils choquent et font fuir l'oreille des imazighens. Il faut bien sûr qu'il y ait une évolution, mais dans le bon sens et avec les bons moyens qui gardent à ce genre son cachet original.
Certains chanteurs, comme Rwica, Hadda U3ekki, Bennaser Uxuya ou Mustafa N3ini3a ont atteint une notoriété qui a dépassé la zone berbérophone pour s'étendre à tout le pays du fait qu'ils chantent également en arabe sur des rythmes amazighs, ce que les arabophones apprécient beaucoup. Mais la majorité des voix de l'Atlas (Hemmu U Lyazid, Muha Umuzun, Lghazi Bennaser, 3li Uciban, Yamna 3eqqa, Muha Ubaba, Cix U3ali, Meghni, Amellal Qeddur, 3ebbuzan, Muha n Idzer, Hsayn n Bumya, Lehsen Ucettin, Mestafa L3ekri, 3umar Butmezzught, Ua3cuc, 3li Azelmad et d'autres encore) chante en tamazight et a son public et ses connaisseurs.
(tamazight.biz)
Un style de chant qui se distingue des autres genres musicaux du Moyen Atlas à savoir ahidus, tamedyazt et tayeffart. C'est une musique moderne, produite plutôt dans les centres urbains et exécutée par des musiciens qui vivent de leur métier.
Ce qui n'est pas le cas pour les chants traditionnels qui sont l'oeuvre d'amateurs produits lors de célébrations collectives, plutôt en milieu rural. La musique des Ciux (pluriel de Cix) est très appréciée des couches populaires d'origine paysanne d'où un certain mépris de la part de ceux qui se croient détenteurs de la " civilisation et du raffinement" au Maroc. Résultat d'une vision uniformisante, sans couleur et sans cachet, de la production artistique dans ce pays. Ceci est valable aussi bien pour les berbèrophones que pour les arabophones. De surcroît, la femme qui ose exercer ce métier est assimilée à une prostituée. Par conséquent, les chanteuses appartenant à cette catégorie artistique traînent une mauvaise réputation. Elles sont considérées comme des femmes vulgaires aux mœurs légères. Ce qui est complètement faux. Les acteurs officiels de la vie culturelle au Maroc s'arrêtent malheureusement à l'aspect extérieur de cet art : des femmes fardées et habillées de manière traditionnelle se tortillant sur un rythme effréné. Une vision réductrice puisqu'elle n'accorde aucune attention à la virtuosité de l'instrumentiste ni aux voix exceptionnelles et encore moins aux paroles formidables qu'elles chantent. Dans le meilleur des cas, ce genre est considéré comme un élément du folklore, dans l'acception péjorative du terme, bien sûr. Les paroles sont des poésies qui véhiculent les préoccupations et les aspirations profondes de toute une frange de la population amazigh, pour ce qui nous concerne. Elles s'expriment aussi bien sur le quotidien matériel (la cherté de la vie, la passion, le manque de moyens, la solitude, la jalousie, l'injustice, la trahison… ) que sur le spirituel (la création de l'univers, la religion , réflexion sur le sens de la vie, la mort…) et même l'écologie ! Quant à la musique, nous trouvons deux sortes d'instruments à cordes : le violon alto et lutar. Chaque artiste choisit l'un ou l'autre et il est rare qu'un chanteur utilise les deux instruments séparément ou en même temps. C'était le cas du maître absolu de ce style musical qu'était Hemmu U Lyazid. La percussion repose sur les rythmes d'allun, un tambour circulaire en peau de chèvre tendu sur un cadre en bois, malheureusement remplacée ces dernières années par une " peau synthétique ". La dimension d'allun est très importante dans la production des sonorités typiquement amazighes. Le diamètre doit être d'environ 40 cm et la hauteur de 10 cm avec bien sûr une ou deux cordes qui traversent le cercle de part en part pour produire les vibrations nécessaires. La troupe se compose habituellement du chanteur principal qui est aussi le patron de la formation. En général c'est lui qui joue de l'instrument à corde, mais ce n'est pas toujours le cas (Bennaser Uxuya joue du allun seulement). Des joueurs d'allun, deux au minimum, font aussi le chœur masculin. Trois ou quatre chanteuses forment la chorale féminine. Elles exécutent aussi la danse de la tahidust (airs très rythmés qui annoncent la fin d'un morceau). Quant la troupe compte dans ses rangs une voix de femme exceptionnelle, elle se désolidarise du chœur féminin pour constituer un pendant à celle du maître. C'est le cas pour Yamna 3eqqa avec Rwica, ou de Itto Tamhawect avec Ali Azelmad ou Ahuzzar. C'était aussi le cas de Hadda U3ekki avec Bennaser Uxuya et de Cerifa Kersit avec Rwica ou Meghni, avant qu'elles ne décident toutes les deux de prendre leur indépendance et de constituer leur propre troupe. Nous vous présenterons dans ce site, quelques un des artistes qui ont contribué et qui continuent à perpétuer et à enrichir le répertoire de la chanson tamazight à la grande satisfaction de l'auditoire. Un public de plus en plus nombreux à travers tout le Maroc et dans l'immigration amazighe où qu'elle se trouve sur la planète.
La chanson subit aussi les évolutions et les influences qui ont affecté la société amazighe et son mode de vie. Elle cherche aussi à trouver sa place dans cette course effrénée à la modernité, en imitant les autres styles en présence ou en innovant, mais sans grand succès pour l'instant. Ces manipulations dénaturent le fond même de ce genre musical authentique pour en faire une pâle et médiocre imitation de la chanson populaire arabophone qui elle a déjà digéré cette modernisation. Nous n'y retrouvons ni les rythmes ni les mélodies, même si les paroles sont en tamazight. Ce qui est de nature à rappler à nos chanteurs, qui obéissent au diktat de la modernité et à la loi du marché, que c'est le schéma rythmique qui commande tout dans la chanson amazighe. En introduisant des instruments tels que boîte à rythmes ou synthétiseurs et des alluns, quand il y en a un, en peau synthétique, ils choquent et font fuir l'oreille des imazighens. Il faut bien sûr qu'il y ait une évolution, mais dans le bon sens et avec les bons moyens qui gardent à ce genre son cachet original.
Certains chanteurs, comme Rwica, Hadda U3ekki, Bennaser Uxuya ou Mustafa N3ini3a ont atteint une notoriété qui a dépassé la zone berbérophone pour s'étendre à tout le pays du fait qu'ils chantent également en arabe sur des rythmes amazighs, ce que les arabophones apprécient beaucoup. Mais la majorité des voix de l'Atlas (Hemmu U Lyazid, Muha Umuzun, Lghazi Bennaser, 3li Uciban, Yamna 3eqqa, Muha Ubaba, Cix U3ali, Meghni, Amellal Qeddur, 3ebbuzan, Muha n Idzer, Hsayn n Bumya, Lehsen Ucettin, Mestafa L3ekri, 3umar Butmezzught, Ua3cuc, 3li Azelmad et d'autres encore) chante en tamazight et a son public et ses connaisseurs.
(tamazight.biz)