PDA

Voir la version complète : le hallal à ivry...


09/02/2004, 15h08
Mohammed Djaiziri, gérant du Franprix de la place Jules Vallès d'Evry, se voit obligé par la mairie de la ville de commercialiser des produits prohibés par l’Islam. Celui-ci avait conclu un accord avec l’enseigne Franprix selon lequel il pouvait s’abstenir de vendre des produits tels que la viande de Porc ou l’alcool. La mairie s’est violemment opposée à cette « approche communautariste » et menace même de faire appel aux autorités si M. Djaiziri ne rétablit pas « le fonctionnement normal de ce magasin » !

Mohammed Djaiziri et son frère ont repris le Franprix du quartier des Pyramides d’Évry. Ils ont décidé, en accord avec l’enseigne, de ne plus commercialiser les produits illicites selon la législation islamique : à savoir, le porc, la viande non Hallal ainsi que l’alcool. Après une attaque de la part de la mairie, les frères Djaiziri ont dû justifier leur choix : « Pour éviter les problèmes avec les jeunes, nous avons décidé de ne pas vendre d'alcool.» Le fournisseur a très bien compris ce positionnement. Quant à l'absence de jambons et rillettes, le commerçant explique : «Nous avons demandé une certification AVS pour garantir que nos viandes sont halal. C'est incompatible avec la vente de porc dans le magasin.» Le maire d’Évry, Manuel Valls, fait pression sur l’enseigne Franprix afin qu’elle pousse son franchisé à « vendre la gamme globale» et ainsi « satisfaire les exigences légitimes de la clientèle ». En effet, le maire, dans une lettre envoyé à Mohammed Djaiziri, parle d’une « ghettoïsation » dont ce genre d’attitude en serait la cause selon lui. L’avocate du commerçant, indignée, déclare clairement que « Ce n'est pas M. Djaiziri qui a créé la ghettoïsation de l'habitat dans plusieurs quartiers d'Evry. Mais ça, visiblement, ce n'est pas la priorité du maire ! ». Légalement rien n’oblige une personne à commercialiser ce qu’elle ne veut pas, le seul qui pourrait intervenir est l’enseigne, cependant M. Djaiziri affirme que cette décision à été prise en accord avec Franprix « en raison des caractéristiques du quartier ».



Vers une ghettoïsation ?

Alors pourquoi la mairie s’indigne-t-elle d’une décision qui ne la concerne apparemment pas ?

L’argument avancé est que « Si même le Franprix se spécialise, c'est le signe qu'il vaut mieux que tous ceux qui ne mangent pas halal quittent le quartier. Si on ne fait rien, si on accepte un échelon supplémentaire dans la spécialisation, le quartier va devenir un ghetto.» déclare Manuel Valls. Cependant, ce n’est pas la seule supérette du quartier. De plus, les mairies ne s’étonnent pas de voir fleurir des boucheries halal ou casher ; dans le treizième arrondissement de Paris, les enseignes de magasins en sont même venus à être écrites en chinois et pourtant on ne crie pas à la ghettoïsation. Alors pourquoi dans ce cas cela poserait-t-il un problème?


La mairie d’Evry semble s’approprier un droit qui n’est pas le sien. Légalement impuissante, elle s’appuie sur des actions telle que l’envoi des services d’hygiène afin de faire pression sur le propriétaire de la supérette.