Raiss
10/02/2004, 21h11
La FIDH dénonce des «violations flagrantes» des droits de l'Homme dans la lutte antiterroriste au Maroc
[10/02/2004 20:30]
RABAT (AP) -- La Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) dénonce, dans une enquête publiée mardi, des «violations flagrantes» des droits de l'Homme dans la lutte antiterroriste au Maroc.
Sous le titre «la tentation de l'arbitraire», l'enquête de la FIDH est un document de 28 pages particulièrement critique à l'égard des autorités marocaines, engagées dans un véritable bras de fer policier et judiciaire contre la mouvance islamiste radicale depuis les attentats-suicides de Casablanca (45 morts, le 16 mai).
La FIDH, basée à Paris, stigmatise notamment «une vague répressive qui ne fait pas dans le détail», «de nombreuses dérives policières», «des arrestations illégales», des cas de «tortures et de traitements cruels et dégradants», notamment dans les locaux de la Direction de la surveillance et du territoire (DST) à Témara (banlieue sud de Rabat), ou encore «des décès suspects».
Alors que plus de 5.000 suspects ont été interpellés et environ un millier condamnés, dont 15 à la peine de mort (un moratoire de fait de l'exécution de la peine capitale est observé au Maroc depuis 1994), la FIDH estime que «les droits à un procès équitable, tels que garantis par la législation marocaine, ont été violés de manière quasi-systématique» et dénonce «des instructions à charge et des procès expéditifs».
S'appuyant notamment sur des coupures de presse, la FIDH accuse également les services secrets américains (FBI et CIA) d'avoir livré des suspects à la police marocaine et d'avoir envoyé des agents au Maroc pour suivre les interrogatoires des suspects.
«La répression des actes terroristes qui ont frappé le Maroc et qui ont profondément ébranlé le royaume est indispensable», concède la FIDH. Mais les autorités marocaines «ont leur part de responsabilité dans le développement de ces violences» en ayant toléré, avant le 16 mai 2003, «des discours appelant au djihad (guerre sainte) et à l'antisémitisme» et «en laissant s'implanter des écoles où l'on enseigne un islam intolérant», conclut la FIDH. AP
[10/02/2004 20:30]
RABAT (AP) -- La Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) dénonce, dans une enquête publiée mardi, des «violations flagrantes» des droits de l'Homme dans la lutte antiterroriste au Maroc.
Sous le titre «la tentation de l'arbitraire», l'enquête de la FIDH est un document de 28 pages particulièrement critique à l'égard des autorités marocaines, engagées dans un véritable bras de fer policier et judiciaire contre la mouvance islamiste radicale depuis les attentats-suicides de Casablanca (45 morts, le 16 mai).
La FIDH, basée à Paris, stigmatise notamment «une vague répressive qui ne fait pas dans le détail», «de nombreuses dérives policières», «des arrestations illégales», des cas de «tortures et de traitements cruels et dégradants», notamment dans les locaux de la Direction de la surveillance et du territoire (DST) à Témara (banlieue sud de Rabat), ou encore «des décès suspects».
Alors que plus de 5.000 suspects ont été interpellés et environ un millier condamnés, dont 15 à la peine de mort (un moratoire de fait de l'exécution de la peine capitale est observé au Maroc depuis 1994), la FIDH estime que «les droits à un procès équitable, tels que garantis par la législation marocaine, ont été violés de manière quasi-systématique» et dénonce «des instructions à charge et des procès expéditifs».
S'appuyant notamment sur des coupures de presse, la FIDH accuse également les services secrets américains (FBI et CIA) d'avoir livré des suspects à la police marocaine et d'avoir envoyé des agents au Maroc pour suivre les interrogatoires des suspects.
«La répression des actes terroristes qui ont frappé le Maroc et qui ont profondément ébranlé le royaume est indispensable», concède la FIDH. Mais les autorités marocaines «ont leur part de responsabilité dans le développement de ces violences» en ayant toléré, avant le 16 mai 2003, «des discours appelant au djihad (guerre sainte) et à l'antisémitisme» et «en laissant s'implanter des écoles où l'on enseigne un islam intolérant», conclut la FIDH. AP