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Voir la version complète : Hommage à nos combattants


bahja
11/03/2004, 23h02
Assalam 'alaykoum,

Soyez fiers de vos aïeuls:

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L’appel de la mémoire



Combien de Marocains ont combattu pour la France ? 40.398 durant la Première Guerre mondiale, 85.000 durant la Seconde et plusieurs milliers au cours de la guerre d’Indochine. En tout, 170.000 cartes de combattant leur furent attribuées. Le sang qu’ils ont vaillamment versé sur le champ d’honneur a créé une fraternité d’armes qui, par-delà les vicissitudes de l’Histoire, a permis le développement d’une mémoire commune dont la participation d’un détachement de la Garde Royale au défilé du 14 Juillet porte témoignage.

Paris, 1919. Aux côtés des drapeaux des différentes autres unités françaises qui ont participé à la guerre de 1914-18, ceux du 2ème RMSM (Régiment de marche des spahis marocains) et des 1er et 2ème RMTM (Régiment de marche des tirailleurs marocains) défilaient fièrement sous les applaudissements et autres encouragements des milliers de personnes venues assister à la Fête de la Victoire. Reconnaissables au croissant qui ornait leurs fanions, ces soldats d’élite que les Allemands appelaient "Hirondelles de la Mort" avaient inscrit certaines des pages les plus glorieuses du premier conflit mondial. De l’Ourcq à Soissons et de l’Aisne à Verdun, en passant par la Champagne et la Macédoine, ils prirent partie aux multiples campagnes qui, de la terre de France à la Bulgarie, décideront du sort du monde. S.M. Mohammed V, que le Général de Gaulle a fait Compagnon de la Libération, l’évoquera dans la lettre lue le 3 septembre 1939 dans toutes les mosquées du Royaume et par laquelle il a décidé l’entrée du Maroc en guerre aux côtés des Alliés. Après avoir noté que "Le douloureux souvenir que la dernière guerre a laissé à tous n’est pas effacé de vos mémoires", le Père de la Nation rappellera que "La victoire a couronné les étendards de la France et de ses alliés, parmi lesquels le Maroc figure fièrement". "C’est aujourd’hui que la France prend les armes pour défendre son sol, son honneur, sa dignité, son avenir, et les nôtres, que nous devons être nous-mêmes fidèles aux principes de l’honneur de notre race, de notre Histoire et de notre religion", a ajouté le Souverain. Aussi, a poursuivi S.M. Mohammed V, "A partir de ce jour et jusqu’à ce que l’étendard de la France et de ses alliés soit couronné de gloire, nous lui devons un concours sans réserve, ne lui marchander aucune de nos ressources et ne reculer devant aucun sacrifice". "Nous étions liés à elle dans les temps de tranquillité et d’opulence et il est juste que nous soyons à ses côtés dans l’épreuve qu’elle traverse et d’où elle sortira, Nous en sommes convaincu, glorieuse et grande", a-t-il conclu. En ces temps, les troupes marocaines stationnées sur le territoire national étaient composées de quatre régiments de tirailleurs (1er, 2ème, 4ème et 7ème RTM), de trois régiments de spahis (1er, 2ème et 3ème RSM), de deux régiments d’artillerie (les 63ème et 64ème), de deux bataillons de génie, de 25 compagnies du train et de 57 goums. Celles qui l’étaient en territoire français se composaient de quatre régiments de tirailleurs (3ème, 5ème, 6ème et 8ème RTM) et d’un régiment de spahis (4ème RSM). Soit 38.000 hommes au moment de la mobilisation de septembre 1939, que des centaines d’autres conscrits rejoindront par la suite.

De 1939 à 1945, ils furent de tous les combats et vécurent l’humiliation de la défaite et l’ivresse de la victoire. De la campagne de 1939-1940 où le Blitzkrieg démontrera sa toute puissance, à celle de Tunisie (1942-1943), en passant par les campagnes d’Italie (1943-44), de France, d’Allemagne et d’Autriche, le sang marocain a balisé les chemins qui ont conduit à la défaite nazie.

Cinq ans plus tôt, l’Armée française, défaite, s’est dispersée et désunie. Ceux qui ont choisi de continuer le combat se sont regroupés autour du Général de Gaulle pour lutter aux côtés des forces du Commonwealth britannique. Les autres, la grande majorité, ont décidé de demeurer dans la légalité et de servir la France non-occupée, en Afrique et au Levant. Le premier affrontement s’est produit en Syrie et au Liban. Les troupes de carrière du Général Dentz, assaillies par les Australiens et les Indiens, se battirent farouchement devant Beyrouth avant de s’opposer vigoureusement aux Français Libres au sud de Damas. Le deuxième choc a lieu sur les plages du Maroc et d’Oranie où des troupes américaines débarquèrent. Les combats parfois très meurtriers ont néanmoins cessé très vite et les Français reprirent enfin la lutte contre les troupes de l’Axe déferlant sur la Tunisie. Tandis que se déroulaient les opérations contre les forces germano-italiennes et que les soldats français acquirent le respect et l’estime des Alliés, le réarmement de la nouvelle Armée d’Afrique est entrepris. Des Etats-Unis arriva, par bateaux, le matériel moderne nécessaire. Chars, canons, véhicules, armement, habillement, postes-radio... affluèrent dans les ports d’Alger, d’Oran puis de Casablanca. Le Maroc s’est ainsi transformé en un immense camp d’entraînement où les régiments de spahis, de tirailleurs, de chasseurs et d’artillerie d’Afrique sont mis sur pied, manœuvrant et s’initiant au combat moderne. Les mauvais souvenirs de la malheureuse campagne de 1940 sont oubliés et chacun ne songe qu’aux batailles futures pour la Libération. La fusion des troupes d’Afrique du Nord et d’A.O.F. avec celles venues d’Egypte et du Tchad est alors théoriquement réalisée. Déjà certains de ces éléments, chasseurs du bataillon de choc, goumiers, spahis et tirailleurs marocains ont croisé le fer en Corse avec les Allemands. Ainsi, à la fin de 1943, une partie de la nouvelle armée d’Afrique, entièrement rééquipée à l’américaine, est prête à rejoindre l’Italie pour combattre dans les rangs de la 5ème Armée U.S.

La suite peut être narrée comme une chronologie.

Décembre 1943 : Les Tirailleurs marocains de la 2ème DIM montèrent en ligne dans les Abruzzes, au nord de Naples, en avant-garde de l’Armée française reconstituée.

Janvier 1944 : Algériens, Tunisiens et Marocains enfoncèrent le front allemand, traversèrent le Rapido au nord de Cassino et se heurtèrent aux puissantes défenses de la ligne Gustav.

Mai 1944 : Quatre divisions et les Tabors du CEF franchirent le Garigliano, percèrent le dispositif allemand au nord de Castelforte et, dans un élan irrésistible, s’élancèrent à travers la montagne, prenant à revers les défenseurs de la vallée du Liri.

Juin 1944 : Bousculant les réserves allemandes, les troupes françaises composées notamment de Marocains, d’Algériens et de Tunisiens, rejoignirent les Américains venus d’Anzio et ouvrirent la route de Rome. Plus au nord, au large des côtes italiennes, les éléments de la 9ème division coloniale, du bataillon de Choc, des commandos d’Afrique et des Tabors prirent d’assaut les défenses redoutables de l’île d’Elbe.

Juillet 1944 : Après une poursuite effrénée à travers la Toscane, Sienne tomba intacte aux mains des Français. Déjà les unités de la première DIM avaient quitté le front pour se rassembler près du littoral des Pouilles avant de débarquer en Provence. Le Corps expéditionnaire français d’Italie vit ses derniers jours. Son chef, le général Juin, salua les troupes qui ont combattu sous ses ordres : "Renouvelant les exploits accomplis naguère sur ce même sol par tant de héros de notre race, vous avez hâté l’heure de la Libération et projeté, sur le monde étonné, l’image de l’Armée française renaissante, intervenant sur le front d’Italie comme facteur déterminant de victoire. Votre tâche n’est pas finie. Dans les jours qui vont suivre, vous aurez encore à combattre et à vaincre. Où que vous alliez, vous vous montrerez forts, unis et confiants, pareils à ce que vous fûtes toujours ici, au cours de cette inoubliable campagne".

Dès août 1944, les deux divisions marocaines et les Tabors arrivant par échelons entamèrent une nouvelle campagne à partir des rivages de Provence tandis que le 1er Régiment de marche de spahis marocains qui, depuis l’Erythrée, combat dans les rangs des FFL (Forces françaises libres), débarque en Normandie avec la fameuse 2ème DB du général Leclerc. Dix mille goumiers entrèrent ainsi en action et, à partir du 16 août, trois groupes de Tabors rejoignirent la 3ème DIA. En huit jours, ils arrivèrent à libérer Aubagne puis pénétrèrent à Marseille.

Dès le 25 août la 2ème DIM commença à débarquer et reçut aussitôt pour mission de couvrir et de protéger la progression des troupes américaines se dirigeant vers Grenoble et Lyon. Entre-temps, le 4ème RTM renforcé par les Tabors libéra Briançon et le 5ème RTM jettera les troupes nazies hors de Modane.

Vers la mi-octobre, le 6ème RTM a conquis un important sommet des Vosges alors que le 8ème RTM pénétra à Thann, que la 2ème DIM libéra Hélicourt et Montbéliard en novembre et qu’en janvier 1945, cette dernière et la 4ème DMM aideront à la réduction de la poche de résistance de Colmar. En quittant l’Alsace libérée, les troupes marocaines vivront au rythme des hauts faits d’armes qui ponctueront les campagnes d’Allemagne et d’Autriche ainsi que la guerre d’Indochine. Sur leur chemin, ils ont écrit certaines des pages les plus glorieuses de l’Histoire de la Libération dont les carrés musulmans des cimetières militaires ainsi que les multiples monuments et stèles commémoratives témoignent.

Ahmed SAAIDI

Les goumiers, une légende vivante

Leur mise sur pied eut lieu dans la clandestinité de 1941 à 1943, au cœur du Haut-Atlas, camouflés en compagnies de travaux forestiers ou de travaux de piste, à la barbe de la commission d’armistice allemande et avec la complicité active des populations, sans qu’aucune fuite ne vînt jamais les trahir.

Dès décembre 1942, ils participèrent à tous les combats : en Tunisie, ils furent envoyés en renfort des troupes de couverture du "détachement de l’armée française" commandé par le général Juin pour contenir les troupes du maréchal Kesselring. Le rôle qu’ils jouèrent dans cette bataille leur donna l’estime du général Mark Clark, commandant de la 7ème US Army et du célèbre général Patton qui allaient alors faire appel à eux pour les soutenir dans leurs offensives contre l’armée allemande. Jamais ils ne firent défaut, payant de leur sang la victoire de la démocratie et de la liberté des peuples. Et le 16 juin 1945, le 1er et le 2ème du GTM (Groupement de tabors marocains) défilèrent à Paris et passèrent sous l’Arc-de-Triomphe acclamés par une foule en délire rendant hommage à leur courage. Le 24 juin, les goums défilèrent fièrement à Stuttgart devant S.M. Mohammed V et le Général de Gaulle.

"Les goumiers marocains" André Fougerolles

Montagnes marocaines, 3 juin 1995

goumiers

Pour la gloire…

Légende vivante, les goumiers marocains ont tissé des liens indélébiles entre deux nations séculairement amies. Tombés dans l’oubli pendant des années, ils voient aujourd’hui leurs sacrifices reconnus.

Comme tous les samedis, ils sont à l’heure. Ils ne manqueraient pour rien au monde ce rendez-vous qu’ils se donnent depuis plus de quarante ans. Marcel, le patron du café de la Place du Marché, à Lyon, est à chaque fois ému quand ces vieux Marocains s’attablent autour d’un "petit noir" pour ressasser leurs souvenirs. Il y a Ali "le goumier", un brave type originaire de Taïneste ; Ahmed "le prisionnier" qui fut arrêté par les Allemands dans le nord de la France ; Bouchaïb "le kabran", un solide gars du Haut-Atlas qui termina la guerre avec le grade de caporal ou Hamid "Mon chien" qui doit son surnom au fait qu’il ait, au péril de sa vie, sauvé la vie d’un jeune chiot.

Leurs histoires, il les connaît par cœur. Des histoires d’armes, d’amitié et de fraternité qui unissent viscéralement ces goumiers. A les entendre, "Rambo" n’est qu’une mauviette. Eux, sont de vrais soldats qui ont vraiment fait la guerre. Symboles vivants de la revanche de 1940, ils assurent avec fierté être les artisans des succès d’armes de la France. Vainqueurs des campagnes d’Italie, de France et d’Allemagne, les goumiers marocains ont été les garants du renouveau de l’Armée française. De cela ils sont sûrs et le répètent à qui veut l’entendre.

Soldats de métier, ils racontent comment ils ont été recrutés dans le Haut-Atlas, en pays berbère, et comment, eux, les goumiers allaient s’illustrer par leur bravoure et leur courage dans les moments les plus décisifs, les plus stratégiques au sein de l’armée française contre les nazis puis en Indochine plus tard. Ils décrivent avec précision, comme si c’était hier, comment le Maroc a été transformé en un immense camp d’entraînement où les régiments de spahis, de tirailleurs, de chasseurs et d’artillerie d’Afrique sont mis sur pied, manœuvrant et s’initiant au combat moderne. Et comment dès 1942, ils ont croisé le fer avec les Allemands. Certains poussent la légende jusqu’à dire qu’ils ont combattu Hitler en personne !

Aux côtés d’Américains, d’évadés des prisons espagnoles ou d’engagés volontaires, les goumiers marocains ont durement acquis leur réputation et leurs décorations que certains d’entre-eux continuent d’exhiber fièrement aux grandes occasions.

Beaucoup de leurs frères sont morts, d’autres sont handicapés ; mais de ces moments tragiques, ils ne gardent que de bons souvenirs et des anecdotes hilarantes qu’on aime écouter inlassablement. D’ailleurs, de nombreux jeunes viennent retrouver ces anciens combattants, témoins vivaces d’un riche et glorieux passé. Avec leur langue - un mélange de français et d’arabe dialectal - ils savent mieux que quiconque exprimer les liens de sang qui unissent les nations marocaine et française.

Si, pendant de nombreuses années, on a eu tendance à oublier ces goumiers - dont un grand nombre sont retournés dans leur montagne avec une pension réduite - des milliers sont restés en France à la fin de leurs états de service. Et toujours, ils ont défendu leur cause rappelant contre l’oubli que sans leur héroïsme, si l’Allemagne avait gagné, la face du monde aurait été changée.

Aujourd’hui, ils apprécient - même si elle est tardive - cette reconnaissance qui les met sur les devants de la scène militaire. Ceci fait dire à Ali "le goumier" : " On n’a plus l’impression d’être pris pour de simples guignols armés. C’est notre plus grande victoire depuis la fin de la guerre". En effet, depuis la création de la "Koumia", association des anciens des affaires indigènes et goums marocains, en 1995, et la participation des tirailleurs marocains aux défilés commémorant les grandes victoires guerrières françaises, de grands efforts sont entrepris pour rattraper le "temps perdu".

La présence de S.M. le Roi et de la Garde Royale au défilé du 14 Juillet, aux côtés du Président Jacques Chirac, marque cette volonté commune qui souhaite que "(*) la mémoire soit une leçon et un enseignement pour ne jamais plus courir l’aventure".

Fatima El Ouafi

(*) S.M. le Roi Hassan II, en juin 1995, devant les représentants de la "Koumia"

http://foussard.chez.tiscali.fr/memoire.html



[ Edité par soussia le 29/7/2004 20:42 ]

boutfounaste
26/03/2004, 21h06
on le dit pas assez !!!! :-(

fp
25/04/2004, 20h35
Je suis à la recherche de renseignements sur des troupes Marocaines ( 6ème RTM ) ( 2e DMM )ayants combattuent en 1944 dans l' est de la France avec la 3ème DIA.
Et je vous sollicite à regarder mon site :
http://monsite.wanadoo.fr/1944hautesvosges
Je voudrais retrouver le nom du régiment de la musique Marocaine de la photo ou l' on voit la bannière ( Chapeau Chinois ) Merci de me contacter si quelqu' un a des informations. Salutations.

soussia
29/07/2004, 20h41
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Le sous-lieutenant Jean Vaugien (le 2e en partant de la gauche) et son père le capitaine Charles Vaugien (le 5e) à Bou Zineb, près d'Aknoul (région de Taza) en 1939. Jean Vaugien, chef de poste de Bou Zineb était alors sous l'autorité de son père Charles, chef de bureau des affaires indigènes du cercle du haut M'Soun.

Le photographe : Jean Vaugien

Jean Vaugien naît le 20 août 1916 à Breurey-les-Faverney (Haute-Saône, France). Deux ans plus tard sa famille rejoint le Maroc où son père, officier des Zouaves, était affecté avant la guerre. La famille Vaugien suit ensuite les différentes affectations du père dans les territoires berbères du Maroc. Grâce à son enfance au Maroc Jean Vaugien apprend à connaître le pays, ses habitants, ses langues : l'arabe et surtout le berbère qu'il maîtrise parfaitement. Comme son père il devient officier et est affecté au Maroc dès 1938.

Pendant la Seconde Guerre mondiale il est nommé chef du 14e Goum chérifien, une unité issue d'une tribu berbère du Maroc spécialisée dans les combats en montagne. Il mène brillamment cette unité pendant les campagnes d'Italie, de Provence et d'Alsace. Il y partage la vie rude et les combats de ces farouches guerriers berbères qui ont joué un rôle décisif dans la prise de Monte Cassino. Puis, en Alsace, il rejoint l'État major de la première Armée française où il devient aide de camp du général de Lattre de Tassigny. Aux côtés du chef de l'armée française, il participe à toute la campagne du Rhin au Danube.

Ci-contre, le capitaine Jean Vaugien (à gauche), aide de camp du général de Lattre de Tassigny, chef de la 1ère armée française (à droite). (Remise de décorations à la 1ère Division de la France Libre, Luxeuil, décembre 1944).
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Rentré au Maroc à la fin de la guerre, il devient officier des affaires indigènes et est affecté début 1948 à El Ksiba dans le moyen Atlas marocain. Jusqu'en août 1951 il assure le commandement du bureau d'El Ksiba. En tant qu'officier des affaires indigènes il doit assurer la sécurité et l'administration de son territoire et en particulier contrôler la tribu berbère des Aït Ouirra. L'administration de ces régions de montagne avait été confiée à l'armée en raison de l'instabilité permanente des tribus berbères qui ne s'étaient jamais totalement soumise. Son rôle est donc de diriger l'administration locale, de maintenir la paix entre les tribus, d'assurer le bon fonctionnement des institutions et de la justice coutumières.

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Le capitaine Jean Vaugien (à gauche) et le commandant Jean Rousseau, chef du cercle d'El Ksiba (à droite), encadrant des notables de la tribu des Aït Ouirra. (El Ksiba, photo prise entre le 5/2/48 et le 1/7/51).

C'est pendant ce séjour, entre juillet 1950 et janvier 1951, qu'il rédige un mémoire sur la tribu dont il a la charge : Évolution d'une tribu berbère du Maroc central, les Aït Ouirra. Ce mémoire aurait pu n'être qu'un travail de commande de l'administration coloniale française. Mais grâce à sa familiarité avec les tribus berbères, Jean Vaugien se livre à un véritable travail d'ethnologue et de géographe. C'est de ce mémoire que sont extraites les photographies présentées ici.

Jean Vaugien poursuit ensuite sa carrière à Paris, en Algérie et en Allemagne et prend sa retraite avec le grade de général. Il est décédé accidentellement le 20 mars 1975 à Mascara (Algérie).

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soussia
29/07/2004, 20h59
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soussia
30/07/2004, 18h25
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[ Edité par Lahcen le 25/2/2005 23:43 ]

soussia
14/08/2004, 19h53
http://www.lematin.ma/journal/article.asp?id=natio&ida=37346

[ Edité par soussia le 14/8/2004 19:54 ]

ibamamass
16/08/2004, 16h50
Merci soussia pr tous ces documents!

Hier, le 15/08/04 le President Jacques Chirac a decoré de la legion d'honneur les anciens combattants marocains, tunisiens, algeriens, ivoiriens...et ts les autres sur le porte avions Charles De Gaulle.
Cette ceremonie a été diffusée en direct sur TF1 avec de nombreux chefs d'Etats Le roi Mohamed VI et sa femme étaient présents.

C'était tellement émouvant!! franchement voir les "hadjs" ds leur fauteuils roulants et recevant la légion d'honneur m'a beaucoup émus!
Tres beau moment!

soussia
19/02/2005, 00h10
Poésie amazigh de la résistance

Témoignage édifiant de la résistance livrée par les tribus amazighes du Maroc central face à la pénétration coloniale, la poésie reste toujours une référence incontournable et une source d'information inépuisable sur notre histoire et notre mémoire collective nationales. Car en l'absence d'un scribe, d'un lettré qui enregistre les événements, l'aède prend le relais.


Grâce à sa production poétique, nous pouvons remonter dans le temps et prendre connaissance des faits héroïques et tragiques qui ont marqué notre passé récent. Nous livrons à nos lecteurs une série de vers relatifs à la bataille des " Ayt Yakoub ", qui a opposé ces derniers aux troupes françaises. La bataille a eu lieu en juin 1929, sur le territoire des Ayt Hdiddou. Elle fut sanglante et meurtrière et a connu la participation de guerriers des Ayt Morghad, des Ayt Hdiddou et des Ayt Ihya.

Dans le corpus ci-après, il s'agit de distiques sur la défaite et la réaction du poète : refus de plier l'échine, description de la bataille, situation des ayt Yakoub vaincus. L'aède nous dit qu'il opte pour la mort plutôt que de devenir esclave du colonisateur. Il choisi donc la solution extrême pour sauvegarder sa dignité et son honneur et nous dit :

Tuf i lmut ula ddergh i tmariwin
Ad as ceqqelgh I bu lanfad acal
M'est préférable la mort, plutôt que peiner
A remuer la terre pour le maitre des canons.

Sur la déroute des Ayt Yakoub qui ont deserté leurs habitations pour se refuger dans les ravins, il nous dit:

Nhader i leghlubit ur sar tssigh
Awa nsanen igellin talatin
Ayant à la défaite assisté, plus jamais ne rirai
C'est dans les ravins qu'ils ont passé la nuit.

Puis s'adressant aux vaincus qui sontprivés de leur demeures et réduit à errer tel un troupeau égaré, l'aède apostrophe Ayt Yakoub et leur dit:

Da tmun igujilen amm icerwan
A Ayt Yakoub awi tesnimmerm agh
Tels des agneaux se rassemblent les orphelins
O gens d'Ayt Yakoub, pour vous n'éprouve que chagrin.

Il cite aussi le nombre de mort et le massacre dont la tribu est victime et nous dit:

Tin Ayt Yakoub usar tent ttugh
Ku taqbilt tuder digs i meyya
Je n'oublierai jamais l'affaire des Ayt Yakoub
Chaque tribu enterre les siens par centaines.

Ces vers poétioques tiennent lieu de témoignage édifiant. L'aède est ici historien dans ce sens qu'il nous informe sur la bataille et ses acteurs et décrit la déroute de la tribu face à l'armada coloniale. Il s'investit également dans sa poése pour nous parler de ce désastre par le biai d'images fortes. La mémoire colletcive du Maroc central est jalonné de ce type de poésie qui, certainement, sera d'une utilité primordiale au historien désirant se pencher sur une étape décisive de notre histoire nationale.

Par Moha Ou Saïd* le matin

soussia
25/02/2005, 23h41
L'avion comme arme de guerre dans la poésie amazighe

L'avénement du colonialisme au Maroc au début du siècle passé a entrainé la confrontation des cavaliers amazighe de la résistance avec des armes nouvelles et un arsenal de guerres jusque là inconnu. Parmi ces armes destructrice et ravageuse: l'avion. Cet objet volant, témoin de la supériorité «technlogique» du colonisateur a fait des ravages au sein de la population autochtone.

Les vers oétique qui y référent sont inombrables. Nous en donnons quelques exemples.
L'aède, dans cette distique, nous parle de son ipuissance et de celle des siens devant cet objet insolite qui crache le feu, sème la mort et la désolation. Reste Dieu comme dernier secours pour une population désemparée:

Kkant tteyyarat nnig i, kkant afella nnegh
A Rbbi, mayd qaddagh nekkin
Du heut du ciel les avions nous survolent
Passent au dessus de nos têttes
Seigneur, je reste imuissant.

Et pour parler d'une guerre totale utilisant tous les moyens terrestres et aériens, le poète nous dit, pour souligner la particularité des bombardements et leur intensité:

Ar ikkat g wakal allig iâneq iney
Afella nnemm a tteyyara afad ixlu llumt.
Sans cesse s'acharnent sur la terre, passent au dessu
de vous, O avions, votre feu dévaste le monde.

Pour décrire le sentiment d'angoisse devant cet objet volant et vrombissant, le poète s'exprime par une image: celle d'une machine à moudre. L'avion ici est perçu comme un prédateur qui tourne autour de sa proie, allant et venat dans un bruit assourdissant avant de faire feu. L'aède nous dit:

Adday da tezzad amm urwa ghifi
Ar ittader wagensu new i lherma
Lorsqu'en l'air tourne l'avion avec un bruit
de piétinement de bêtes, de fièvre mon coeur se meurt.

Ces vers constutuent des échantillons d'une poésie amazighe qui fait place aux nouvelles armes utilisés par le colonisateur. L'avion, arme inatquable et redoutable, est perçu sous différents angle: source de la tourmente et incarnation d'un danger pemanent et imprévisible, arme ultime qui achève la résistance après uen lutte acharnée et suicidaire, symbole de la superiorité du colonisateur.

Moha Ou Saïd
lematin

amanar
25/02/2005, 23h58
Medailles des soldats de l'époque (http://mapage.noos.fr/4edmm/tabors_marocains.htm)

soussia
11/03/2005, 21h46
Poésie amazighe : Le temps des désillusions

Après la résistance, la défaite. Amère. Tragique. Une fois vaincu, les résistants amazighes déposent les armes et se préparent à vivre leur nouvelle situation. De maîtres, ils sont devenus soumis, obéissant aux ordres des colons. La poésie amazighe nous parle de ce nouvel état de faits. Le poète témoigne : il n'est plus l'aède qui galvanise les foules et les cavaliers pour les pousser à la lutte. Il est résigné. Il s'avoue impuissant et reconnaît la supériorité du colonisateur au niveau «technologique» et sa puissance de feu. Il invite les seins à cesser le combat et assumer leur nouvel destin.


Nous livrons à nos lecteurs quelques vers d'un chant des Ayt Ndir, tiré du recueil du poète Saïd ou Brahim, collectés par A. Roux et établis par M. Peyron. Le poète nous dit une fois la défaite est devenue réalité:

Ira Rbbi irumin tassaâin a g ddunit
Tdaâ ten tteyyara, idaâ asn tteng g wacal
A présent, ici bas, Dieu est en faveur des Chrétiens
Leurs sont dévoués avions dans le ciel et tanks sur terre

lla ssexdamen lejnun, adda yejra ca
Illa sselk iwjd at utn ad is ixebr lbiru
Ont asservi les djnouns, à chaque événement
par télégraphe ils informent le siège du commandement

Illa ddebiz gher arumy, illa wexrid s iguta
ur isula ntta ttalb ad arun y tebratin
Le Chrétien dispose d'un transmetteur
avec, accrochés aux poteaux, les sacs de dépêches
pour les lettres point besoin de scribe

Mqqar tâaferm a yimjuhad teqqum ddunit
lla d ikkat nnig awn lla d ikkat zeg wacal
Vous avez beau tempéter combatants,
le monde touche à sa fin, le Chrétien
vous attaque par le ciel et sur terre

Tga tteyyara ammi tjemâem a lebzuz g âari
iya imjuhad ammi thery icicawn dat as
tels des oiseaux de proie les avions planent
au dessus du mont, les combattants s'enfuient
comme des poussins

Ur da ttili s lhilat tenna c illan g yili
meqqar as iffegh ca yabrid da nn
tatter dat as
Dans le sort des armes, la tactique n'y est pour rien
c'est le destin, on a beau fuir, la mort vient nous chercher.

Ces vers constituent donc une illustration d'un retournement de situation. Un appel pour que les combats cesse.
Combat jugés inutiles et fuétils compte tenu de la supériorité inégalée et inégalable du colonisateur. Ce dernier est arrivé à ses fins. Il a quadrillé le territoire des tribus, mis en place un réseau de communication efficace et rapide qui lui permet d'anticiper les attaques et les mouvements des résistants. Ces vers offre aussi l'avantage de nous informer sur la réaction des amazighes face aux nouvelles « technologies» et leurs impacts sur le bouleversement des modes de communication et d'échange traditionnels et sur les mentalités d'une société de tradition orale amenée à négocier sa survie.

M. Moukhlis
lematin